Lors de sa 7e manifestation à Pointe-aux-Piments hier, la Platform Sov Nou Laplaz a alerté les habitants de la localité des dangers qui guettent la plage publique. Les orateurs, dont Georges Ah Yan, ont dénoncé des « tentatives d’accaparement » d’une partie de la plage par l’hôtel Oberoi.
« Nous avons appris que l’hôtel Oberoi envisage l’agrandissement de son établissement. Pour se faire, il espère s’accaparer une partie de la plage de Coden, à Pointe-aux-Piments », soutient Georges Ah Yan. Le porte-parole du Forum Citoyen Libre (FCL) et animateur de la Platform Sov Nou Laplaz (PSNL) s’est lancé dans une campagne de dénonciation menée sur toute l’île depuis l’année dernière. Objectif de ce regroupement d’activistes, écologistes et travailleurs sociaux : alerter l’opinion publique des dangers qui guettent nos plages.
La PSNL a tenu hier sa 7e manifestation. Toutefois, il n’étaient qu’une dizaine à participer à la marche de dénonciation ayant débuté devant l’aquarium de Pointe-aux-Piments en direction du débarcadère avant de revenir devant la supérette Royal Market, en face de la plage. Lors de son intervention, Georges Ah Yan est revenu sur le projet de ce groupe hôtelier, qui risque, dit-il, « une fois de plus de provoquer le rétrécissement » de la plage. Bien que la plage de Coden, situé entre les hôtels Victoria et Oberoi, ne soient pas très populaire, l’intervenant a indiqué qu’elle est néanmoins très fréquentée par les habitants de la localité. Apprenant, selon lui, qu’une demande de permis aurait été introduite auprès de la Beach Authority (BA), la PSNL compte bien faire bloc contre ce projet hôtelier. Selon M. Ah Yan, l’hôtel Oberoi espérerait acquérir cette partie de la plage publique en vue d’y organiser des réceptions et cérémonies de mariage pour les touristes. « Nanie pankor konkretize. Akoz samem nou bisin mobilize », soutient ce dernier avant de rappeler que le projet représente un « danger imminent » pour la santé de cette plage. Et de concéder : « Nou bisin rekonet nou faibles. Nou ena tandans pou dir “Pa nou problem sa, pa nou komba sa, ena lot dimounn ki pou laguer pou nou”. Alor ki se mobilization ki importan », affirme Georges Ah Yan, fustigeant le laxisme et le manque d’intérêt des Mauriciens envers cette cause environnementale et citoyenne.
Le porte-parole du FCL est également revenu sur les craintes du ministère de l’environnement, qui avait soutenu que le réchauffement climatique provoquerait la disparition des plages. « Bien que se soit une réalité, ce n’est pas une raison pour que le gouvernement cède toutes nos plages à des particuliers », dit-il, avant de rappeler que la BA devrait favoriser le développement et la sauvegarde de la plage.