La Private Notice Question (PNQ) du jour était axée sur les circonstances du suicide en cellule policière de Kumar Ramdany le 30 juillet dernier alors qu’il était en détention au poste de Rivière-du-Rempart. Il avait été interpellé pour avoir acheté pour la somme de Rs 200 une montre volée au préjudice d’une habitante de Bois-Mangues, Plaine-des-Papayes. Le leader de l’opposition Paul Bérenger a demandé au Premier ministre Navin Ramgoolam d’avoir un « fresh look » dans cette affaire en raison des zones d’ombre qui persistent. Il souligne que dans la charge provisoire logée en Cour de Pamplemousses le 26 juillet pour l’inculpation provisoire de Kumar Ramdany, 43 ans, la période du vol de la montre est située en mai de cette année. Or, la victime du vol avait consigné une déposition en date 17 juillet rapportant le vol pour le même jour (voir détails plus loin).
Le leader de l’opposition s’est également interrogé sur les circonstances de cette pendaison en cellule policière, alors que le cadavre de la victime a été retrouvé sur le plancher de la cellule vers 4 heures du matin le 30 juillet. Il se demande si des huit policiers présents au poste et des cinq détenus dans des cellules, aucun n’a rien remarqué d’anormal au moment des faits. Il a aussi fait état du « concern » du Directeur des Poursuites publiques (DPP) au sujet de ce suicide en cellule policière dans une correspondance adressée à la veuve de la victime en septembre dernier.
Pour sa part, le Premier ministre, qui affirme que la police a suivi toutes les procédures établies et n’a rien à se reprocher dans cette affaire, devra soumettre les conclusions de cette enquête au DPP au cours de cette semaine.
Bérenger : Le Premier ministre peut-il obtenir du commissaire de police les informations suivantes sur le suicide d’un détenu, Anand Kumar Ramdany, dans une cellule du poste de police de Rivière-du-Rempart dans la nuit du 30 juillet, à savoir si une enquête a été initiée sur les circonstances dans lesquelles le cadavre a été retrouvé sur le plancher de la cellule alors que le détenu se serait suicidé par pendaison avec le barreau de la porte de sa cellule, si ses deux fils ont assisté à des autopsies à différents moments et pourquoi, et de confirmer si des membres de la Very Important Person Security Unit (VIPSU) étaient présents au poste de police de Rivière-du-Rempart vers le 30 juillet dernier ?
Ramgoolam : La PNQ me donne l’occasion de revenir sur cette affaire, qui a déjà fait l’objet d’une interpellation parlementaire, PQ B 761, en octobre dernier. Ces éléments de réponses ont été traités en tant que « written answer ».
Le commissaire de police m’a informé que le 17 juillet vers 18 h 05, une habitante de Bois-Mangues, Plaine-des-Papayes, a consigné une déposition au poste de police de la localité sur le vol d’une montre de marque inconnue le même jour. La valeur de la montre était estimée à Rs 7 000. Elle a déclaré à la police que le suspect n’était autre que son conjoint, qu’elle a qualifié d’alcoolique et déjà auteur de cas précédents de vol. Le cas porte la référence OB 2531/11.
Le 25 juillet, l’époux de la victime a été interpellé par la police dans le cadre de cette enquête. Lors de son interrogatoire, le suspect devait passer aux aveux pour le vol de la montre. Il a également révélé qu’il avait vendu la montre à Anand Ramdany pour la somme de Rs 200. À la mi-journée, ce second suspect a été interpellé. Il a rejeté les accusations portées contre lui. Une perquisition a été effectuée à son domicile et aucun objet compromettant n’a été découvert par la police lors de cet exercice.
Les deux suspects ont été détenus au poste de police de Rivière-du-Rempart car celui de Plaine-des-Papayes n’est pas doté de ces facilités. Le 26 juillet, ils ont comparu devant le tribunal de Pamplemousses et des inculpations provisoires ont été logées contre eux. Ils ont été reconduits en cellule policière avec une nouvelle comparution prévue pour le 2 août.
Vers 4 h 45 du matin, le 30 juillet, le cadavre d’Anand Ramdany a été découvert sur le plancher de sa cellule. Ce qui s’est passé c’est qu’il s’est suicidé par pendaison à l’aide d’un morceau de tissu attaché à une des barres de la cellule.