Lors de la conférence de presse du PMSD, samedi, le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, n’a pas caché sa colère suite à la décision de la Speaker de le suspendre pour deux séances parlementaires. « Je détiens un poste constitutionnel dont la prérogative est la PNQ », a-t-il déclaré. « Si mo les badinn avek PNQ, se demokrasi parlmanter ki pou disparet ». Il a aussi critiqué le MMM qui, selon lui, a pour seul but de « quémander quelques votes du MSM », ce qui constitue, dit-il, « les prémisses d’une alliance entre les deux partis ».
« Si c’était à refaire, je le referais », a affirmé Xavier-Luc Duval, en commentant longuement les incidents survenus lors de la première séance de l’Assemblée nationale mardi dernier. Le leader de l’opposition a fustigé tous ceux qui veulent nuire à son rôle parlementaire. « Je suis conscient de mes responsabilités, je ne courberai ni devant la frayeur ni devant les faveurs », a-t-il avancé. « La PNQ permet avant tout de mettre en avant les problèmes qu’il y a dans le pays […] Mo pa pou les PNQ vinn enn boufonad ». Il a rappelé que ses PNQ ont permis de soulever de nombreuses zones d’ombre, dont le scandale Sobrinho, le problème des squatters et celui des étudiants de l’Université de Technologie.
Le leader de l’opposition s’est dit déçu du comportement du ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, qui avait été questionné sur le Metro Express. « Li’nn perdi nou letan kan li’nn reponn kestion ki pa’nn dimann li lor 12 paz », a relevé Xavier-Luc Duval, qui a tenu à préciser que « mo pa’nn menas personn, mo pa’nn zour personn. Mo’nn ziss dir saki mo panse ».
Le leader de l’opposition a décrié la manière dont le gouvernement gère le projet de Metro Express, arguant qu’avec le mode choisi, le tram sera « six minutes plus lent que celui proposé sous Anil Bachoo », ancien ministre du Transport. Documents à l’appui, Xavier-Luc Duval a rappelé que le tram comptera six personnes debout par mètre carré. Ce qui, pour lui, rend les autobus plus confortables. « Anviron 225 dimounn pou dibout, setadir trwa kar pasaze, alor ki dan bis, lor 72 plas, 60 asize », a-t-il commenté. Il a aussi relevé que le nombre de passagers envisagés, soit 160 000, a été réduit à 53 000. « Li profitab selman kan pran an konsiderasion konpansasion Rs 10 miyar ki l’Inde in donn Moris » a-t-il ajouté, soulignant que les Mauriciens auraient dû être interrogés sur ce qu’ils auraient souhaité avoir pour Rs 10 milliards. Il a remis sur le tapis la question d’un nouveau système de bus qui, selon lui, aurait été « plus bénéfique pour le pays ».
Le leader de l’opposition n’a pas caché son étonnement devant le fait que le projet suit son cours malgré qu’il n’y a eu aucune étude EIA complétée, et que le gouvernement refuse toujours de rendre public le contrat avec la compagnie indienne Larsen & Toubro. Il a contrasté ce procédé avec le métro d’Édimbourg, en Écosse, pour lequel des lois avaient été mises en vigueur avant son installation, relevant de plus la transparence prônée par le gouvernement écossais, contrairement à celui de Maurice.
Le leader de l’opposition s’en est pris au leader du MMM, Paul Bérenger, qui a déclaré que Xavier-Luc Duval avait « exagéré » mardi au parlement. « MMM mem ki’nn dir ki madam Speaker pir Speaker ki’nn existe dan listwar parlmanter, ki’nn bafwe demokrasi parlmanter, san pran kont bann malelve ki’nn fer ek Deputy Speaker », a-t-il déclaré. Cependant, il dit ne pas être étonné de la position du leader des mauves. « Le MMM est en mauvaise posture dans Quatre-Bornes. Malgré tous les vices, le but du MMM est de quémander des votes avec le MSM en vue d’une alliance pour la campagne au N° 18 », a-t-il avancé.
Concernant la commission d’enquête sur la drogue, Xavier-Luc Duval a questionné « à qui profite le crime ». Il poursuit : « Kisannla pe rod inflians témwin vedet ki pe vinn denons bann manb gouvernman ? Kisannla pe met presion lor Casernes centrales ? ». Le leader de l’opposition a aussi fait part de sa joie quant à l’arrêt de la grève pour la cause des femmes cleaners. Il espère que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, ne les mène pas en bateau. « Li bizin tini so promes, fer zot gagn saler ki zot merite ek travay “à plein-temps” ».
Aurore Perraud a, quant à elle, commenté l’agression barbare de Urvashi Joygobhin, 20 ans et enceinte de huit mois. Elle a rappelé que des amendements à la Domestic Violence Protection Act ont été apportés alors qu’elle était ministre. « Pa zis o nivo lalwa ki bizin travay, il faudrait des mesures fortes, des campagnes agressives et continues auprès de la population pour un changement de mentalité ». Aurore Perraud a, de plus, réitéré la demande du PMSD pour que la langue kreol soit utilisée au Parlement.