Le PMSD ne fait plus partie du gouvernement depuis vendredi dernier. Les bleus ont pris la porte de sortie, « sans amertume », a précisé leur leader, Xavier-Luc Duval (XLD). Après avoir soumis leur démission, remballé leurs effets et fermé la porte de leur bureau respectif, l’ancien ministre des Finances et Vice Premier ministre Xavier-Luc Duval, et les PPS Aurore Perraud et Thierry Henri ont rejoint d’autres membres du parti (ayant également démissionné de leurs fonctions dans le paraétatique) au siège du PMSD à Astor Court pour expliquer leur décision à la presse. La présence voire le retour de Jacques Panglose au sein du parti à l’heure de la conférence de presse était visiblement symbolique pour le PMSD. Ce retour, chaudement applaudi, renforçait davantage la famille des bleus dans un contexte où le PMSD a été souvent la cible de piques visant à le diminuer. Et même si au moment des questions XLD ne s’est pas attardé sur le come-back de Jacques Panglose, tout en disant que ce dernier « fait partie de la famille », le leader du PMSD a en revanche laissé entendre qu’il comptait sur lui pour défendre légalement le point de vue du parti sur la réforme électorale. Précisément le seuil de 10% à la proportionnelle.
La réforme électorale est justement le sujet de désaccord entre le PMSD et son ex-partenaire, le PTr. Mais le froid entre les deux partis s’était installé depuis longtemps. Entre-temps la chaleur s’était jusque-là invitée dans les relations entre le PTr et le MMM. Mais vendredi dernier, XLD n’est pas revenu sur les profonds malaises qui éloignait le PMSD du PTr depuis longtemps. L’ancien ministre des Finances a axé son intervention principalement autour de la réforme, sans pour autant esquiver la nouvelle alliance mauve-rouge qui attend le bon timing pour être officialisée…
C’est d’entrée de jeu que XLD a rappelé qu’en mai dernier, lors du congrès du PMSD, il avait dit « que nous ne resterons pas silencieux face au danger que représentent les changements dans la Constitution. » Il est capable, a-t-il dit, de démontrer que « la tentative de réforme bancale représente un pas en arrière pour la démocratie. » Le seuil de 5% réclamé par le PMSD ne représente, selon lui, qu’un député sur 20. « Ce n’est pas un député qui fera trembler la démocratie ! » Par contre, avec « la réforme bancale » qui s’annonce, « le risque auquel est confronté Maurice est celui de la pensée unique. » Le PMSD n’adhère pas à l’idée de remplacer le Best Loser System (BLS) par la possibilité d’une liste bloquée que chaque parti aura à soumettre à la Commission électorale. Cette liste serait, aux dires de XLD, otage de groupes de pression et autres lobbies.
En revanche, le PMSD propose l’introduction d’un second vote pour le parti. Le PMSD, a réitéré son leader, dit oui à l’abolition du BLS à la condition d’un alternatif pour « protéger notre diversité culturelle et la démocratie ! » Le BLS, a fait remarquer XLD, « est une question de religion et non de communauté (…) Hormis la communauté chinoise, le BLS est une question de religions ! » Le BLS, a-t-il défendu, est une protection contre le communalisme.
Le PMSD a annoncé que « plusieurs légistes ont rejoint Jacques Panglose » pour étudier la légalité des procédures en marge de la réforme. À ce sujet, XLD a sorti le programme 2012-15 et cité différents paragraphes sur la réforme de la Constitution. Se basant sur la lecture du programme, XLD est d’avis « qu’ils sont en train de faire le contraire de ce qui y est dit ! » car il est stipulé que la population doit être consultée « by way of referendum.  » « Le referendum, a souligné le leader du PMSD, est le contrat qui lie le parti avec la population. » Pour XLD, il est clair que le PTr a rangé la page 31 du programme électoral sur la Constitution aux oubliettes. « Une élection n’est pas un référendum ! » a lancé ce dernier en « exigeant » un référendum.
À vendredi dernier, le PMSD disait encore qu’il « n’est pas, dans le concret, contre le renouvellement de l’alliance PTr-PMSD, mais à la condition que celle-ci soit basée sur plusieurs critères, dont le programme commun, sur lequel il y a divergences. » Le PMSD n’ayant pas aplani les différends entre son ancien partenaire sur le programme, il n’y a pas eu de négociation de tickets, contrairement à ce qui est rapporté à ce sujet. « Par ailleurs, nous ne voulons pas mélanger réforme constitutionnelle et tickets, comme le font actuellement le MMM et le PTr. » Une alliance, a-t-il déclaré, doit se faire dans le respect mutuel. Et de poursuivre : « Se ki deranz nou dan seki pe arive la, se deriv o nivo parti travayis ek so nouvo alie MMM. « 
XLD a critiqué « le manque de respect à l’égard des activistes du PMSD, restés aux côtés du PTr pendant 15 ans, contre vents et marrées. » Le PMSD, a relevé son leader, « n’a pas apprécié le ton moqueur de Navin Ramgoolam. » Et d’ajouter que le PMSD, dans les moments difficiles, particulièrement en 2011 après la démission du MSM, a choisi de soutenir le PTr. « Cela aurait été facile de faire du marchandage, mais nous ne l’avons pas fait ! Aujourd’hui, après 15 ans, c’est sans aucune amertume et état d’âme que nous quittons le gouvernement. »
XLD a lancé un appel au MMM et au PTr « à faire preuve de moins d’arrogance. » Et gare au prix à payer ! L’Inde, la France, le Pakistan et la Grande-Bretagne en sont la preuve. « Pena okenn depo fiks dan okenn pei. Dimoun la ase entelizan pou li kone ki li kapav swazir. Dan sa bann pei-la, bann pli gran demokrasi, dimoun finn swazir e bann rezilta etonan. Se ki kapav dir ki pli gran parti ki ena dan Moris se parti bann indesi, samem pli gran parti. C’est une leçon que doivent retenir le MMM et le PTr. Il ne faut pas prendre les Mauriciens pour des ignorants incapables de comprendre que des négociations ont été faites par deux personnes dans leurs intérêts ! »
Auparavant, XLD en a profité pour exprimer le souhait de son parti pour le renforcement du pouvoir de l’Equal Opportunities Commission. Il a jugé nécessaire qu’il y ait un contrôle sur les nominations politiques dans les institutions paraétatiques. S’il a estimé que le ministère des Finances a contribué dans la baisse du chômage et que son passage à l’Intégration sociale a relancé la politique du combat contre la pauvreté, il a cependant regretté de n’avoir pas eu le temps de placer Maurice en tête de peloton sur le marché touristique dans l’océan Indien.
Par ailleurs, à l’heure des questions, XLD n’a pas caché sa déception sur la performance de l’actuel ministre du Tourisme, Michael Sik Yuen. « Il est un piètre ministre. Il est grandement responsable de la faillite du tourisme à Maurice. Si nous continuons ainsi, dans cinq ans, il faudra oublier l’industrie du tourisme à Maurice », a-t-il déclaré.