Le vice–Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, a annoncé ce matin l’introduction d’un nouveau plan de financement d’achat d’équipement pour les entreprises d’exportation à travers des opérations de crédit-bail. Il est désormais possible pour ces entreprises d’obtenir un financement en dollars américains et en euros pour l’acquisition d’équipement, et ce à des taux nettement inférieurs à celui pratiqué pour un financement en roupies mauriciennes. Par ailleurs, commentant la publication, lundi, du rapport Manraj sur les « Errors, Omissions and Anomalies » du rapport du Pay Research Bureau, le Grand argentier, tout en se disant « très heureux » des propositions salariales qui ont été faites surtout pour certaines catégories-clés d’employés de la fonction publique, a fait comprendre qu’avec l’application de ces recommandations salariales « le public est en droit d’exiger en retour un meilleur service » du secteur public.
La décision de revoir certains aspects du plan de financement des projets de modernisation d’équipement par le truchement du crédit-bail (Leasing Equipment Modernization Scheme) fait suite à une réunion entre le ministère des Finances et des représentants d’entreprises du secteur d’exportation. Sous le plan de financement (LEMS), un montant d’environ Rs 1,4 milliard a été décaissé sur les trois dernières années. Le taux d’intérêt applicable sur les opérations en roupie est de 7,25%. Les parties concernées par le développement du secteur d’exportation avaient estimé qu’il fallait donner un coup de fouet au LEMS afin d’inciter les entreprises à investir davantage dans la modernisation de leur équipement. « Il faut encourager l’investissement dans les outils de production. L’année dernière, l’investissement dans les machines et équipement a représenté 25% de l’investissement total. Dans le cas des entreprises d’exportation, cet investissement s’est élevé à Rs 1,1 milliard en 2012. Pour soutenir les unités d’exportation dans leurs efforts de renouvellement d’équipement, nous avons revu les facilités du LEMS », a déclaré XLD.
A travers une ligne de crédits en devises qui sera mise à la disposition des sociétés de crédit-bail, celles-ci pourront effectuer des financements en dollars et en euros à des taux d’intérêt annuels fixes bien en dessous de celui frappant les opérations en roupies : soit 2,9% pour le dollar et 2,75% pour l’euro. XLD a indiqué que ce nouveau plan de financement sera beaucoup plus attrayant pour les entreprises d’exportation et celles qui en auront recours pourront mieux gérer les risques en devises du fait que leurs recettes d’exportation sont déjà libellées en devises. XLD est d’avis que ces nouvelles dispositions aideront les entreprises à améliorer leur productivité et leur efficience.
Le ministère des Finances, a-t-il annoncé, puisera des fonds en devises dont dispose le gouvernement pour alimenter la ligne de crédits aux sociétés de crédit-bail. Le Grand argentier a annoncé qu’un montant représentant l’équivalent d’un milliard de roupies sera disponible pour une période de six mois. La situation sera revue par la suite au cas où les entrepreneurs décideraient de ne pas recourir à la nouvelle formule de financement.
Les co-présidents du comité de gestion du LEMS, Raj Ringadoo de la State Investment Corporation et Raj Makoond du Joint Economic Council, ont annoncé que des demandes de financement en devises pour un montant totalisant Rs 300 millions sont actuellement en suspens et que les entreprises d’exportation ont montré un grand intérêt pour le nouveau plan. « J’espère que cela donnera un coup de pouce aux entreprises », a déclaré XLD. Ce dernier a ajouté que les entreprises des secteurs des TIC (Technologies de l’information et de la communication) et du port franc seront éligibles pour des opérations de crédit-bail en devises.
Recommandations salariales
Commentant, dans la première partie de son intervention, les recommandations salariales contenues dans le rapport Manraj, XLD a déclaré que des propositions conséquentes ont été faites pour « récompenser » certaines catégories-clés de la fonction publique, à savoir les infirmiers, les enseignants, les policiers et les laboureurs ou general workers. Ces catégories d’employés représentent environ 35 000 personnes sur un total de 77 000 et ce sont eux qui, dans la majeure partie des cas, font l’interface avec le grand public. « Il est important que ces gens soient bien rémunérés et qu’ils soient en mesure de vivre une vie décente. Dans certains cas, l’augmentation moyenne proposée dépasse les 33%. Je suis très heureux pour ces personnes et leurs familles », a dit XLD en faisant ressortir que ces recommandations salariales ont été faites malgré le contexte économique difficile, surtout avec la récession en Europe, notre principal marché d’exportation de biens et services.
Le rapport du PRB et celui de Dev Manraj sur les EOA vont coûter environ Rs 5,6 milliards, les corrections apportées par le rapport Manraj représentant un peu plus de Rs 1 milliard. « L’application des recommandations salariales représentait Rs 4 300 par tête d’habitant ou environ Rs 9 000 par tête de salarié des secteurs privé et public confondus. C’est le contribuable qui aura à faire les frais de ces recommandations salariales. Par rapport aux dépenses courantes du budget 2012, les recommandations salariales des rapports PRB et Manraj représenteraient une hausse de 7,3% des dépenses. Le public devra en conséquence avoir droit à des services appropriés. Le consommateur est en droit d’exiger en retour un meilleur service public », a soutenu XLD qui s’est dit convaincu que le secteur public peut offrir un service plus efficace. « Cette compensation salariale exige un quantum leap, une amélioration radicale du service public, a ajouté le vice-Premier ministre et des Finances.
En réponse à une question, XLD a déclaré qu’il est probable que le déficit budgétaire projeté pour 2013 dépasse les 2%. A une autre question concernant les critiques contenues dans le rapport du Public Accounts Committee (rapport déposé hier), le Grand argentier a indiqué qu’il a donné rendez-vous aux membres du PAC pour passer en revue la situation.