Aurore Perraud, du PMSD, ne souhaite ménager personne. Et avant de prendre la parole, elle prévient : « Je ne compte pas faire dans la dentelle. Je vais décrire la situation telle qu’elle est », a d’emblée déclaré la plus jeune députée du Parlement. Adoptant un ton franc et direct, qui ira jusqu’à la faire rappeler à l’ordre par le Speaker Razack Peeroo, qui lui a demandé de recentrer son discours, Aurore Perraud aura certainement surpris plus d’un avec son franc-parler et sa détermination à aller jusqu’au bout de sa phrase, jusqu’à même provoquer l’irritation des mauves.
« Oui, l’amendement constitutionnel est un pas, mais il nous reste encore beaucoup de chemin à accomplir avant que le communalisme cède la place au vrai mauricianisme et que l’égalité des chances ne soit pas uniquement un concept », a déclaré la députée. Il y a, selon elle, beaucoup de questions qui demeurent en suspens. « Irons-nous réellement vers l’élimination du communalisme ? Verra-t-on un plus grand sentiment de mauricianisme et de patriotisme ? Ce projet de loi va-t-il changer la mentalité des Mauriciens ? Va-t-on réellement vers la construction d’une nation mauricienne ? » s’interroge cette dernière.
La députée, qui se dit d’accord sur le principe du projet de loi – qui constitue « un pas dans la bonne direction » –, réclame toutefois des « preuves ». Et de faire remarquer : « Je m’attendais, à travers les discours, qu’ils (Ndlr : les parlementaires) démontrent leur volonté pour l’élimination du communalisme. Je n’ai rien entendu. Aucun signe qui pourrait traduire les belles paroles en réalité », a fait remarquer Aurore Perraud. Et d’ajouter : « Quel politicien aura l’audace et la fibre patriotique de ne pas prendre en considération les lobbies communaux et sectaires ? »
Le véritable test sera donc les prochaines élections, selon Aurore Perraud. « Nous le saurons assez vite car les élections sont derrière la porte. On entrera dans l’histoire quand on éliminera les idées communales », a-t-elle lancé fermement. La députée a également souligné que le mérite revient à Rezistans ek Alternativ qui, ajoute-t-elle, « a eu le courage de mener une lutte juridique ». Pour elle, il s’agit d’une « leçon donnée par un petit parti à un grand parti ».