Le leader du PMSD pense qu’il est temps d’introduire un système de salaire minimal. Xavier-Luc Duval estime que dans plusieurs secteurs d’activité économique, les employés sont sous-rémunérés, à l’image des salesgirls travaillant à longueur de journée pour un maigre salaire. Le leader des bleus s’adressait à un auditoire convié à une réunion nocturne hier à Bangladesh, agglomération de Tranquebar.
Il s’agissait de la première sortie publique du PMSD depuis que ce parti a quitté le gouvernement. La localité a été choisie, ont fait remarquer le leader et le secrétaire général, Mamade Kodabaccus, parce que le parti considère qu’il s’agit d’une région délaissée par ses élus, parmi lesquels il n’y a nul autre que le Premier ministre adjoint, Rashid Beebeejaun…
Le leader du PMSD a axé son intervention particulièrement sur ce qu’il considère être un développement à deux, voire même à trois vitesses. Il a affirmé qu’il y a plusieurs cas de discrimination, contre lesquels il s’élève, lui qui se considère l’architecte de la mise sur pied de l’Equal Opportunities Commission (EOC). Il a blâmé Paul Bérenger qui n’a trouvé rien à redire lorsque l’EOC, dans son premier rapport, a soutenu que 51 % des cas de discrimination émanent du secteur public et que ces cas sont basés sur le castéisme et le communalisme. Dans le même souffle, M. Duval a dénoncé l’attitude des membres du gouvernement qui disent qu’Aurore Perraud est communale parce qu’elle a mis l’accent sur ce que contient ce rapport. « Quand on pratique le communalisme on n’est pas communal. Par contre on l’est quand on le dénonce », a dit M. Duval.
L’ancien vice-Premier ministre a fait remarquer que dans les ministères où il était responsable, il a toujours fait en sorte que chacun ait un traitement égal. Il a mis l’accent sur les mesures qu’il a mises en pratique lorsqu’il était à l’Intégration sociale. Dans cette optique, il déplore que certains des projets qu’il a concrétisés soient aujourd’hui au point mort, à l’image de 42 des 60 maisons qui ont été construites par la National Empowerment Foundation (NEF) qui n’ont pas été allouées, ou encore de plusieurs crèches, construites toujours par la NEF, qui ont fermé leurs portes.
Xavier-Luc Duval a aussi critiqué le fait que le parlement ne siège pas, alors que les réunions du conseil des ministres « sont devenues optionnelles, le tout dépendant de l’humeur du Premier ministre », de sorte que le pays est actuellement dirigé par « pilotage automatique ». Il s’est également élevé contre le fait que le prix que coûtera le projet de métro léger ne peut être divulgué en raison de la présence d’une clause de secret qui existe dans le contrat. Il rappelle à ce titre que lorsqu’il était aux Finances, il avait refusé d’apposer sa signature sur une proposition d’achat des terres de l’État qu’exploitait Le Domaine Les Pailles, parce qu’elle contenait une clause exigeant le secret du montant. « Maurice est en retard sur de nombreux pays pour ce qui est du droit à l’information », a insisté M. Duval.
Aurore Perraud et Salim Abbas Mamode se sont également adressés à l’assistance. La députée bleue a été chaudement applaudie alors qu’elle prenait le micro.