139. Qui sait que ce numéro peut être contacté par les victimes de violence domestique pour demander une assistance du ministère de l’Egalité du genre? A en croire le leader de l’opposition, « the people of Mauritius are not aware » de cette hotline, devait-il déclarer lors de la Private Notice Question (PNQ) du mardi 24 septembre.

De fait, Xavier-Luc Duval a demandé qu’une campagne de sensibilisation soit lancée pour vulgariser cette hotline, qui dirige vers un Integrated Support Center. La ministre Fazila Daureeawoo – à qui était adressée la PNQ – a informé que de tels exercices se tiennent partout à Maurice et à Rodrigues, de même que dans des « remote areas ».

Cette question de Xavier-Luc Duval a été motivée par les récents cas de violences conjugales mortelles enregistrées à Maurice et à Rodrigues.

« Pourquoi aucune des victimes n’a jugé nécessaire de contacter la hotline? » a interrogé le leader de l’opposition, qui a auparavant taxé le gouvernement de « cold hearted ».

« One must not try to do politics with it », a rétorqué la ministre, qui a ajouté qu’elle n’acceptera pas ce qualificatif du leader de l’opposition.

« Free of charge ».

Fazila Daureeawoo a assuré qu’elle suivait ce dossier de près, et ce, grâce à l’aide de son Permanent Secretary qu’elle téléphone « tous les jours ».

Ramenée à la question initiale sur les appels vers la hotline, la ministre a souligné qu’aucune des victimes décédées n’avait rapporté de cas à son ministère à travers le 139, qui est accessible « free of charge » et « 24/7 ». « Les cinq cas à Maurice et à Rodrigues n’étaient pas connus de mon ministère. Aussi, j’ai été informé de la part du Commissaire de police que ces cas n’avaient pas été rapportés à la police », répond-elle.

La ministre, plus loin, a informé que la hotline peut recevoir jusqu’à 30 appels en simultané. Les officiers font ensuite la liaison avec les hôpitaux, les centres et la police si nécessaire.

Le leader de l’opposition a regretté qu’il n’y a qu’un officier en fonction durant la nuit pour recevoir les appels. Car « calls don’t come at day », mais « généralement durant la nuit ». Alors que pendant la journée, trois officiers sont « on duty ».

Une campagne de recrutement est en cours, a soutenu la ministre après avoir apporté une précision sur la date de lancement de l’Integrated Support Center.

« Our level best ».

Dans ses réponses, la ministre a longuement évoqué les mesures prises par son ministère pour contrer la violence domestique : campagne de sensibilisation et d’information par le ministère, la police et des associations (dans toutes les régions et des écoles)  ; un soutien légal aux victimes ; une aide psychologique tant aux victimes qu’aux agresseurs ; programme de réhabilitation…

« We are doing our level best », a-t-elle répété en plusieurs occasions, ajoutant qu’il s’agit d’un « problème de société ». Plus tôt, la ministre a indiqué que 996 arrestations avaient eu lieu depuis janvier sous la Protection from Domestic Violence Act.

Le leader de l’opposition est également revenu sur le meurtre de Shabneez Mohamud. « The DPP is not happy with the police enquiry » sur la manière dont a été traité ce cas par des policiers, a relevé Xavier-Luc Duval. Pour cela, il a demandé si le ministère comptait se tourner vers l’Independent Police Complaints Commission pour une enquête.

« I am not aware if the DPP is not happy », a répondu la ministre. « Une enquête est en cours. If there is any fault, appropriate actions will be taken ».

La ministre a aussi lancé une pique à son prédécesseur à ce poste, Aurore Perraud, quand le leader de l’opposition lui a demandé des renseignements sur le « monitoring » et l’évaluation de ce dossier.

D’autre part, la ministre a été acculée par le leader de l’opposition, qui lui a reproché de n’avoir « pas directement parlé à la famille » des regrettées victimes de violence domestique.


Mohamed retire ses mots envers Sinatambou

Au terme de la PNQ, la Speaker est revenue sur un Point of Order soulevé la semaine dernière par le ministre Etienne Sinatambou. La Speaker, après vérification des images vidéo, a demandé au député Shakeel Mohamed de retirer le terme « cover-up », lancé à l’égard du ministre. Le député s’est plié au jugement, mais a nuancé que ce terme « should have been on the ministry ».