«  There should be no double standard approach, all citizens are equal to law ! ». C’est ce qu’a affirmé le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, ce matin à l’Assemblée nationale. Il répondait à une interpellation supplémentaire du député Shakeel Mohamed au sujet de l’agression sur un policier dans l’exercice de ses fonctions le 20 février dernier rue Farquhar, à Port-Louis. Le député travailliste demandait notamment au Premier ministre de s’assurer qu’il n’y ait pas « une double approche » dans les cas d’agression impliquant les policiers, qu’ils se retrouvent en situation de victimes ou d’accusés. « Quand c’est contre la police, il y a objection à la liberté sous caution des suspects, et quand il y a mort d’homme provenant d’une brutalité policière alléguée, il n’y a pas d’objection de liberté sous caution. »
La question émanait du député rouge Osman Mahomed, qui voulait savoir où en était l’enquête sur le cas d’agression sur un policier dans l’exercice de ses fonctions le 20 février dernier. Le Premier ministre a indiqué que la police a référé l’affaire au DPP pour avis et que les suspects ont été libérés sous caution. S’agissant des mesures prises pour qu’une telle situation ne se répète pas, SAJ a indiqué que le nombre de policiers a été renforcé de même que la fréquence des patrouilles. Osman Mahomed devait exprimer son sentiment de voir un policier sans défense sur la vidéo montrant l’incident et circulant sur Internet, et devait demander au PM s’il pourrait s’assurer que les policiers soient « mieux équipés ». Et Shakeel Mohamed de faire remarquer « la double approche » dans le cas de l’agression de ce policier et dans celui de la mort d’Iqbal Toofany, où il y aurait eu, allègue-t-on, brutalité policière. SAJ a soutenu avoir déjà mis l’affaire au clair avec le commissaire de police pour que « there should be no double standard approach ».
Autre question liée à la police portée devant le Premier ministre par le député Adil Meea : la Police Complaints Division. Selon SAJ, ce département opère sous la National Human Rights Commission (NHRC) depuis sa mise sur pied en juillet 2013 et a pour mission d’enquêter sur les cas de plaintes contre la police. Quant au Complaints Investigation Bureau, ses fonctions ont pris fin en octobre 2013 lorsque tous les cas le concernant ont, depuis, été référés à la NHRC. Par ailleurs, depuis le début de ses fonctions, la Police Complaints Division a reçu quelque 1 509 plaintes, dont 893 étaient des cas transférés du Complaints Investigation Bureau. Au 28 février 2015, 930 cas ont été traités par la Commission. La Police Complaints Division est dirigée par la Chairperson de la NHRC.
Adil Meea a par ailleurs voulu savoir combien, parmi ces plaintes, concernaient la brutalité policière, ce à quoi le PM n’a pu répondre car n’ayant pas les informations sous ses yeux. Le même député devait demander si, au vu du nombre conséquent des cas portés devant la Police Complaints Division, le personnel était suffisant. Le PM a dit devoir s’en enquérir.
Le député du MMM Veda Baloomoody a pour sa part souligné que nombre de personnes portant plainte « n’entendent plus rien » une fois leur plainte déposée. Reza Uteem a pour sa part anticipé l’hypothèse selon laquelle très peu de cas liés à la brutalité policière engendrent la condamnation de policiers. Il a ainsi demandé au Premier ministre s’il comptait initier des mesures urgentes pour accélérer les enquêtes. Ce à quoi SAJ a répondu : « I’m not happy at all with the situation. We must have some other institution independent to enquire. » Auparavant, le leader de l’opposition, Paul Bérenger, avait fait voir que, dans son programme, le nouveau gouvernement avait annoncé une commission indépendante.
Une autre question sur l’accès aux facilités VIP au State Lounge à l’aéroport SSR, accordé à la discrétion du Bureau du Premier ministre, a été posée par le Chief Whip Mahen Jhugroo. Il voulait avoir la liste de personnes ayant bénéficié de ces facilités suite à une requête directe du Private Office du PMO depuis juillet 2005 à ce jour. SAJ a indiqué que des requêtes directes ont été faites par le Private Office du PMO seulement de juin 2008 au 11 septembre 2013, et ce uniquement en lien avec le Terrasse Lounge et aucune pour la State Lounge.
S’agissant de l’utilisation des drones, SAJ a indiqué que l’utilisation des Remotely Piloted Aircraft (RPA)  sont plus « cost effective » pour opérer des activités commerciales et scientifiques de même que des opérations liées à la sécurité, dont les exercices de reconnaissance. Il reconnaît que leur utilisation représente aussi de nouveaux défis dans des lieux notamment privés, de sécurité et la sécurité liée à l’aviation. Ainsi, des règlements doivent exister. Les « draft regulations have already been prepared by the Department of Civil Aviation and will be finalised after consultation with concerned authorities. Due attention will be given to aligning the regulations with best practices in the European Union and other jurisdictions. » Alan Ganoo a voulu savoir si les réglementations prendraient la forme d’un “regulation” ou d’un bill. Et SAJ de répondre que « s’il le faut, il y aura un bill ». Il a assuré les parlementaires qu’avant la finalisation, « everybody will have a say in the matter ».