Le leader du PMSD, Xavier Luc Duval, a commenté aujourd’hui l’accord électoral entre le Ptr et le MMM. Il dit noter plusieurs positions divergentes adoptées par Paul Bérenger et Navin Ramgoolam lors de leur conférence de presse conjointe samedi dernier. Ce qui laisse présager, selon lui, « des années d’instabilité dans le pays si le peuple fait confiance » à cette alliance. Il a également réclamé la publication de la version finale du bill concernant les amendements en vue de la IIe république avant le Nomination Day. Et de regretter aussi les « attaques et le mépris » de Paul Bérenger et de Navin Ramgoolam envers l’opposition et la presse. « Voilà à quoi s’attendre s’ils se retrouvent ensemble au pouvoir », a-t-il ajouté.
« Le bill final sur la IIe République doit être présenté avant le Nomination Day. Il n’est pas question d’attendre le rapport des experts après les élections », martèle le leader du PMSD, qui est d’avis que la population doit être au courant des changements à venir. Pour Xavier-Luc Duval, certains points restent encore à éclaircir. Il cite l’exemple du pouvoir du Président à nommer le Premier ministre. « Mais on ne sait pas comment il va le révoquer. » Il a ajouté, selon sa lecture de l’accord électoral entre le Ptr et le MMM, que c’est le Président qui détiendra le pouvoir de nommer les ministres. « Le terme “après consultation avec le Premier ministre” ne veut rien dire. Cela peut être un simple appel téléphonique ou une lettre pour le mettre au courant des nominations. Il n’est pas obligé d’obtenir l’avis du Premier ministre. En d’autres mots, Paul Bérenger sera une marionnette entre les mains du Réduit. Il ne sera même pas habilité à nommer un commissaire de police. Sans compter que tous les grands ministères vont au Ptr. »
Les « divergences profondes » entre Paul Bérenger et Navin Ramgoolam ont aussi retenu l’attention du leader des Bleus. « Il est choquant de constater que ni l’un ni l’autre ne sait quels seront leurs pouvoirs respectifs. Répondant à la question sur les ministres Jeetah et Bunwaree, Navin Ramgoolam déclare que c’est lui qui propulse les décisions et qu’il en sera toujours ainsi. De son côté, Paul Bérenger dit que les pouvoirs du Premier ministre resteront intacts. Which is which ? »
Dans le même ordre d’idées, il relève que Paul Bérenger considère les nouvelles cartes d’identité biométrique comme « un gaspillage », alors que c’est un projet personnel de Navin Ramgoolam ayant pris dix ans à se réaliser. « La lutte d’influences ne fait que commencer. Cela laisse présager sept ans d’instabilité et de guerres intestines si jamais la population se laisse berner. » Dans le même souffle, il s’est prononcé contre le mandat de sept ans du Président. « Partout ailleurs, c’est cinq ans. Pourquoi nous faut-il deux années de plus ? »
Pour Xavier-Luc Duval, l’accord entre le Ptr et le MMM est encore flou : « C’est une alliance contre le peuple. Ils prennent les Mauriciens pour des intellectuellement limités. À vous de leur démontrer le contraire », a-t-il lancé, en invitant les jeunes à se rallier derrière le PMSD. Il s’est dit également « choqué » qu’un parti ayant été au pouvoir pendant dix ans ne dise rien sur son bilan dans l’accord.
Le leader du PMSD trouve également « humiliant » que la moitié du conseil des ministres n’était pas invité au dîner conjoint entre les deux partis la semaine dernière. « En plus d’avoir été humiliés, ils ont été contraints d’aller taper dans les mains le lendemain à Kewal Nagar. »
S’exprimant sur son nouveau rôle de président du Public Accounts Committee, Xavier-Luc Duval a laissé entendre qu’il veillera à ce que les fonds publics ne soient pas gaspillés, même s’il est conscient que ce rôle ne sera que de courtes durées. Il a critiqué, en passant, son prédécesseur, qui, dit-il, « n’a sorti que deux rapports en dix ans ». Le leader des Bleus a également condamné le fait que le rapport de l’Audit 2014 n’ait pas encore été présenté. Selon lui, c’est un manque de respect pour le poste constitutionnel que représente le directeur de l’audit.
Concernant l’alliance de l’opposition, le leader du PMSD déclare qu’elle avance dans la bonne direction, mais qu’il « faut du temps », ajoutant : « Pour réussir, il faut prendre les décisions à tête reposée. »
Xavier-Luc Duval a également répondu aux questions de la presse sur les commentaires du ministre Shakeel Mohamed à son égard au sujet du salaire minimum national, « quoi que je n’avais pas prévu de le faire ». Il a ainsi laissé entendre qu’il ne fait que jouer son rôle de parti d’opposition et que, lorsqu’il était au gouvernement, c’est Shakeel Mohamed lui-même qui présidait toutes les réunions avec le syndicat. Il devait ensuite laisser échapper : « Dir li al rod so tiket apre nou diskite. »
Le leader du PMSD dit également regretter les « attaques » et le « mépris » de Paul Bérenger et de Navin Ramgoolam avec des termes comme « kamyon salte ou rédacteur en chef mercenaire » utilisés. Ce qui le mène à dire : « C’est un couple intolérant. Voilà à quoi s’attendre s’ils se retrouvent ensemble au pouvoir. »