Trois incidents impliquant des appareils d’Air Mauritius ont été enregistrés l’année dernière, a révélé le Premier ministre Navin Ramgoolam en réponse à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’Opposition Alan Ganoo. Ces incidents concernent un Airbus 340 qui aurait fait un atterrissage risqué le 2 novembre dernier à l’aéroport de Johannesbourg, ce qui a nécessité des réparations de l’ordre de Rs 60 M à l’aéronef concerné. Deux autres incidents ont été enregistrés lors de l’atterrissage de deux appareil ATR à l’aéroport sir Seewoosagur Ramgoolam à Rodrigues.
Alan Ganoo a réclamé l’institution d’un comité d’enquête sur les incidents qui se sont produits à Johannesburg et a également fait une mise en garde contre l’éventualité de l’utilisation par Air Mauritius de pièces de seconde main pour ses appareils. Il a déposé une série de documents sur la table de l’Assemblée. Pour sa part, le Premier ministre a donné la garantie que « safety of Air Mauritius operations is the highest priority of the company » et a annoncé que des enquêtes sont en cours est que des sanctions seront prises contre ceux trouvés coupables.
Alan Ganoo avait demandé au Premier ministre d’obtenir auprès de l’aviation civile des informations indiquant, sur les trois dernières années, le nombre d’incidents de sécurité rapportés et de “near misses” enregistrés en précisant si des enquêtes ont été effectuées. Il devait également demander si le poste de directeur de l’aviation civile est vacant et quand ce poste sera rempli.
Navin Ramgoolam a insisté sur le fait que la sécurité des opérations d’Air Mauritius est une des principales priorités de la compagnie. La direction de la compagnie a toute l’autorité voulue pour gérer les risques, dit-il. Il a expliqué que des méthodes systématiques ont été établies pour identifier les risques, établir les priorités et par la suite procéder à l’élimination de ces risques et dangers qui représentent des menaces potentielles. Les critères de sécurité mis en pratique par la compagnie sont conformes à ceux recommandés par l’Organisation internationale de l’aviation civile (ICAO). Ce programme de reporting permet d’assurer qu’un niveau élevé de sûreté soit maintenu tout le temps. Ce qui, selon le Premier ministre, est reconnu au niveau international. C’est ce qui permet à Air Mauritius de jouir d’une bonne réputation internationale. La dernière vérification en matière de sécurité, à travers le département d’aviation civile de l’ICAO, a été effectuée en juillet 2012. Air Mauritius en tant que compagnie a été auditée bar l’International Air Transport Association (IATA) en septembre 2012 et a ainsi obtenu un “IATA Operation Safety Audit Certificate”. Les pilotes sont évalués tout les six mois et doivent suivre une formation permanente très sévère. Le Premier ministre a indiqué que les techniciens d’Air Mauritius sont de niveau international et suivent des cours de recyclage tous les 18 à 24 mois. Par ailleurs, Air Mauritius avait demandé l’année dernière à Lufthansa Consulting d’effectuer une revue de ses opérations. Cela faisait partie des efforts visant à rehausser le niveau de sécurité de ses opérations. « Pas une fois un appareil d’Air Mauritius s’est vu refuser l’autorisation d’atterrir pour des raison de sécurité ou de “Air Worthiness” », dit le PM. Un système de Safety management a été introduit l’année dernière, a-t-il ajouté.
D’autre part, le Premier ministre a indiqué que le 15 juin 2010, un “near miss” a été enregistré entre un A 340 et un ATR 72. Le pilote de l’Airbus a aperçu un appareil sur son radar et pris les mesures correctives pour dévier. Une enquête a été effectuée et les contrôleurs aériens ont été interrogés. Le rapport de l’aviation civile n’a pas indiqué de cas d’indiscipline.
Le Premier ministre a indiqué que trois incidents impliquant les appareils d’air Mauritius ont été enregistrés depuis novembre dernier. Le premier a eu lieu à Johannesbourg le 8 novembre 2012 et des deux autres impliquant des ATR ont eu lieu au début de l’année à Rodrigues. Les enquêtes sur l’incident de Johannesbourg sont terminées et un rapport sera soumis bientôt. Les enquêtes se poursuivent sur les deux autres incidents.
