« Nous allons vers un système de gouvernement instable, avec un régime autoritaire. » C’est en ces termes que, face à la presse ce matin, Xavier-Luc Duval s’est exprimé sur ce qu’il qualifie « d’épisode grotesque » à l’annonce d’une alliance entre le Ptr et le MMM. Pour le leader des Bleus, « Navin Ramgoolam n’a pas dit son dernier mot », poursuivant que « les deux leaders sont des hommes jaloux de leur pouvoir, avec un PM qui tient à ses prérogatives et un Paul Bérenger autoritaire envers la population ». Ce qui lui fait dire que le “power struggle” dont la population « a été témoin » entre les deux hommes « depuis plusieurs mois, continuera ». Il a toutefois dit garder espoir que la population soutiendra l’opposition car, dit-il, « rien n’est joué » avant les législatives. S’agissant d’une alliance des partis de l’opposition, il a indiqué que si la rencontre avec le MSM et le Mouvement Liberater n’a « débouché sur rien » hier, celle-ci a néanmoins été « très positive ». Les trois partis en question, selon lui, sont « d’accord sur le sens du partage et d’équilibre pour la société », précisant : « Notre objectif doit être la justice sociale. » Et d’annoncer que le PMSD publiera son manifeste électoral « dans les jours à venir ».
D’emblée, l’ancien ministre des Finances devait souligner qu’au PMSD, « c’est l’avenir du pays qui nous intéresse ». Par opposition, il devait, en parlant de Navin Ramgoolam et Paul Bérenger, décrire « un homme qui est au pouvoir depuis presque dix ans, et qui reste déterminé à s’y accrocher, et de l’autre côté, un homme qui a été presque dix ans dans l’opposition et qui est déterminé à arriver au pouvoir à tout prix ». Le PMSD, a-t-il ajouté, « s’oppose totalement au changement constitutionnel qui sera apporté, car cela engendrera une instabilité jamais vue à Maurice ». Alors que l’aurait dû assister à un changement de  majorité, selon lui, cet amendement constitutionnel « apportera une majorité de 75% ». Ce qui est, dit-il, « d’autant plus dangereux, c’est que ce changement risque fort de ne jamais avoir lieu car il sera presque impossible de renverser cette majorité ». Et d’observer que si cette alliance remporte le pouvoir, « ce n’est qu’en 2022 que nous pourrions voir la fin du règne de Ramgoolam ».
Pour avoir longtemps travaillé avec le leader travailliste, Xavier-Luc Duval dit le connaître suffisamment pour savoir qu’il « n’a pas dit son dernier mot ». D’ailleurs, « l’accord reste ouvert et la lutte des pouvoirs continuera ». Il est d’avis que l’actuel Premier ministre « n’est pas Kailash Purryag ». Et d’affirmer que son objectif est « de faire de Paul Bérenger un Premier ministre marionnette », ajoutant : « Nous aurons la possibilité d’avoir un Premier ministre miniature après l’amendement. Il n’y a pas de doute que Ramgoolam endormira Bérenger et que celui-ci sera une victime consentante. La majorité du pouvoir ira à Réduit. » Des propos qu’il justifie en rappelant l’alliance Ptr/MMM de 1995 et « les coups de poignard qui ont suivi ».
Xavier-Luc Duval a toutefois dit « garder espoir » que la population « soutiendra la vraie opposition ». Argumentant, il a évoqué de récents exemples en Europe, « où l’on a vu la défaite des travaillistes et la victoire des minorités », ainsi qu’en Inde, « où un seul parti est arrivé en majorité au pouvoir », ce qui, selon lui, « démontre que rien n’est joué d’avance » et que « la population d’aujourd’hui est intelligente ».
Le leader des Bleus a par ailleurs dénoncé la « monopolisation » de la MBC. « Il faut qu’il y ait un même traitement pour les partis de l’opposition », dit-il.