Les choses se sont compliquées entre la police et la société chinoise ZTE Corporation concernant le contrat d’installation de 304 caméras de surveillance à Beau-Bassin/Rose-Hill et une partie de Quatre-Bornes. Vu son incapacité de répondre aux caractéristiques techniques du projet, après avoir remporté l’appel d’offres pour la somme de Rs 159 millions en 2013, les Casernes centrales ont résilié son contrat sur la base de non-respect des conditions stipulées dans le document d’appel d’offres. La société chinoise, citée dans des controverses en Afrique, risque en même temps d’être « black listed » par le Procurement Policy Office (PPO).
Cette affaire, qui fait d’ailleurs l’objet d’une enquête de l’Independent Commission against Corruption (ICAC), qui avait fait une descente des lieux aux Casernes centrales en août 2014, embarasse plus d’un au Casernes centrales. Car la façon dont certains auraient « handle » laisse entrevoir d’autres complications au-delà de la décision du Management de rompre le contrat de ZTE. Cette décision est intervenue une dizaine de mois après une première mise en garde de la police invitant la société chinoise, cotée en Bourse de Hong Kong, de s’assurer que « all the hardware, software and accessories are in compliance with the technical requirements of the Bidding Documents ». Cette correspondance faisait suite aux résultats du Factory Acceptance Test (FAT) obtenus lors d’une visite d’une équipe de la Police Communication Branch en Chine en janvier 2014. Plus d’une soixantaine de critères, sur quelque 85 points, ne correspondaient aux spécifications initiales.
Selon nos sources aux Casernes centrales, la situation avait atteint un « point de non-retour » en raison, dit-on, de l’incapacité de la compagnie, qui fournit pourtant des radios à la police, de respecter ses engagements. « This Office without prejudice to any other remedy for breach of Contract is rescinding your contract with the MPF for theBeau Bassin, Rose-Hill and Extension of Quatre-Bornes CCTV Street Surveillance project as provided in paragrapgh 35.5 (a) (i) Termination of the General Consitions of the contract », écrit le DCP DCP Seerungen dans une lettre adressée à la direction de ZTE Corporation, dont le bureau se trouve à Ébène.
Les détails de cette lettre indiquent clairement que la compagnie, qui avait décroché ce contrat de Rs 159 millions, n’avait pu respecter ses engagements en matière de « Testing and Quality Assurance Requirements » ainsi que par rapport aux conditions du contrat. « Moreso, according to the contract, the project should have been  completed by May 2014 and it is the view of this Office that the delay so caused has been mainly due to your lack of understanding of the contract document (…) Consequently, your performance security amounting to Rs 11,146,305.04 will be forfeited and the adance payment amounting to Rs 33,348,915.13 will be retrieved through you bank quarantee  », précise le document.
Avec la résiliation de son contrat, la situation de ZTE risque de se compliquer avec les commentaires peu élogieux à son égard formulés dans le dernier rapport de l’Audit : « It could not be ascertained whether the Contractor had the capacity to implement the project and whether the evidences provided for past experience depict a true picture of his technical knowhow. » La Police Communication Branch fustige d’ailleurs ZTE, soutenant que « it was found that most of the equipment was ‘non-compliance’ although the Bidder had specified ‘compliance’ in its bidding documents ».
Pour clarifier les nombreux manquements notés dans l’exécution du contrat, ceux concernés aux Casernes centrales devaient également signaler au département de l’Audit que « though  bidders  usually  provide  well documented evidence to show proof of their competency, the successful implementation of a particular project cannot be assessed in these documents. The PPO may advise on the way forward to assess the proof of their competency ».
Nos sources au quartier général de la police indiquent par ailleurs que la situation de la société chinoise est sérieusement compromise en vertu des dispositions de la Public Procurement Act 2006, sous la section « Disqualification of bidders and suppliers ». Car le directeur de l’Audit a formellement recommandé à la police d’informer le Procurement Policy Office (PPO) de ce cas : « The non-performance of the Contractor should be reported to the Procurement Policy Office. All the information relating to the contract should be submitted, as well as reasons for its termination to enable the latter to take appropriate measures, such as disqualification of the bidder. »