Placé sous le signe de la créativité, de l’originalité et de la convivialité, le Festival du Goût est une première à Maurice. L’idée revient au Tamarina Boutique Hôtel qui à travers cette démarche veut donner l’occasion aux fins gourmets ainsi qu’aux amoureux de la cuisine française à mieux apprécier le goût en bouche de chaque plat. Le coup d’envoi sera donné ce jeudi au restaurant Le Dix-Neuf par le Chef Florent Boivin, élu meilleur ouvrier de France 2011 et Manolito Grosset, Cluster Exécutif Chef du Pôle Loisirs de Médine.
Tout part d’une rencontre entre le Chef mauricien Manolito Grosset et Florent Boivin à l’Institut Paul Bocuse en France. Entre ces deux Chefs naît une amitié complice pour la cuisine et pour la discipline que requiert un tel métier. Manolito Grosset proposera même cette année à la direction de Loisirs de Médine d’innover à travers une escapade culinaire de choix qui pourrait plaire à la fois aux Mauriciens, aux étrangers et expatriés. La formule élaborée tournerait autour d’un Festival du Goût.
Florent Boivin qui est à sa deuxième visite à Maurice parle, lui, de cette passion culinaire que lui ont transmis sa mère, sa grand-mère et son arrière-grand-mère. « J’ai eu la chance de grandir sur une ferme et de découvrir les produits du terroir. J’ai su très tôt que je voulais être cuisinier. Ma particularité de cuisine est que tout est basé sur la recherche du contemporain et du moderne. Je prends des produits classiques je les déstructure de manière à ce qu’au final il y ait toujours de la nouveauté dans les assiettes. » Florent Boivin souligne qu’en France, il existe des produits de saison, alors qu’à Maurice, une des choses qui le fascine est les épices. « C’est une nouvelle approche de la faculté de goût qu’on peut y relever. C’est coloré, piquant, il y a des effluves, du mordant. Les épices, c’est tout un univers de saveurs. » Rien que de jouer sur cette note, le Chef Boivin se sent transporté. Cela le ramène à ses propres souvenirs, où il avait obtenu son premier emploi au restaurant de Jacques Decoret à Vichy. Ce qu’il a appris repose sur la rigueur, le respect des produits et les techniques de base.
Sens en éveil
Chef de cuisine, Formateur à l’Institut Paul Bocuse et Consultant & Conseiller Culinaire pour sa société FB MOF Conseil, Florent Boivin veut à travers le Festival de goût initier les Mauriciens à « ce luxe du plaisir qui réside dans l’appréciation d’un plat. Le concept est simple, il faut élaborer la carte, jouer sur l’art de la présentation. Une vraie réussite commence par le premier coup d’oeil dans l’assiette, de la manière dont le set-up est fait. Ensuite, vient la mise en bouche. Pour que cette réussite soit complète, tout repose sur la vision du Chef. » Chef Florent Boivin est dans sa bulle. Sa démarche première réside dans la recherche de nos légumes pour en faire un cocktail aromatique, savoureux qui saurait flatter le palais tout en faisant prendre conscience que ces produits sont issus de notre terroir. Tout en avouant au passage que son péché mignon reste un poulet rôti accompagné d’une purée de pomme de terre. « On reste fidèle à la tradition, à l’endroit où on est né. Mais, en cuisine, on se doit d’avoir une approche différente, voire tactile. » Ce Chef de talent a eu la chance de voyager à travers le monde afin de promouvoir la cuisine française en Chine, en Afrique du Sud, à Singapour. Inventif dans son approche, il dit qu’un de ses secrets de base est de jouer avec les différents ingrédients jusqu’à l’obtention d’une nouvelle saveur. « En cuisine, on se doit de surprendre la clientèle. Il faut que tous les sens soient mis en éveil. Moi, je privilégie la mise en bouche. » À cela, le Chef Manolito Grosset réplique : « Il faut que les plats transportent les gens et on souhaite à travers ce Festival du Goût favoriser un échange olfactif également. Une autre de mes missions est de transformer le Pôle loisirs de Médine en un comptoir de saveurs. »