Le leader du PMSD, Xavier-Luc Duval a souhaité ce matin que le gouvernement présente un mini-budget en attendant les élections générales « qui sont derrière la porte ». « Il faut respecter la population et ne pas présenter un budget vide à la veille des élections », a déclaré le leader de bleus lors d’une conférence de presse largement consacré à répondre aux critiques adressées par le leader de l’opposition, Paul Bérenger, à son encontre.
M. Duval a affirmé qu’il est en faveur de l’organisation des élections générales le plus vite possible. Toutefois afin de permettre le fonctionnement des services publics, il a souhaité la présentation d’un mini-budget. Cela a été le cas en Inde où l’ancien ministre des Finances Chidambaram avait présenté un mini-budget avant les élections générales. De toutes les façons, a-t-il observé, le pays est appelé à avoir un nouveau Premier ministre et un nouveau ministre des Finances. Dans l’éventualité où une alliance Ptr-MMM reporte les élections, Navin Ramgoolam devrait passer très vite de l’hôtel du gouvernement à la State House au Réduit. De plus un autre ministre des Finances sera nommé. Dans l’éventualité où les partis de l’opposition sont élus, il y aura un autre Premier ministre et un autre ministre des Finances.
Au chapitre politique en général, Xavier Duval a estimé qu’une alliance Bleu-blanc-rouge n’est pas à l’ordre du jour. Il a toutefois fait part de son appréhension au sujet d’un éventuel gouvernement MMM-Ptr. « Si nous marions le MMM de Paul Bérenger avec ses agressions verbales avec le Ptr de Navin Ramgoolam avec ses tentations totalitaires, la situation sera dangereuse et le gouvernement sera plus autoritaire », dit-il.
Répondant à Paul Bérenger qui l’avait accusé d’avoir été responsable du déficit budgétaire qui a fragilisé le pays, Xavier Duval a accusé le leader du MMM d’avoir été le pire ministre des Finances que le pays ait connu. Pour lui, Paul Bérenger a été « un ministre des Finances fiasco qui n’a rien accompli de concret au gouvernement ». Citant des statistiques, il a souligné que le taux de déficit budgétaire a été de 6 % en 2001, de 6 % en 2002 et de 5,1 % en 2003 alors que M. Bérenger était aux Finances. Le taux de la dette publique est passé de 63,6 % en 2003 pour tomber à 52 % en 2013. Les investissements directs étrangers qui étaient de 3,9 % en 2001, 2002 et 2003 sont passés à Rs 10 milliards en 2013. L’inflation est passée de 5,3 % en 2003 à 3 % en 2014. Le chômage qui était de 9,6 % en 2003 est passé à 8 % en 2014 malgré la situation difficile sur le marché international. Xavier Duval a aussi soutenu que c’est le PMXD et le Ptr qui ont introduit le concept de IRS et de RES à Maurice. Les gouvernements successifs l’ont peaufiné par la suite.
Xavier Duval a fait mention des nuages qui se présentent à l’horizon avec à Maurice un gouvernement « go slow », un conseil des ministres qui ne se réunit pas parfois et les travaux parlementaires en sommeil avec la complicité du leader de l’opposition.
Sur le plan international, Xavier Duval a observé que la situation dans la zone euro est critique. La reprise est menacée par une situation déflationniste qui affecte les recettes de l’État et force la croissance à la baisse. La situation est également difficile en Afrique du Sud qui, à un certain moment, était devenu un gros importateur des produits textiles mauriciens. Le seul signe positif est l’Inde où la santé économique s’améliore depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement. Il a aussi accueilli favorablement la composition du nouveau gouvernement français à tendance social démocrate et qui comprend plusieurs amis de Maurice. À Maurice il note également une reprise au niveau des PME qui ont connu une croissance de 36 %. Il a d’autre part critiqué Paul Bérenger qui a tendance, soutient-il, à faire un amalgame avec les transferts des finances publiques au Consolidated Fund et ceux transférés par la suite dans les fonds spéciaux. Pour lui, on ne peut calculer le déficit budgétaire qu’en prenant en compte les fonds transférés dans le Consolidated Fund. Il estime que le déficit en 2013 est passé de 3,5 % à 4 %, loin du taux de 6 % enregistré à l’époque de Bérenger. Il a rappelé qu’en 2013 le gouvernement a dépensé Rs 6 milliards avec le paiement des recommandations du PRB et du Errors and Omissions report.
Concernant les produits pétroliers, Xavier-Luc Duval estime le prix de l’essence aurait dû enregistrer une baisse de l’ordre de Re 1.50 car le prix du pétrole à l’international a connu une baisse de 7 %.
Le leader du PMSD a finalement présenté sa sympathie à la famille Chellen. Il a estimé qu’il y a des zones d’ombre au sujet de la mort de Harmon Chellen aux Seychelles. Il s’est prononcé en faveur de la constitution d’une commission rogatoire internationale afin de permettre à l’Attorney General mauricien de participer à l’enquête policière aux Seychelles.