La Commission anti-corruption pourra rouvrir l’enquête sur le trafic d’armes allégué si Kathi Lynn Austin a en sa possession de nouvelles preuves qui justifieraient une enquête. C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, à l’Assemblée nationale. Il répondait à une question supplémentaire du Whip de la majorité, qui souhaitait savoir si la nouvelle équipe de l’ICAC procéderait à la réouverture de l’enquête.
L’affaire de trafic d’armes allégué a fait l’objet d’une question parlementaire adressée au Premier ministre, le député de la majorité Bobby Hureeram interrogeant sir Anerood Jugnauth sur l’intention du Commissaire de police de faire appel à Kathi Lynn Austin en vue de fournir des « further statements » concernant les allégations de trafic d’armes international. Formulant une question supplémentaire au Premier ministre, le député Hureeram a demandé si des provisions ont été faites pour permettre à Kathi Lynn Austin, qui a dénoncé les dessous d’Island Air System Ltd dans le trafic illégal d’armes, de se déplacer à Maurice pour les besoins de l’enquête au sujet des allégations de trafic d’armes. Selon SAJ, cette dernière est libre de venir si elle détient des informations qui pourront être utiles à l’enquête sur ces allégations.
Par la suite, Mahen Jhugroo a tenu à savoir si le DPP avait l’intention de poursuivre l’enquête. SAJ a alors révélé que c’est le 12 décembre dernier, soit au lendemain de la proclamation des résultats des dernières élections générales que le DPP a informé de sa décision qu’il n’y aurait « no further investigations ». Cette information fournie par le Premier ministre a provoqué l’étonnement dans l’hémicycle. Selon SAJ, Kathi Lynn Austin avait envoyé une correspondance au Commissaire de Police en vue de fournir des informations sur ce cas allégué de trafic d’armes impliquant des hommes d’affaires russes. L’affaire a ensuite été référée au DPP et la dénonciatrice entendue par l’ICAC. Toutefois, aucune déposition formelle n’a été effectuée par cette dernière, a précisé SAJ dans sa réponse. Le Premier ministre a également indiqué qu’à ce jour, aucun cas de trafic d’armes impliquant des ressortissants étrangers n’a été rapporté.
Autre interpellation du député Sudhir Sesungkur concernant la composition de la Commission pour la démocratisation de l’économie et les honoraires perçus par ses membres. Entre 2009 et 2014, Cader Sayed Hossen et Nita Deerpalsing ont perçu pratiquement Rs 3 M. Cader Sayed Hossen a touché une somme de Rs 1,1 M entre janvier 2009 et août 2011 et bénéficié d’une “drivers’s allowance” remontant à une somme d’environ Rs 232 000. Il avait également droit à une voiture de fonction. Nita Deerpalsing a par la suite été nommée à la présidence de cette commission suite à la nomination de Cader Sayed Hossen comme ministre dans le précédent gouvernement. Cette dernière a perçu un salaire d’environ Rs 1,7 M entre août 2011 et décembre 2014. Sa “drivers’s allowance” était d’environ Rs 320 000 et des appels téléphoniques jusqu’à un plafond de Rs 2 000.  SAJ a expliqué, s’appuyant sur une réponse parlementaire fournie par l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam le 18 décembre 2012, que la rédaction du rapport ne figure pas parmi les attributions de cette commission. Ainsi, depuis sa mise sur pieds en 2009, la Commission pour la démocratisation de l’économie n’a fourni aucun rapport, a précisé SAJ. Le Premier ministre en a profité pour souligner « la culture de générosité » de l’ancien gouvernement « without any well defined deliverables and timeframes ».
Autre réponse fournie par le Premier ministre lors de cette tranche : le redéploiement prochain des officiers de police affectés dans l’ancien bâtiment à Coignet, Rose-Hill, au poste de police de Rose-Hill, le temps que prendra l’étude technique sur l’état du bâtiment. Ce bâtiment à Coignet est utilisé depuis 2014 par les effectifs de la Western Division Support Unit pour une partie de leurs opérateurs. Ce bâtiment fera l’objet d’une étude pour déterminer le coût que nécessiteront les lieux pour la rénovation, l’entretien et la maintenance. S’il s’avère que les coûts sont plus élevés, le gouvernement se penchera alors sur l’option de démolir la structure en vue de reconstruire un nouveau bâtiment. SAJ répondait à une question du député Ravi Rutnah concernant les conditions dans lesquelles travaillent les officiers de police. SAJ a expliqué que le Commissaire de Police a effectué une visite des lieux. Le Whip de l’opposition, Rajesh Bhagwan, a, lui, plaidé pour que la cour du bâtiment soit nettoyée régulièrement, en insistant sur le fait qu’elle est « source de nuisance » pour les habitants alentours. SAJ a affirmé que le Commissaire de Police se penchera sur la question. Le premier ministre a d’autre part affirmé qu’une évaluation des postes de police sera faite en vue de déterminer leur état.
Le poste de police de Trou-Fanfaron constitue également une source de préoccupation pour le député mauve Adil Ameer Meea, qui s’est questionné sur l’état du bâtiment et des conditions d’hygiène, et si des mesures promptes seront prises par les autorités pour remédier à la situation. SAJ a expliqué qu’un nouveau bâtiment sera construit dans le parking à côté du bâtiment actuel. Ce nouveau bâtiment sera doté de nouvelles facilités. En attendant, le poste sera relocalisé dans un bâtiment que le gouvernement louera. Le député Ameer Meea a souhaité obtenir des précisions concernant la location exacte de ce parking, étant donné qu’une aire de stationnement située près du poste devait être utilisée pour relocaliser les marchands ambulants. SAJ n’a pu répondre à cette question en répétant qu’il se trouvait « adjacent to the building ».
SAJ a confirmé que deux personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’incident de Nouvelle-France, où un projectile – du gaz lacrymogène en cartouche – avait été lancé d’une voiture au moment où se tenait une réunion nocturne de l’Alliance Lepep. Cela avait créé un mouvement de panique parmi les sympathisants de l’Alliance Lepep dans la circonscription de Rose-Belle/Vieux-Grand-Port. Trois personnes avaient dû recevoir des soins à l’hôpital. Neuf personnes au total ont été interrogées dans cette affaire, selon le Premier ministre. SAJ a également confirmé que le projectile appartenait à la police. L’examen du Forensic Science Laboratory (FSL) a conclu que ce projectile contenait des substances chimiques nocives. Selon le Premier ministre, la police poursuit actuellement son enquête.
Mahen Jhugroo est revenu à la charge pour s’enquérir du statut de l’ancien officier de police responsable au départ de l’enquête. SAJ a répondu que ce dernier avait été transféré et qu’il demandera au Commissaire de Police si celui-ci pourrait regagner son poste et poursuivre l’enquête.