L’écroulement d’un tronçon de route sur une distance de 75 mètres sur la Ring Road à Pailles, au coût de Rs 1,4 milliard, a été au centre de la Private Notice Question du leader de l’opposition, Paul Bérenger, à la reprise des travaux de l’Assemblée nationale à la mi-journée. Acculé par le leader du MMM, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques Anil Bachoo a avoué que le projet de construction de la Ring Road Phase II devra coûter la somme de Rs 10 milliards, dont Rs 775 millions pour le seul volet du forage du tunnel sous la Montagne des Signaux. Il ajouté que ce projet, qui sera lancé sous le Public Private Partnership, comprend également le nouveau pont enjambant la Grande-Rivière-Nord-Ouest entre Coromandel et Sorèze.
Tout en confirmant que le projet de phase II de la Ring Road démarrera à la fin de cette année, Anil Bachoo a souligné que le gouvernement étudie une révision de ce projet à la lumière de certains développements intervenus récemment. Pour ce qui est de la première phase de ce projet d’infrastructure, dont le but est de décongestionner les artères de la capitale, le leader de l’opposition a proposé la mise sur pied d’une commission d’enquête sur des cas de spéculation foncière dans le sillage d’Insider Trading. Il a fait état de cas d’acquisition de terrains à but spéculatif avant le démarrage du projet avec le gouvernement payant le prix fort lors des acquisitions obligatoires.
Le leader du MMM a également fait part de ses appréhensions devant les risques que représente pour les habitants de Pailles le mur de soutènement tout le long de la Ring Road et non pas seulement sur le tronçon de 75 mètres écroulé. Il s’est aussi interrogé sur le rôle minimaliste assumé par la Road Development Authority dans la réalisation de ce projet routier.
De son côté, Anil Bachoo a fait comprendre que des directives ont été émises aux contracteurs de Rehm-Grinaker/Colas pour que les travaux nécessaires soient entrepris dans les meilleurs délais. Il a évoqué le mois de juillet comme date butoir pour ces travaux. Si les délais ne sont pas respectés, les autorités seront appelées à prendre des mesures.
Bérenger : Le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques peut-il obtenir les informations suivantes de la Road Development Authority (RDA) au sujet du projet de Ring Road : le coût de la première phase, les procédures pour le choix des consultants en confirmant si le rapport des dégâts sera rendu public, qui a effectué les tests sur le terrain, les procédures adoptées pour le choix du contracteur, comment seront financés les travaux de réparation à la route et au mur de soutènement, quelle supervision a été exercée par la RDA, les mesures prises pour protéger les habitants de la région, quand démarrera la seconde phase de ce projet et confirmer si des cas de spéculation foncière ont été enregistrés dans cette région.
Bachoo : Les problèmes survenus à la première phase de la Ring Road ont suscité de la passion et de nombreuses critiques. Cette PNQ devra servir de plateforme pour mieux expliquer ce qui s’est passé et mieux comprendre ce qui doit se faire. Le coût initial du projet de la première phase de la Ring Road était de Rs 965 millions en 2000. Le contrat pour la construction fut alloué par le Central Procurement Board au Joint-Venture Rehm-Grinaker/Colas suite à un exercice d’appel d’offres pour la somme de Rs 1,2 milliard. Les consultants d’Arab Engineering furent également choisis suite à un exercice initié par le Central Procurement Board.
À ce stade, le VPM, qui semblait avoir un TGV à rattraper avec une lecture rapide des éléments de sa réponse, indique que six firmes internationales avaient répondu à l’appel d’offres, avec Arab Consulting Engineering décrochant le contrat pour la somme de Rs 31,1 millions. Le contrat fait également état d’une Defect liability period d’une année également de la responsabilité des contracteurs.
Bachoo : Il y a eu deux inspections par les consultants, en septembre 2013 et en janvier 2014, du 20 au 24. C’est au cours de cette dernière inspection que des problèmes au niveau de la Ring Road Phase 1 furent notés, soit le tronçon spécifique de 75 mètres. Les contracteurs furent informés de la situation avec une demande expresse pour situer la cause et les responsabilités. Subséquemment, il y a eu d’autres signes de détérioration dans la construction de cette route. Le 17 mars dernier, les consultants ont soumis un rapport préliminaire sur les causes de cette Road collapse tout en demandant aux contracteurs d’entreprendre de nouveaux tests. Les contracteurs ont une obligation de compléter les travaux de réparation à la route avant le 30 juillet prochain, au cas contraire les autorités prendront des actions.
À ce stade de sa réponse liminaire, le vice-Premier ministre dresse la chronologie des études du sol entreprises sur le site en vue de construire cette route, à partir de 1998.
Bachoo : Après un exercice de préqualification, trois cotations ont été retenues, soit de General Construction/Group Five, Rhem Grinaker/Colas et Gamma/B avec le contrat alloué à Rehm-Grinaker with Rehm-Grinaker as the leader. Les contracteurs avaient pour responsabilité de Design and build the ring road phase I.
