La tenue du prochain Sommet du Commonwealth au Sri Lanka suscite en ce moment de vives polémiques à travers le monde, en raison de la situation politique et des violations aux droits humains dans ce pays. À Maurice, des organisations tamoules ont demandé au gouvernement de ne pas y participer. À une question du député Deven Nagalingum au Parlement ce matin, le Premier ministre Navin Ramgoolam a cependant confirmé la participation mauricienne. Il a affirmé que la présence de Maurice est nécessaire car le pays accueillera le sommet de 2015.
Le député du MMM Deven Nagalingum voulait savoir si Maurice allait reconsidérer sa participation au prochain Sommet du Commonwealth qui se tiendra à Colombo du 15 au 17 novembre. Le Premier ministre Navin Ramgoolam a d’abord rappelé que la décision de tenir le prochain sommet au Sri Lanka a été prise lors de la rencontre de 2007 à Kampala, Ouganda. Depuis, a-t-il ajouté, des démarches ont été enclenchées pour rétablir le processus de démocratie dans le pays.
Le Premier ministre a expliqué que des élections ont eu lieu dans la plupart des provinces du Sri Lanka, sauf dans la province du nord. Il a ajouté que le Secrétariat du Commonwealth n’a cessé de mettre la pression sur le pays pour que les élections se tiennent avant la tenue du sommet. Concernant la participation mauricienne, Navin Ramgoolam a précisé qu’en tant que pays hôte pour le sommet de 2015, Maurice doit être présente à Colombo. Il a ajouté que la question a été soulevée avec le secrétaire général du Commonwealth lors de son récent passage à Londres.
À cela, le député Deven Nagalingum a demandé au Premier ministre s’il était au courant que la réconciliation d’après-guerre était sérieusement compromise dans le pays et que de nombreuses violations aux droits humains avaient été répertoriées. Le leader de l’opposition est intervenu à son tour pour citer des cas où le vice-Premier ministre sri-lankais en personne a fait des déclarations portant atteinte à la démocratie, à la liberté de la presse, entre autres.
Une fois de plus, le Premier ministre a répondu que le Commonwealth maintenait la pression sur le Sri Lanka pour rétablir la démocratie. Il a aussi ajouté que tout ce qui a été rapporté n’est pas vrai. Steve Obeegadoo a alors demandé au Premier ministre s’il était au courant de l’opinion grandissante à l’échelle internationale pour boycotter le sommet de Colombo. Il a cité l’exemple du Canada, ainsi que la pression exercée par l’opposition en Angleterre.
Tout en affirmant que le gouvernement fait de son mieux pour préserver l’harmonie sociale dans le pays, il a rappelé que la participation au sommet était importante. Il a aussi soutenu que la présence des chefs d’États au Sri Lanka sera également une occasion pour maintenir la pression sur le pays.