Des membres du Collectif Bien-être de Pointe-aux-Sables reviennent pour la énième fois avec leurs revendications

Ils reviennent pour la énième fois avec leurs revendications. Le Collectif Bien-Être de Pointe-aux-Sables, regroupant des habitants de l’endroit ainsi que des membres d’autres associations – dont la Morcellement Rey Welfare Association, le Neighbourhood Watch Petit Verger, le Neighbourhood Watch Morc Rey, le Mouvement Social de Débarcadère et la Plateforme Citoyenne –, a une fois de plus exprimé son ras-le-bol au sujet des usines polluantes à La Tour Koenig posant problème aux habitants de la localité. Lors d’une conférence de presse jeudi à Port-Louis, les habitants menacent de descendre dans la rue « si le gouvernement continue à faire la sourde oreille ». 

« Malgré toutes nos doléances, toutes les lettres envoyées aux autorités concernées, rien n’a été fait. Pourtant, nos revendications sont légitimes et elles sont les mêmes depuis le début de notre engagement à cette cause », affirme Gila Peeroo, présidente du Collectif Bien-Être de Pointe-aux-Sables. Les protestants réclament l’installation d’une Air Monitoring Unit dans la zone industrielle, notamment à des endroits stratégiques, pour un suivi permanent de la qualité de l’air. Ils demandent aussi que le ministère de l’Environnement fasse des “site visits” régulières et impromptues chez les 21 opérateurs afin de s’assurer du respect strict des conditions imposées par ce même ministère dans les EIAs et PERs et, enfin, que Landscope Mauritius cesse de donner des “leases” à des usines qui ne respectent pas les normes “eco-friendly” et qui pratiquent des activités polluantes. « À ce jour, nous n’arrivons pas à comprendre par quel tour de passe-passe une concasseuse, une fonderie, des usines de galvanisation et des usines de textile sont sorties d’industries lourdes pour être aujourd’hui des usines non-polluantes », dit-on.

Le Collectif Bien-Être de Pointe-aux-Sables déplore par ailleurs le fait que Landscope Mauritius Ltd ait converti 200 arpents, 683 000 m2 de terrain, auparavant sous culture de la canne, en zone industrielle. « Sur le Site Web de Landscope, il est écrit que cette zone accueillera des “environment-friendly and non polluting industries” avec un espace vert ainsi qu’une station de pompage et de réticulation des eaux usées. Or, ce n’est pas du tout le cas. Nous suffoquons par la pollution de l’air des usines lourdes et polluantes. Celles qui nous affectent directement sont notamment une fonderie, dont nous réclamons la fermeture depuis maintenant plus d’une année et qui ne respectait aucune des dix conditions qui nous sont parvenues et qui ont été rectifiées après nos doléances. La fonderie, par qui cette cause contre la pollution a commencé, pollue toujours. Il y a aussi quatre usines de textile, une concasseuse, deux fabriques en métallurgie et d’autres qui affectent les habitants de Petite-Rivière », soutient Gila Peeroo. Et d’ajouter qu’aucun espace vert n’existe et qu’aucune zone tampon n’a été calculée entre la zone industrielle et la zone résidentielle. « Une rue sépare les deux zones et un endroit dit La Tourelle, et un mur sépare l’usine CMT et les habitations », dit-elle.

D’autre part, le Collectif Bien-Être de Pointe-aux-Sables veut savoir combien de riverains ont obtenu un emploi dans les industries, à La Tour Koenig, comme le prétend Landscope Mauritius sur son Site Web. « Le site mentionne aussi une contribution de ces industriels à hauteur de Rs 6,8 milliards et la création directe de 7 000 emplois. Un argument avancé pour le développement de cette zone industrielle est pour créer de l’emploi pour les habitants de Pointe-aux-Sables », précise la présidente.

La construction d’une nouvelle usine, malgré leurs nombreuses doléances, inquiète les habitants. « Ce sera une usine qui importera, stockera et distribuera des produits chimiques pour le textile, solvants organiques, fertilisants, pesticides, fongicides et résines de plastique. Elle fera aussi le mélange de produits NPK et la dilution de produits chimiques. Nous connaissons tous les dangers associés au stockage de ce genre de produits ainsi que la chaîne de production. Une simple négligence peut déclencher un désastre. D’autant plus qu’un côté du périmètre du site de l’usine n’est qu’à moins de 30m d’une maison », déplore Gila Peeroo.

Elle devait aussi rappeler que le comité du Collectif a eu une réunion le 22 janvier dernier avec Landscope Mauritius Ltd et que la construction de la nouvelle usine avait été évoquée. Une deuxième réunion était prévue fin mars dernier, mais elle n’a jamais eu lieu. La semaine dernière, le Collectif a envoyé un nouveau courriel et a souligné l’urgence d’une réunion. Les habitants de Pointe-aux-Sables sont catégoriques. « La nouvelle usine doit être relocalisée », disent-ils.

Gila Peeroo soutient que les habitants voulaient descendre dans les rues depuis le début de leur lutte. Toutefois, le Collectif leur a fait entendre raison et leur a demandé d’attendre pour voir si les autorités concernées réagissent. « Malheureusement, avec l’indifférence des autorités, nous ne pouvons plus contenir les habitants. Nous avons envisagé de descendre dans les rues pour faire entendre notre voix », dit-elle.