La RDA avait deux contrats, celui de consultants à partir du 21 janvier 2009 avec la firme Arab Consulting Engineering et à partir du 15 janvier 2010 un autre octroyé au joint-venture Rehm-Grinaker.
Le ministre Bachoo parcourt à une vitesse de lecture quasi supersonique les responsabilités des consultants et des contracteurs dans le cadre de ces deux contrats.
Bachoo : La responsabilité de la RDA se limitait à assurer la coordination entre les différentes parties, à mettre les terrains à la disposition des contracteurs, à intervenir pour éviter des bottlenecks dans la progression des travaux, à participer à des réunions et à approuver des coûts additionnels pour les travaux.
Le 4 mars dernier, une réunion tripartite entre la RDA, les consultants et les contracteurs fut convoquée avec la RDA s’appesantissant sur la nécessité d’entreprendre des travaux de réparation sur la Ring Road Phase I et de prendre des mesures de sécurité pour protéger les habitants de Pailles et des environs.
Avec les changements dramatiques dans les conditions climatiques, nous allons étudier la possibilité de revoir la deuxième phase de la Ring Road. Toutefois, nous comptons aller de l’avant avec ce projet dans le cadre du Road Decongestion Project. Work on the project will start this year.
Pour ce qui est des acquisitions de terrain pour le projet, je suis informé par le ministère des Terres que les procédures prévues dans la loi ont été suivies dans la transparence.
Retention Money
Bérenger : Pour en revenir au coût de ce projet, nous avons entendu le ministre parler d’un montant de Rs 1,2 milliard avec le contrat alloué à Rehm-Grinaker/Colas. Peut-il révéler combien a été déboursé et s’il y a des réclamations de l’ordre de Rs 150 millions encore en suspens ? Qu’en est-il de la Retention Money ?
Bachoo : Le montant déboursé jusqu’ici est de Rs 1,4 milliard (le ministre donne le chiffre à un sou près). La Retention Money est de Rs 38 millions. Il y a également une Bank Guarantee de Rs 150 millions…
Bérenger : Qu’en est-il des réclamations ?
Bachoo : No additional claim…
Bérenger : Est-il satisfait de la façon dont les consultants ont été choisis ?
Bachoo : Il y a eu une étape d’Expression of Interests. Puis un exercice d’appels d’offres sur le plan international. Malheureusement, je ne peux faire d’autres commentaires.
À ce stade des échanges, le leader de l’opposition est intéressé de confirmer si des changements avaient été apportés au design proposé par des consultants indiens initialement. Le ministre dresse la liste des études entreprises depuis les années 70 avec des experts français. Puis, le rapport des consultants britanniques en 1993 et celui de 1998 avec des changements intervenus tout en maintenant l’alignement du tracé.
Bérenger : Le vice-Premier ministre confirme-t-il que le rapport sur les causes de l’écroulement de la route sera rendu public ? Le rapport en sa possession est-il final ou intérimaire ?
Bachoo : C’est le rapport final. Je n’ai aucun problème pour rendre le rapport public. Mais il me faudra consulter les parties intéressées et avoir leur avis. Car un problème pourrait se poser si elles décident d’aller en arbitrage. Je vais les consulter en vue de déposer le rapport lors de la prochaine séance. Je suis pour la transparence dans cette affaire…
Bérenger : Est-il satisfait de la façon dont les Soil tests ont été effectués ?
Bachoo : As I am told, the entire responsibility rests with the contractor… The soil tests were adequately carried out. Les consultants ont approuvé cet exercice.
Bérenger : La cotation de Rehm-Grinaker/Colas était-elle la moins élevée ?
Bachoo : This is what I am made to understand…
Le leader de l’opposition revient à la charge avec des changements intervenus dans le design du projet et le ministre Bachoo situe la responsabilité des contracteurs.
Bérenger : La précision du ministre à l’effet que Rehm-Grinaker est le Lead Contractor dans le Joint-Venture intrigue plus d’un comme dans des articles de presse avec le nom de Colas disparaissant comme par enchantement comme si cette dernière société n’a rien à faire avec ce projet. Cela veut dire quoi ?
Bachoo : Both are jointly responsible. Il n’y a pas à sortir de là. Les dispositions du contrat sont claires. Mais pour les besoins de la communication Rehm-Grinaker prend le relais.
Bérenger : Peut-il nous révéler le montant exact des réparations à être apportées à la Ring Road Phase I ?
Bachoo : Je ne suis pas en présence de ce montant…
« Rôle minimaliste »
Bérenger : Le ministre confirme un rôle minimaliste pour la RDA alors que répondant à une PNQ sur le projet de Bagatelle Dam, l’accent était mis sur les responsabilités des consultants et des contracteurs. Doit-on comprendre que la RDA n’a assumé aucun Supervisory Role ?
