Revenant sur sa PNQ de mardi dernier axée sur le projet de production de 15 MW d’énergie photovoltaïque pour le compte du Central Electricity Board (CEB) par la société Sarako des promoteurs Seetaram, Alan Ganoo, leader de l’Opposition, regrette que le Dr Rashid Beebeejaun, Deputy Prime Minister et ministre des Services publics, n’a pas, cette fois, « joué le jeu » comme la semaine d’avant lors de sa PNQ ciblant Sino Hydro. Il estime que cet exercice aura quand même permis de mettre en lumière plusieurs zones d’ombre.
Alan Ganoo regrette que le Dr Rashid Beebeejaun n’a pas, mardi, à l’Assemblée nationale, « joué le jeu » sur le dossier de production d’énergie photovoltaïque par la société Sarako des promoteurs Seetaram, comme il l’avait fait le mardi précédent pour ce qui concerne le contrat alloué à Sino Hydro pour la construction du barrage d’Arnaud. Il accuse, notamment, le Dr Beebeejaun d’avoir « induit la Chambre en erreur » en laissant entendre précédemment que Sarako avait soumis l’offre la moins chère en réponse à une interpellation du député MMM Joe Lesjongard, le 9 avril dernier.
Le leader de l’Opposition explique de même qu’alors que le ministre des Services publics a tenté d’expliquer que le partenaire chinois initial des promoteurs Seetaram ne disposait pas de terrain pour un tel projet, ce partenaire a indiqué dans le courriel de dénonciation qu’il a adressé au CEB qu’il disposait, en fait, d’un terrain du côté du réservoir de La Ferme. Alan Ganoo cite le fait que Rs 37 M seront puisées, chaque année, du MID Fund pour le projet Sarako comme étant une autre « zone d’ombre troublante » qui a apparu dans la réponse à sa PNQ, 
Il rappelle, à ce propos, que pour l’année 2012 uniquement, une somme de Rs 125 M a été perçue sous forme de « levy » sur les produits pétroliers pour être versée au MID Fund. Alan Ganoo rappelle que ce sont les consommateurs qui, en fait, contribuent au final à ce fonds d’où sera puisé les Rs 37 M annuelles destinées au projet Sarako. Le leader de l’Opposition explique que jusqu’ici, en matière de production d’énergie solaire, la politique du CEB était de procéder de manière prudente en vue de ne pas destabiliser le réseau.
Or, soutient-il, avec le projet de production de 15 MW en un seul lieu par Sarako,  toute cette politique de prudence est remise en question. Alan Ganoo se demande ainsi qui aura à casquer au cas où, pour des raisons de mauvais ensoleillement prolongé dans la région de Bambous, Sarako n’arrivait pas à répondre à la demande de production.
CEB juge et partie
Il explique parallèlement que le projet initial de permettre à plusieurs petits producteurs répartis à travers l’île de produire de l’énergie photovoltaïque était, ainsi, moins risquant. Le leader de l’Opposition s’interroge, dans ce contexte, sur le retard apporté pour l’appropation des 100 demandes de production faites en ce sens. Alors qu’explique Alan Ganoo, l’objectif visé est la production de 35% de nos besoins en énergies renouvelables d’ici à 2020, le CEB serait « en conflit avec lui-même. »
Le leader de l’Opposition remet en question le fait que la corporation soit, tout à la fois, productrice d’énergie et organisme de régulation. Il rappelle que l’Energy Regulatory Authority Act voté en 2004 a été proclamé en 2011 sans que, depuis, l’autorité régulatrice n’ait été mise en place.
Revenant par ailleurs à la charge contre le contracteur chinois Sino Hydro, Alan Ganoo dit ne pas s’expliquer comment cette société – déjà bénéficiaire d’un contrat de Rs 240 M pour des travaux qu’elle a eu peine à compléter dans le délai contractuel prescrit – a pu quand même obtenir autant d’autres contrats dont la plupart sont tout autant en retard d’achèvement.
Il rappelle les demandes répétées des contracteurs locaux en vue d’un « Level Playing Field » dans le domaine de l’attribution des appels d’offres publics. Alan Ganoo fait notamment référence à un rapport rédigé par l’économiste Pierre Dinan mettant en exergue l’injustice dont sont victimes les sociétés locales de construction par rapport à des sociétés étrangères. Il demande à ce que les autorités se penchent sur la question.
Revenant sur le terrible accident du vendredi 3 mai à Sorèze sur l’autoroute, le leader de l’Opposition se réfère à une déclaration de presse faite, cette semaine, par le receveur de l’autobus accidenté de la Corporation Nationale de Transport (CNT) indiquant que le véhicule connaissait des problèmes de freinage réguliers depuis 2012. Il réitère ainsi sa demande pour qu’il n’y ait pas de « cover-up » dans cette affaire. Alan Ganoo demande, de même, que le rapport des experts indiens qui ont enquêté sur cet accident soit rendu public. Il indique que l’Opposition MMM maintiendra la pression pour que tous ceux responsables de ce drame, « à la CNT comme au ministère », soient ultimement appelés à rendre des comptes.