S’agissant du poste de directeur, le PM a indiqué que celui-ci sera vacant le 12 juillet.
Le leader de l’Opposition a demandé au Premier ministre si concernant l’incident de Johannesburg, il est au courant que le pilote a poursuivi sa route à travers une tempête alors que les appareils qui l’ont précédé ont tous dévié vers d’autres aéroports et s’il est au courant que les réserves de carburant était en dessous de la normale requise. Il a aussi demandé si le Premier ministre est au courant que les réparations des dommages enregistrés ont coûté quelque Rs 60 M à Air Mauritius. Il a demandé si tenant en compte le traumatisme causé aux passagers et l’étendue des dommages causés, une enquête a été effectuée. Le Premier ministre a expliqué que l’incident a été rapporté aux autorités sud-africaines. Selon ses renseignements, le pilote de l’avion a eu des discussions avec les contrôleurs aériens sud-africains et c’est lorsqu’il a obtenu le feu vert qu’il a procédé à l’atterrissage. Le Premier ministre a indiqué qu’au moment de l’atterrissage, il y avait eu une accalmie et que le temps s’était amélioré. Une enquête a été effectuée et un rapport sera soumis.
Alan Ganoo est revenu à la charge pour rappeler que l’avion est resté sur place durant six semaines nécessitant des dépenses de Rs 60 M. Il a demandé au Premier ministre s’il est au courant que des pièces de seconde main ont été utilisées avec les risques que cela comporte. Navin Ramgoolam a répondu que toutes les pièces de rechange utilisées par Air Mauritius sont certifiées et sont en conformité avec l’European Aviation Safety Agency et la Federal Aviation Agency des États-Unis.
S’agissant de l’atterrissage d’un ATR enregistré en janvier 2012, Alan Ganoo a observé que l’appareil avait effectué un nose landing gear et que l’incident n’a pas été rapporté. L’appareil, dit-il, a effectué 66 vols par la suite, malgré le fait que le représentant de l’ATR avait demandé sa mise en quarantaine en attendant qu’il ne soit examiné. Air Mauritius aurait, selon le leader de l’Opposition, expliqué que l’appareil ne pouvait être mis en quarantaine en raison de la haute saison. Le Premier ministre a expliqué pour sa part que l’ATR n’est pas aussi sophistiqué qu’un Airbus et qu’après examen les techniciens d’Air Mauritius ont trouvé que l’appareil pouvait continuer à opérer et qu’il avait effectué 27 vols. Le Premier ministre a insisté sur le fait que la sécurité est une priorité pour Air Mauritius
Le leader de l’Opposition est revenu à la charge pour le deuxième avion ATR et a demandé la raison pour laquelle l’enquête prenait autant de temps. Le Premier ministre a insisté sur le fait que l’enquête se poursuit et que dans l’éventualité où le rapport démontre qu’il y a des coupables, des sanctions seront prises.
À une question de Pravind Jugnauth concernant l’autonomie de l’Aviation civile, le Premier ministre a indiqué que le gouvernement s’achemine dans cette voie. Joe Lesjongard est revenu sur les pièces de rechange de seconde main et le PM a répété que toutes les compagnies du monde s’assurent que les pièces de rechange sont certifiées par les agences européennes et américaines. Mahen Jugroo s’est intéressé au nombre de pilotes étrangers et mauriciens. Le PM n’a pas donné le nombre mais a souligné qu’il y a effectivement des pilotes mauriciens et étrangers affectés à Air Mauritius. Steve Obeegadoo est aussi intervenu.
Alan Ganoo a ensuite déposé une série de documents sur la table de l’Assemblée en précisant que son intention n’était pas de dénigrer Air Mauritius mais de s’assurer de la sécurité de passagers en général.
Les débats sur ce dossier délicat d’Air Mauritius se sont déroulés en présence des cadres d’Air Mauritius dont son directeur M. Viljoen.