Bachoo : La RDA avait un rôle de coordonnateur. (Il relit les attributions de la RDA susmentionnées)
Bhagwan : Pa inn gagn biye  pou al Coup du Monde…
Bérenger : Le ministre a fait état des mesures de sécurité pour assurer la protection des habitants de Pailles et des environs. L’état de ce mur de soutènement jusqu’au pont et pas seulement sur les 75 mètres fait peur. Moi-même, j’avais de graves appréhensions quand j’avais visité les lieux. À la prochaine pluie torrentielle, tout peut s’écrouler. Est-il satisfait des mesures entérinées jusqu’ici ?
Bachoo : Dès le 19 février dernier, les contracteurs ont été informés de l’urgence de prendre ces mesures de protection. Ils doivent tout mettre en oeuvre pour que ce mur ne s’écroule pas. Les contracteurs ont été avertis formellement que tout préjudice causé à cet effet sera à leur charge. Nous sommes catégoriques à ce sujet. Si dans un avenir pas très lointain, le nécessaire n’est pas fait, nous allons prendre des mesures qui s’imposent.
Bérenger : Le ministre a confirmé les travaux de la seconde phase de la Ring Road avec le tunnel sous la montagne. Peut-il révéler le coût exact de ce projet, y compris l’acquisition des terres ?
Bachoo : Je ne dispose pas de ce chiffre puisque c’est un projet PPP…
Bérenger : Le ministre s’évertue à donner la garantie que la transparence a prévalu lors de l’acquisition obligatoire des terrains. Mais qu’en est-il des cas d’Insider Trading avec des spéculateurs achetant des terrains juste avant l’annonce du projet pour se voir offrir un prix fort subséquemment. Il y a des histoires étranges qui se racontent à ce sujet. N’est-il pas d’accord pour recommander à qui de droit l’institution d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur cet aspect du projet ?
Bachoo : S’il ya des éléments à cet effet, il devra reprendre la question in higher quarters.
À ce stade, le député de l’opposition Raffick Sorefan intervient avec une supplémentaire sur les responsabilités de la RDA.
Baloomoody : Le ministre est-il satisfait des mesures de sécurité prises jusqu’ici ? Une simple visite sur les lieux confirmera que rien n’a été fait. Il doit prendre des mesures immédiates ?
Bachoo : Je partage le point de vue de l’honorable membre. Je souhaite que le nécessaire soit mis à exécution dans les meilleurs délais, au cas contraire nous devrons agir.
Cehl Meeah : Peut-il révéler la connexion entre la Ring Road et les inondations meurtrières de l’année dernière à Grande-Rivière-Nord-Ouest ?
Bachoo : Les consultants venus de Singapour au lendemain des inondations n’ont établi aucun lien, pas plus que les consultants mauriciens.
Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, s’intéresse à un Risk Matrix pour la première phase de la Ring Road alors que tel est le cas pour la seconde phase. Le député Reza Uteem est également intervenu. Le député Éric Guimbeau a obtenu la garantie réitérée du ministre Bachoo que les contracteurs feront les frais de ces travaux de réparation sans aucun sou puisé des fonds publics.
Ganoo : Le ministre a annoncé que le coût initial de ce projet était de Rs 965 millions. Finalement le coût payé est de Rs 1,4 milliard ? Comment expliquer cette escalade des coûts ?
Bachoo : Il y a eu hausse des coûts pour plusieurs raisons, comme pour assurer la Slope Stability sur le site ou encore la restitution des accès. (Il cite une hausse de 45, 6 % des coûts pour la Slope Stability) That was a very dangerous area. C’est pourquoi nous avons dû prendre des mesures.
Bérenger : Nous avons ce qui s’est passé avec le tunnel du Caudan lors des pluies diluviennes du 30 mars de l’année dernière. Le ministre a confirmé que la seconde phase de la Ring Road démarrera vers la fin de l’année. Il a déclaré ne pas être en mesure d’avancer un chiffre pour le coût de ces travaux. Au moins peut-il donner la garantie en matière de sécurité pour le tunnel qui sera foré sous la Montagne des Signaux et qu’il n’y aura pas de répétition de ce que nous avons vécu avec le Caudan ?
Bachoo : Le problème avec les coûts est que c’est un projet exécuté sous le PPP. (A ce stade, il reçoit des informations de fonctionnaires de son ministère se trouvant au sein de l’hémicycle). Le coût global est de Rs 10 milliards, dont la Ring Road Phase II, l’A1/MI Bridge avec le pont sur la GRNO reliant Coromandel à Sorèze. Le tunnel coûtera Rs 775 millions. En raison de ces coûts devenus prohibitifs, le gouvernement a pris la décision de revoir ce problème. There will be no problem with the tunnel.