Aucun lien direct n’a jusqu’ici été démontré entre Belvédère Management Ltd, enregistrée à Maurice, et Word Capital Market, basée à Londres, a indiqué le ministre des Services financiers, de la Bonne gouvernance et des Réformes institutionnelles Roshi Badhain, qui répondait à la Private Notice Question du leader de l’opposition, Paul Bérenger, à la mi-journée. Le ministre a révélé que Belvédère Management Ltd aurait été impliquée dans un Ponzi Scheme pour un montant de l’ordre de USD 16 milliards (autour de Rs 560 milliards) impliquant plusieurs juridictions, dont le bailliage de Guernesey, les Îles Vierges britanniques, les îles Caïmans, Gibraltar, la Suisse, les Seychelles, l’Afrique du Sud, Panama, l’Angleterre et Maurice. Le ministre Badhain est d’accord avec Paul Bérenger à l’effet que l’article paru dans The Economist, établissant un lien entre Belvédère Management Limited, Capital World Market et la Bramer Bank, a terni l’image de Maurice. Il annonce avoir eu des discussions avec l’ambassadeur des États unis sur la ligne à suivre. Il constate néanmoins que certains investisseurs étrangers voient les choses du bon côté et cite le cas d’une grosse entreprise européenne ayant décidé d’investir dans le secteur financier mauricien en raison de la « manière transparente » avec laquelle les autorités « tranchent les choses en ne mettant pas les problèmes “under the carpet” ».
La PNQ du leader de l’opposition, Paul Bérenger, portait ce matin sur les allégations concernant l’implication de la Belvédère Management Ltd, basée à Maurice, dans une affaire de Ponzi international géant. Il avait également demandé au ministre de donner des précisions sur le montant concerné et de donner des indications concernant les allégations à l’effet que Belvedère Management Ltd et World Capital Markets, dont 13 membres du personnel ont été arrêtés à Londres, étaient liés. Le leader de l’opposition avait finalement demandé au ministre Badhain de préciser les mesures prises par la FSC.
Rosi Bhadain a indiqué que Belvédère Management Ltd a été incorporée à Maurice le 24 septembre 2008 et avait obtenu son permis d’opération le 3 novembre 2008 de la FSC avec des attributions bien précises. Il a révélé que, depuis 2012, la FSC a effectué plusieurs inspections sur place à Belvédère aux termes des règlements de la FSC. « These inspections on respect of the management company business, fund administration business and to assess whether Belvedère is complying with the provisions of relevant legislations, regulations and rules of the FSC », a dit le ministre. Ces inspections ont donné lieu à des recommandations à prendre pour corriger les déficiences constatées, notamment le non-respect de certaines provisions des Financial Services.
Le ministre a aussi révélé que le Ponzi Scheme allégué impliquait un montant de l’ordre d’USD 16 milliards dans une série de juridictions, dont Maurice. Il a aussi précisé que les liens allégués entre Belvédère Management Ltd et la compagnie londonienne Capital World Markets n’ont pas été établis selon les informations dont dispose la FSC. « According to the press reports, CWMFX.com is operated by Leverate Financial Services Ltd a Cyprus instment firm licenced and regulated by Cyprus Securities and Exchange Commission and its CEO is Anthony Constantinou », a dit le ministre, précisant qu’Antony Constantinou fait partie de ceux ayant été arrêtés par les autorités policières à Londres et que CWM n’est pas enregistrée à Maurice. La FSC a demandé des informations à l’UK Financial Conduct Authority le 20 mars dernier sur cette compagnie. Un reminder a été envoyé le 30 mars, mais aucune réponse n’a été obtenue. L’ICAC, de son côté, a initié une enquête à ce sujet auprès de Belvédère. Une demande avait été faite à la police d’interdire les directeurs de Belvedère Management Ltd de quitter le pays. Malheureusement, un des directeurs, un ressortissant étranger, a quitté Maurice le 20 mars par le vol d’Air Mauritius à destination de Johannesburg avant que les services de l’immigration n’aient pu intervenir. Les deux autres directeurs, eux, ont été convoqués par l’ICAC et seront entendus le 30 avril.
Rosi Bhadain a aussi indiqué que la FSC a travaillé avec plusieurs régulateurs internationaux, incluant ceux basés à Guernesey, aux Îles Vierges britanniques, aux îles Caïmans, à Gibraltar, en Afrique du Sud, en Irlande, en Grande-Bretagne, à Labuan et en Tanzanie. Quelque 125 correspondances ont été échangées depuis juin 2014 avec les régulateurs de ces juridictions afin de s’assurer de la véracité des documents et pour se faire une idée du flot des fonds tenant en compte que Belvédère a accordé des prêts à différentes entités dans plusieurs juridictions.
Le ministre Badhain a aussi indiqué que des enquêtes ont aussi été effectuées sur deux fonds d’investissement administrés par Belvedère Management Ltd, notamment Lancelot Global PCC et Four Elements PCC. Elles ont révélé qu’il y avait un mouvement de fonds à partir d’une compagnie basée à Guernsey. Les enquêtes menées, d’autre part, par Guernsey FSC à la demande de Maurice ont permis de découvrir trois nouvelles entités, à savoir The Global Mutual Fund PCC Ltd, Universal Mutual Fund ICC Ltd et Worldwide Mutual Fund PCC Ltd, qui ont été placées sous administration par la Royal Court de Guernsey. L’affaire concernant Lancelot Management Ltd et Triny Global Fund sera étudiée par la Cour de Guernsey plus tard. À la suite des enquêtes menées également à Guernsey et en Afrique du Sud, la FSC a décidé de révoquer les permis d’opération de Lancelot Global PCC et de Four Elements PCC. Des administrateurs ont été nommés pour gérer les activités de Lancelot Global PCC et Four Elements PCC. Les rapports des administrateurs seront bientôt soumis à la FSC.
Le leader de l’opposition a cherché des éclaircissements. Il a ainsi voulu savoir si des mesures concrètes ont été prises pour corriger la mauvaise image de Maurice projetée par un article paru dans The Economist, présentant le pays comme « un centre de Ponzi » en citant la déclaration du Premier ministre au sujet du Ponzi constaté à la Bramer Bank. Roshi Badhain a affirmé qu’il était d’accord avec le fait que ces articles ont terni l’image du pays. Il a ensuite annoncé avoir rencontré l’ambassadeur américain pour discuter des mesures à prendre. Par ailleurs, il dit observer que certains investisseurs étrangers voient les choses du bon côté, constatant que Maurice « prend des mesures dans la transparence ». Il a ainsi cité le cas de banquiers européens ayant choisi Maurice comme base d’opération parce que « nous ne glissons pas nos problèmes sous le tapis ». À une autre question concernant la réduction des investissements de l’ordre d’un milliard de roupies enregistrée à la Bourse, Roshi Badhain s’est dit confiant que les mesures qui seront prises permettront de rehausser l’image de Maurice.