Vaines ont été les tentatives du leader de l’opposition de raisonner le Premier ministre sur la mesure budgétaire polémique proposant de puiser des réserves de la Banque centrale (BoM) pour éponger des dettes gouvernementales.

En introduction de sa réponse à une Private Notice Question – par moment particulièrement technique et par moment très politique – Pravind Jugnauth a expliqué les fonctions des trois fonds de la BoM, à savoir le General Reserves Fund, le Special Reserves Fund et l’Official Foreign Exchange Reserves.

Le Premier ministre et ministre des Finances a relevé la légalité de puiser de ses fonds pour des « monetary purposes », comme le permet la loi depuis un amendement en mai 2015. Et a souligné que quelque Rs 1.8 Md avait été utilisée à cet effet jusqu’à 2018.

Bien qu’ayant reconnu les efforts du ministre des Finances de comprendre un domaine qui ne correspond pas à sa spécialisation, le leader de l’opposition a maintenu une réplique tout au long de la PNQ : Pravind Jugnauth s’emmêlait les pinceaux. Et ce, entre les fonds qui seront utilisés et les profits concernés.

Paper profits.

Xavier-Luc Duval a repris les arguments avancés la semaine dernière par le député de l’opposition Reza Uteem. En tentant de faire comprendre que certains de ces fonds se composent de « paper profits », qui ne peuvent être redistribués.

L’International Monetary Fund (IMF) a également donné lieu à des échanges sulfureux. Le leader de l’opposition citant que cette organisation a condamné la démarche des Seychelles d’utiliser ce type de fonds pour éponger des dettes. Alors que le Premier ministre affirmait que cette pratique serait soutenue par l’IMF.

« We are going along the IMF », a plaidé Pravind Jugnauth. Avant que Xavier-Luc Duval lui explique que « it is a completely different issue ».

« Please ».

Les mots de Dan Maraye et Basant Roi, deux ex-gouverneurs de la Banque de Maurice, ont été cités respectivement par Pravind Jugnauth et Xavier-Luc Duval pour tenter de justifier l’utilisation de ces fonds.

Le leader de l’opposition a, en outre, questionné l’indépendance de la BoM, se demandant qui allait décider de la somme à puiser des fonds et quand cette opération aurait lieu. Le Premier l’a rassuré que la Banque centrale « is and will remain independent ».

Dans une ultime manœuvre destinée à aider la BoM, Maurice et le secteur financier mauricien de préserver leur réputation et leur intégrité, le leader de l’opposition a demandé au Premier ministre « d’abandonner » cette mesure et de « backtrack please ».

« I will never do something that will jeopardize my country and the Bank of Mauritius », a répondu Pravind Jugnauth.


«  »When you are quoting, you are supporting » »

En citant les mots de l’ex-gouverneur de la Banque centrale – très critique sur cette mesure budgétaire – publiés dans l’Express ce matin, le leader de l’opposition s’est heurté à une défense inattendue du Premier ministre. « Now he is praising Basant Roi », lui a rétorqué Pravind Jugnauth. Xavier-Luc Duval a lancé : « Quoted, not praising ». Mais Pravind Jugnauth avait une idée toute faite : « When you are quoting, you are supporting ». La Speaker de l’Assemblée nationale devait ajouter aux mots du Premier ministre que citer « tentamounts to supporting ».