« This is something which has to do with TEC, not with the honourable minister. » C’est en tout cas ce qu’a soutenu Navin Ramgoolam lors de la tranche des questions qui lui étaient consacrées au Parlement aujourd’hui. Il répondait à une question de Steven Obeegadoo. Le député du MMM a par ailleurs demandé au chef du gouvernement s’il envisageait, « pour le bon fonctionnement de la démocratie – et en attendant des clarifications autour de cette controverse » –, de demander au ministre de l’Éducation tertiaire de « step down » de ses fonctions. Il devait, en guise de réponse, recevoir un commentaire du Speaker Razack Peeroo, prétextant que sa question était « confuse ». Alan Ganoo, Pravind Jugnauth et Nando Bodha ont également posé des questions au Premier ministre à ce sujet.
Dans sa question, l’ancien ministre de l’Éducation et député mauve de Curepipe/Midlands avait voulu savoir du chef du gouvernement si ce dernier avait été mis au courant de quelconque conflit d’intérêt impliquant le ministre de l’Éducation tertiaire par rapport à l’institution tertiaire EIILM et s’il allait considérer de demander au Président de la République de révoquer le ministre de ses responsabilités. « I’m not aware of any conflict of interest  », a répondu Navin Ramgoolam. Il devait reprendre plus tard que la question aurait dû être posée autrement, à savoir « s’il y a un possible conflit d’intérêt ». Pour rappel, l’EIILM University de la famille Jeetah a essuyé cette année le refus de reconnaissance de l’University Grants Commission de l’Inde, à laquelle elle était censée être affiliée. Des questions ont alors été soulevées afin de savoir qui avait alors autorisé l’université à opérer et d’émettre des diplômes.
Dans une question supplémentaire, le député Obeegadoo a demandé si le PM était au courant que le ministre Jeetah a été jusqu’à récemment membre du Board of Trustees du Jeetah Trust gérant l’EEILM University et que le ministre lui-même en est un étudiant, ce qui ne serait pas conforme, selon M. Obeegadoo, à une pratique démocratique. « L’honorable membre y fait référence comme si c’était factuel. Je ne suis au courant d’aucun conflit d’intérêt. Il y a une partie de la famille qui est membre du Jeetah Trust but this is a different matter. That is not a conflict of interest », devait insister Navin Ramgoolam.
Après avoir formulé une autre question supplémentaire pour demander au PM s’il envisageait de demander au ministre Jeetah de démissionner, il devait être interrompu par le Speaker, lui montrant que sa question « is the PM aware and is the PM not aware… » prêtait à confusion.
Le Premier ministre devait soutenir que cette controverse avait affaire « à la TEC, pas avec l’honorable ministre ». Selon Navin Ramgoolam, le ministre Jeetah « is neither a member board of director not a director of the EIILM », ajoutant que, depuis 2007, le ministre n’a aucune autorité et ne peut donner aucune directive au niveau de cette institution.
Alan Ganoo s’est pour sa part demandé si, selon la TEC Act, la nomination de tout le personnel d’une telle institution dépendait de l’approbation du ministre. Il a ensuite tenu à savoir combien de décisions ont été prises pendant que le ministre était encore membre du Board of Trustees du Jeetah Trust et ministre de l’Éducation tertiaire à la fois. Le PM devait répondre que l’enregistrement a été obtenu de la MQA en 2004. « This is a long story. Not when he was a minister that all this happened. He has no power to give any instructions, the Board has to assume its responsibility. »
Et Pravind Jugnauth de demander à Navin Ramgoolam s’il est au courant qu’à la radio, Ramnath Jeetah, le père du ministre, avait confirmé qu’il y avait eu conflit d’intérêt. « Le PM s’assurera-t-il qu’il y ait une enquête à ce sujet ? ». Nando Bodha a ensuite enchaîné au sujet de ce dossier ayant défrayé la chronique en rappelant qu’à la question « ou konsede ki 3 ans de sela, ti ena konfli dintere » – question posée à la radio à Ramnath Jeetah –, ce dernier avait répondu par l’affirmative. Le député devait cependant vite être repris par le Speaker : « What is your question ? ». Et Nando Bodha de répondre que le propre père du ministre ayant répondu « oui », c’est qu’il y a bien eu conflit d’intérêt, répétant ensuite sa question au PM, en l’occurrence de savoir s’il y aurait ou non une enquête. A la suite de quoi Navin Ramgoolam a fait ressortir : « Il est important de faire la différence entre trustee et beneficiary. »
Après cette réponse, le député Obeegadoo s’apprêtait à une interpellation supplémentaire, mais le Premier ministre s’est montré plus rapide, entamant déjà la réponse de la  question suivante au sujet du Central Procurement Board. Ce qui devait susciter le mécontentement du député mauve (voir hors texte).