« Une vraie pagaille et beaucoup d’incertitudes dans le secteur de l’éducation ». C’est le constat d’Aurore Perraud, ancienne ministre des Droits de la Femme et actuelle députée. Elle animait la conférence de presse du PMSD hier au Bureau du parti à Port-Louis.
« L’exigence de 5 credits au SC est une barrière à la mobilité sociale et est au détriment de ceux qui sont au bas de l’échelle. Encore une fois, ce sont les faibles et les pauvres qui seront pénalisés », soutient Aurore Perraud. S’agissant de l’acquittement des frais du SC et du HSC, elle fait ressortir qu’« à aucun moment, lors de la campagne électorale, n’a-t-on parlé de conditions qui y sont rattachées ». La députée bleue s’est d’autre part exprimée sur les « zones d’ombre entourant Agalega ». « Nous mettons en garde le GM pour qu’il ne brade pas l’archipel. Nous suivons la situation de près », prévient-elle.
« Le PMSD partage l’inquiétude et le désarroi des étudiants, des parents et des principaux acteurs concernés dans le secteur éducatif. Le PMSD est contre l’exigence de 5 credits au SC pour accéder au HSC », devait dire la porte-parole du parti. « Nous sommes plus pour un système éducatif inclusif, qui démocratise l’accès à l’éducation, qui met l’enfant au centre, avec ses limites et ses besoins. Non pas un système qui est au détriment de l’enfant ». Pour Aurore Perraud, le système éducatif à Maurice demeure « archaïque ». Elle devait ainsi interroger : « Est-ce qu’on tient compte des late developers et de ceux qui ont des intelligences multiples ? » Pour Aurore Perraud, le système éducatif actuel est un système qui favorise davantage un groupe d’élites. « L’exigence de 5 credits en SC constitue une barrière à la mobilité sociale et va à l’encontre de ceux qui se trouvent au bas de l’échelle. Elle ferme l’accès à l’éducation pour la masse. Encore une fois, ce sont les faibles et les pauvres qui seront pénalisés ». Pour la députée enseignante, « cette décision aura de graves conséquences sur la société ». Au contraire, « on devrait former nos enfants à la créativité et au problem solving ». Elle devait prendre l’exemple du système français où « on valide l’expérience acquise. Il y a des late developers qui n’ont pas eu 5 credits en SC mais qui font très bien à l’université et au travail ». De plus, fait-elle voir, seul 10 % des travailleurs sont recrutés dans le secteur public. « Dans le privé, il n’y a pas lieu d’avoir ces 5 credits. L’université demande seulement deux A Level. Allons-nous donc bloquer l’accès de ces jeunes à l’université juste à cause du SC ? Le PMSD est contre un système qui bloque et limite les enfants ».
Aurore Perraud déplore de plus le manque de cohérence de la ministre de l’Éducation dans son approche. « Par exemple, les critères de la PSC pour travailler dans le gouvernement devraient aussi être revus pour s’aligner aux exigences du SC ». Elle regrette le manque de « planifications et de consultations » avant les prises de décision dans le secteur de l’éducation. « Des syndicats sont montés au créneau pour dénoncer les prises de décision de la ministre sans qu’il n’y ait de dialogue ».
S’agissant de l’acquittement des frais d’examens du SC et du HSC, la députée du No 4 fait ressortir qu’« à aucun moment, durant la campagne électorale n’y a-t-il eu de conditions rattachées à cette proposition. Aujourd’hui, ils viennent changer les règles ».
La porte-parole du PMSD a également abordé la question d’Agaléga, « un sujet très inquiétant entouré de beaucoup de zones d’ombre », dit-elle. Le PMSD, poursuit-elle, se sent concerné par le sort des quelque 300 Mauriciens qui y vivent paisiblement. Elle met en garde le gouvernement contre toute tentative de « brader Agaléga à qui que ce soit. Nous savons qu’il y a des puissances militaires qui convoitent Agaléga. Le PMSD suit la situation de près ».
S’exprimant sur le prochain Budget, Aurore Perraud a soutenu que « la population a perdu tout intérêt dans cet exercice qui est devenu futile, un eye wash. C’est une liste de mesures qui n’a souvent pas été réalisée ». Pour exemple, elle a cité la page 8 du dernier Budget, tout en montrant que c’est toute la page qui a été « out ». À savoir, « l’annonce d’une raffinerie pétrolière ; Business Law ; production de motos et de bicyclettes ; village pharmaceutique à Rose-Belle et printer 3D ». Le PMSD, dit-elle, « demande qu’au prochain Budget, ce soit un exercice de vérité sur la performance et l’état de l’économie et non pas l’annonce de mille et une mesures sur des projets qui ne vont pas aboutir ».
Concernant les bandes sonores sur les décisions prises au sujet de la BAI à sa chute, Aurore Perraud a soutenu que celles-ci « sont venues confirmer les dires de Xavier-Luc Duval. Nous pouvons entendre que Vishnu Lutchmeenaraidoo a décidé sans écouter personne. Nous pouvons aussi comprendre que l’affaire BAI était une affaire de la cuisine et pas du conseil des ministres ».
L’ancienne ministre a aussi commenté la nomination d’une nouvelle ambassadrice mauricienne en Australie. « Quel exemple de moralité. Le MSM a dit : “la moralité pa ranpli vant”. Me la, nou trouve dimoun pe dormi vant ranpli alor ki dot pe dormi vant vid. Pour nous, c’est l’exemple de la décadence du gouvernement MSM/ML. C’est l’exemple même de l’absence d’éthique et la situation va de mal en pis ».