Ils sont plus d’une vingtaine d’anciens policiers affectés au garage de la police. Ce département, épinglé dans les récents rapports de l’Audit et du Public Accounts Committee (PAC), engloutit littéralement des millions « à cause d’une ingérence politique, survenue avec le changement de régime, en 2005, qui a favorisé largement, entre autres, Iframac », soutiennent ces ex-mécaniciens, tôliers et autres éléments ayant appartenu à cette unité et qui ont été redéployés, suivant la fermeture du garage, tel que préconisé par le gouvernement de Navin Ramgoolam, à son arrivée au pouvoir, en 2005.
Ces anciens cadres du garage de la police souhaitent « que le département soit relancé », comme avant 2005. « On peut le rentabiliser et, ainsi, freiner ces dépenses astronomiques qui nous donnent une “bad image” dans le public. » L’essentiel de la vingtaine d’officiers, formés aux métiers de la mécanique, en carrosserie, en peinture et autres éléments ayant trait à l’entretien et la réparation des véhicules de la force policière – a été, depuis 2005, « “redeployed” dans différentes unités de la police », expliquent nos interlocuteurs. « Beaucoup sont devenus des chauffeurs au sein de la force par exemple. Et bien entendu, ils sont frustrés, car ils ont investi leur temps pour apprendre un métier. Puis est venu un Premier ministre qui a décidé que le département dans lequel ils travaillaient devait fermer. »
La force policière compte, à ce jour, environ 500 véhicules. « Avant 2005, expliquent nos interlocuteurs, quand il était question par exemple d’acheter des “spare parts”, on suivait la procédure : demandes de cotations aux différents prestataires et sélection de celui qui pratique le prix le plus abordable. Or, quand est venue la décision de Navin Ramgoolam de fermer le garage de la police, l’essentiel des travaux dont s’acquittait ce département a été pris en charge par des agences du privé. » Et, font ressortir nos interlocuteurs, « qui dit agence, dit surtout prix multipliés par 10 », avant d’ajouter : « C’est comme cela qu’on s’est retrouvés avec des pièces de rechange qui valent, sur le marché, Rs 500 et qui sont, au final, facturés à Rs 5 000 à la police ! » Les années passant, retiennent encore ces anciens mécaniciens et autres éléments du garage de la police, « le gouffre financier se creusait ». Selon eux, « les rapports de l’Audit et du PAC dénonçaient ces abus, mais aucune solution n’était trouvée, car c’est le même régime politique qui régnait ».
Or, avec le changement, depuis décembre 2014, et dans le sillage des nouveaux rapports de l’Audit et du PAC, ces anciens employés de ce département souhaitent que l’actuel gouvernement trouve une solution. « Une partie de la réponse est de rouvrir le garage. Nous avons en effet toujours une main-d’oeuvre qualifiée et formée pour s’en occuper. On peut aussi recruter et créer de l’emploi. » Nos interlocuteurs sont aussi d’avis que « pour ce qui est des véhicules neufs, on suit la procédure : leur “servicing” doit être fait » dans les agences respectives. « Mais pour ce qui est des anciens véhicules, quand ils requièrent une intervention mécanique, au lieu de les bloquer pendant une semaine, et ainsi handicaper les policiers dans les postes et autres unités, qu’on les envoie au garage pour que le nécessaire soit fait ! » Dans cette optique, concluent nos interlocuteurs, « on arrivera aussi à casser ce monopole de certaines agences qui se sont taillé la part du lion ces dernières années ! ».