Le projet d’Indian Oil (Mauritius) d’aménager une station d’essence à Pointe-aux-Canonniers a été porté devant l’Environment and Land Use Appeal Tribunal (ELUAT) par cinq habitants de cette localité du littoral nord. Ils ont logé un appel dans lequel ils ont demandé audit tribunal d’émettre un ordre d’injonction contre les promoteurs leur enjoignant de stopper les travaux sur le site.
Ces travaux leur causent un grand préjudice et les empêchent de mener une vie paisible, soutiennent ces cinq habitants. Pas plus tard qu’hier en fin d’après-midi et en début de soirée le Dr Ben Veeraragoo nous a indiqué qu’il a dû solliciter l’intervention de la police.
Ce spécialiste en pollution sonore a été surpris par le son, vers 17 h 30, d’une pompe en marche. Lorsqu’il a constaté les faits, il a noté que des ouvriers travaillant sur le site du projet pompaient l’eau qui s’y trouvait à la suite des fouilles effectuées. Il s’agissait en fait de l’eau souterraine de la mer. Qui plus est, nous dit le Dr Veeraragoo, les travailleurs auraient percé un trou dans le mur d’un terrain voisin dont l’occupant n’était pas sur place pour déverser l’eau. Mandée sur place, la police a pris les ouvriers en flagrant délit de se débarrasser de waste water sans respecter les lois environnementales.
Moins d’une heure après, soit vers 19 h, le médecin a dû avoir recours une nouvelle fois à la police, parce qu’un camion était sur les lieux et faisait un boucan dépassant la norme autorisée en déversant du béton destiné à couler les dalles. Le sergent de police de Pointe-aux-Canonniers est venu cette fois-ci en personne. Comme l’autorise l’Environment Act au chapitre des Noise Regulations, le bruit ne doit pas dépasser 55 décibels dans une zone résidentielle entre 18 et 22 heures et après, la barre est de 50 décibels.
Pour revenir à l’appel logé, la Chairperson n’a pas émis l’ordre recherché. A la place, elle a convoqué les parties, c’est-à-dire les plaignants, la défenderesse Indian Oil et le conseil de district de Rivière-du-Rempart, qui a été assigné comme tierce partie, pour le 22 avril prochain. Cette affaire, qui a été logée le 27 décembre 2013, a été appelée mardi 18 mars.
Les plaignants, qui sont Sohunlall Moothoor, Nancy Albissier, (Dr) Vinayagum Ben Veeraragoo, Roger Babet et Brigitte Wally, notent que les travaux progressent vite, alors que ce projet soulève bien des interrogations de par la vitesse avec laquelle les promoteurs ont obtenu les permis pour aller de l’avant.
Dans l’affidavit qu’il a juré au nom des plaignants et en son nom personnel, le Dr Ben Veeraragoo, qui a versé le document au dossier de la plainte devant l’ELUAT, affirme notamment que « as neighbours of a proposed filling station situated at Royal Road, Pointe-aux-Canonniers, Applicants deemed it fit to object to the said application as same will be against the law and cause us immense prejudice ».
Il convient de faire ressortir que c’est depuis l’année dernière que les voisins contestataires ont soulevé des protestations auprès de l’administration régionale. Dans une lettre adressée à Sohunlall Moothoor, un employé du département Head Planning and Land Use, agissant au nom du Chief Executive, lui a fait savoir le 10 janvier 2014 que son objection n’a pas été retenue par le conseil à sa réunion tenue le 27 décembre 2013. Cette objection avait été formulée dans une lettre datée du 28 septembre 2013.
Le Dr Veeraragoo fait mention de ces éléments dans son affidavit. Il ajoute que les plaignants déplorent que le conseil de district n’ait pas cru bon de leur donner, à lui et à ses amis, l’occasion de s’expliquer sur des points qu’il estime importants. Il considère qu’il y a un « arguable case » devant le tribunal sur les points qu’il juge saillants, que sont : a) outbreak of fire incident — petroleum products being extremely inflammable ; b) road safety, the proposed oulet being close to a around about ; c) noise pollution due to vehicles transiting and to air compressor ; d) spillage of petroleum products ; et e) negative impact on health due to noise and odour from petroleum products. De plus, il voudrait que le tribunal ordonne qu’une visite du site soit effectuée ce qui permettrait aux plaignants d’ajouter un point dans le procès principal qu’ils ont logé et qui se lit ainsi : « The soil condition provoked by the erection of a tank on site would increase corrosion of the tank and eventual spillage of petroleum products into the neighbourhood environment and would also damage Appelant’s properties. »