Immedia et Ledikasyon Pu Travayer (LPT) ont réuni la presse hier en vue d’annoncer la traduction du poème d’Alain Fanchon Ti Bato Papye en 46 langues, afin de lui donner une dimension internationale. Par ailleurs, ce projet coïncidera avec les 46 ans d’indépendance de l’île Maurice.
Quelques mois de cela, Immedia et LPT lançaient un appel pour la traduction de Ti Bato Papye, le poème d’Alain Fanchon publié en 1989. « Nous avons pu traduire le texte en 30 langues. Beaucoup de personnes ont répondu à notre appel. Nous sommes émerveillés par cet enthousiasme », a soutenu Alain Ah-Vee, président du LPT. La traduction du poème en anglais par Lindsey Collen et celle en français par Émmanuel Richon ont été retenues. Le poème a également été traduit en espagnol, hollandais, entre autres… Toutefois, l’objectif est de le traduire en 46 langues. Ce projet vise à donner une dimension internationale à Ti Bato Papye et d’apporter une reconnaissance à la langue créole. « La langue créole n’a pas de reconnaissance officielle. Par exemple, on ne parle pas le créole au parlement. À travers ce projet, nous voulons rétablir la vraie place du créole car parfois, nous avons honte de parler le créole dans certains lieux », a fait observer Alain Ah-Vee.
« Il n’y a pas de texte littéraire. Par exemple, nous n’avons pas de journal en créole. Tout se fait soit en anglais soit en français. Nous ne sommes pas habitués à l’écriture créole. Avec ce poème, nous voulons promouvoir la langue créole. On ne devrait pas avoir de complexe par rapport à notre langue maternelle », a fait ressortir le président de LPT.
Immedia et LPT souhaitent publier la traduction du poème en mars prochain. Ils lancent un appel en ce sens aux Mauriciens qui enseignent le bhojpuri, le mandarin, le tamil, le télégou, le marathi, le gujrathi, l’urdu pour une traduction. Vous pouvez contacter Alain Ah-Vee au lptmail@intnet.mu et Immedia à immedia@intnet.mu.
L’auteur de Ti Bato Papye, Alain Fauchon, a pour sa part confié qu’il ne s’attendait pas à ce qu son oeuvre prenne une telle dimension. « Je n’aurais jamais songé que mon poème aurait droit à une traduction en 46 langues. C’est une fierté pour l’île Maurice aussi. Notre langue côtoiera d’autres langues ». Il est d’avis que la traduction de son poème relancera l’intérêt des personnes.