Insatisfait du rapport du ministère de l’Environnement qui avait attribué la mort des poissons à l’estuaire Terre-Rouge aux déchets de porc, le syndicat des pêcheurs a commandité une contre-analyse dans un laboratoire privé. Le résultat confirme la présence de coliformes, mais relève également des substances chimiques. Selon un biochimiste, l’eau à cet endroit était « heavily polluted », ce qui aurait entraîné la mort des poissons.
L’eau prélevée à l’estuaire Terre-Rouge a été analysée dans un laboratoire privé entre le 26 juin et le 12 juillet. Toutefois, le laboratoire s’est contenté de donner un rapport technique, basé sur des chiffres, aux pêcheurs. Ces derniers ont alors fait appel à Thomesswarr Beeharry, ex-Senior Scientific Officer dans un corps para-public pour en donner son interprétation. Dans une déclaration au Mauricien, l’expert dont le travail consistait à analyser la qualité de l’eau est catégorique : « Il y a des produits externes, de nature chimique, qui ont pollué l’eau. »
Le rapport d’analyse note que le Chemical Oxygen Demand (COD) est évalué à 29. Pour Thomesswarr Beeharry, il est clair qu’il y a une présence chimique dans l’eau. Parmi les produits relevés dans le rapport, citons du savon et du détergent, du sulphate, de l’huile et de la graisse, entre autres. De même, le Biological Oxygen Demand (BOD) est évalué à 11. Selon l’expert, pour que l’eau de rivière puisse soutenir la vie, le COD doit être à zéro. « À ce moment-là, il y a 7 à 8 % d’oxygène dans l’eau. Avec un COD à 11 les espèces vivantes sont asphyxiées. »
De même, le rapport attribue la conductivité de l’eau à 935. « Une eau de rivière ne doit pas dépasser 100. L’interprétation que je donne c’est qu’une eau manipulée a été déversée à cet endroit. » Pour confirmer cette position, le biochimiste souligne que même les anguilles et les cabots ont été tués alors qu’ils sont réputés pour être très résistants.
Réagissant à ce rapport, Judex Rampaul, président du Syndicat des pêcheurs, se dit inquiet, car aucune mesure n’a été prise pour protéger le public de cette région. Il regrette également que le ministère de la Pêche n’ait pas rendu son rapport d’analyse public à ce jour. « Nous avions une réunion au ministère hier et nous espérions avoir plus de détails, mais les officiers se sont alignés sur le rapport du ministère de l’Environnement. »
Des milliers de poissons morts avaient été découverts dans le bassin de la rivière Terre-Rouge il y a plus d’un mois. Les pêcheurs regrettent qu’à ce jour, on ne sache toujours pas qui est responsable de cette situation.