« C’est un constat assez triste mais l’accession de Pravind Jugnauth au poste de Premier ministre était effectivement prématurée. » C’est ce qu’a déclaré le leader du PMSD, Xavier-Luc Duval, hier lors de sa conférence de presse hebdomadaire, à Port-Louis. Il commentait le jugement dans l’affaire MedPoint permettant au DPP de faire appel au Privy Council pour contester l’acquittement de Pravind Jugnauth. Il a tenu à « féliciter le judiciaire pour son impartialité ». L’ancien Premier ministre adjoint s’est dans ce contexte réjoui que le PMSD ait démissionné du gouvernement pour s’opposer à la « mainmise sur les prérogatives du DPP ». Le leader de l’opposition est aussi revenu sur les PNQ dans le cadre des débats budgétaires, estimant qu’elles « ont apporté leurs lots d’informations et de mensonges ».  
Commentant le jugement de la Cour suprême permettant au DPP de faire appel dans l’affaire MedPoint, Xavier-Luc Duval a estimé que « cela nous donne entièrement raison de nous être opposés à la mainmise sur les prérogatives » du DPP. Il poursuit : « Le PMSD avait quitté le gouvernement pour plusieurs raisons, mais principalement parce qu’il y avait un projet de loi qui nécessitait 3/4 des votes à l’Assemblée nationale. La Persecution Commission aurait donné des ordres au DPP. Et aujourd’hui, la Cour suprême a donné raison au DPP. Je félicite le judiciaire pour son impartialité. » Xavier-Luc Duval poursuit : « Nous avons aujourd’hui un ministre d’intérieur, des Finances et de la NDU, qui doit faire face à un procès au Conseil privé. Soit il en sort coupable, soit il est innocent. Dans le premier cas, il ira en prison. Il est triste de constater que le pays a un Premier ministre et ministre des Finances avec ces responsabilités. Il aura à défendre sa liberté car il doit se confronter à une possible condamnation. ». Pour le leader de l’opposition, « cela n’est pas sans entacher la réputation » du pays, ajoutant ne pas douter qu’un « tel événement aura un impact sur les investissements de l’étranger ».
Auparavant, il devait féliciter toute l’équipe mauricienne ayant « mené à bien leur mission » dans le cadre de la résolution sur les Chagos déposées aux Nations Unies. Il s’est réjoui qu’une majorité de pays aient voté en faveur de Maurice et qu’il y a eu un soutien unanime de l’opposition. « Je remercie tous les pays ayant voté en notre faveur, notamment les pays d’Afrique, mais aussi l’Inde et le Pakistan. Nous avons un petit regret de ne pas avoir obtenu les deux tiers de soutien. Néanmoins, c’est une jolie victoire. » Dans ce contexte, il a lancé un appel à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis pour qu’il n’y ait pas de représailles contre « un petit pays comme Maurice, qui ne fait que réclamer son droit ».
Xavier-Luc Duval s’est d’autre part demandé pourquoi, sur la résolution de Maurice, il est à chaque fois écrit « The Chagos Archipelago » et non pas, comme tel a toujours été le cas, selon lui, incluant Diego Garcia. « Est-ce une erreur ? Est-ce pour une raison quelconque ? Le gouvernement doit s’expliquer. Est-ce que cela cache un quelconque accord avec les Etats-Unis ? ».
Commentant les cinq PNQ dans le cadre des débats budgétaires, le leader de l’opposition estime qu’il y a eu « des informations et des mensonges », avant de préciser qu’il tiendra une conférence de presse la semaine prochaine pour revenir plus en détail sur l’affaire Betamax. Xavier-Luc Duval dit maintenir que « Maurice serait sortie gagnante et aurait payé moins cher » avec le bateau Red Eagle. Il devait reprocher au ministre Ashit Gungah de ne pas avoir expliqué comment il est parvenu aux chiffres qu’il a mentionnés dans sa conférence de presse. « Au Parlement, l’Attorney General a indiqué des chiffres donnés par la STC, soit USD 24,85 par tonne métrique, pour transporter notre pétrole de Mangalore jusqu’à Maurice. Ashit Gungah, lui, parle de USD 22,6. Selon mes informations, la STC paie USD 24,85 en juin. Gungah aurait dû produire une facture. On aurait su qui a tort et qui a raison. Je le défie de publier ses calculs. J’ai bien peur qu’il mène la population en bateau. »
Le leader du PMSD se demande aussi pourquoi Ravi Yerrigadoo l’a « menacé au Parlement, sous l’Official Secrets Act, si ce n’est pour confirmer que le Solicitor General avait donné un avis contraire au gouvernement pour dire que le contrat de Betamax était en toute légalité et qu’on ne pouvait mettre fin à ce contrat ». Il reprend : « Dans sa réponse, l’Attorney General a confirmé que le gouvernement est allé chercher l’avis d’avocats à l’étranger car le Solicitor General n’était pas d’accord. C’est donc contre l’avis du Solicitor General qu’on a décidé de mettre un terme au contrat Betamax. » Et Xavier-Luc Duval de poursuivre que, selon la réponse de Ravi Yerrigadoo, « ce n’est pas Betamax qui a rompu la négociation, mais les ministres qui étaient sur le comité » ministériel. « Ils ont rapporté que Betamax a mis fin à la négociation. Quand on a négocié, on a négocié à la Dufry. Il n’y a pas eu de lettre, pas de mise en demeure par écrit… »
Au regard de la ligne de crédit de USD 500 M de l’Inde, Xavier-Luc Duval explique : « Pravind Jugnauth a confirmé que le gouvernement garantit les 26 tranches de repaiement. Pour moi, s’il y a garantie, il n’y a pas moyen que cela ne paraisse pas dans la dette publique. » Quant à la PNQ sur les squatters, « cela a fait ressortir le mauvais traitement » dont ces derniers font l’objet. « À Pointe-aux-Sables, ce sont des terrains vagues, sans infrastructures routières ni électriques ni d’eau. Les squatters sont en train de prendre des tôles de leurs anciennes maisons pour venir y construire. Ce sont 192 lots pour les ex-squatters et c’est un ghetto qu’on construit. Le ministre Soodhun avait promis qu’il irait les visiter le lendemain mais il a menti une fois de plus. Il a dit que les travaux se terminent en juin alors qu’on n’a même pas commencé. Et on est en juin ! ». Pour Xavier-Luc Duval, « il y a un règlement sacré au Parlement : il ne faut jamais mentir ! ».
Au sujet de la PNQ sur Alvaro Sobrinho, « il est clair qu’il y a eu interférence ministérielle car il y a eu un courriel d’un officier de la FSC envoyé au ministre Sesungkur pour lui demander son avis sur la remise en route des permis demandés par l’homme d’affaires angolais ». De plus, « il y a eu utilisation subjective du rapport Kroll à l’Assemblée nationale ».
Concernant la PNQ sur les courses hippiques, le leader du PMSD estime qu’il y a eu confirmation que le rapport a été déposé en deux occasions, une première fois au président de la République d’alors en 2014 et une deuxième fois à sir Anerood Jugnauth. « Une infime partie des recommandations du rapport a été mise en pratique. »