Comme publié dans notre édition d’hier après-midi, le Chef Inspecteur Hector Tuyau a avancé qu’il a subi des pressions à la suite de sa plainte déposée au greffe de la Cour suprême vendredi. Il a hier fait une déclaration contre le Commissaire de Police Dhun Iswur Rampersad. Ses hommes de loi en appellent au soutien des syndicalistes mauriciens et des instances internationales du travail.
Situation peu commune au sein de la force policière : un haut gradé de la police portant plainte contre le Commissaire de Police en son nom personnel. Le chef inspecteur Hector Tuyau a fait une déclaration hier après-midi au poste de police de Pope Henessy à Port-Louis contre le Commissaire de Police Dhun Iswur Rampersad. Ce dernier, par le biais du DCP Appadoo (NdlR : supérieur hiérarchique du CI Tuyau), a demandé des explications en écrit sur son action en Cour contre lui et l’État.
Le CI nous a confié hier qu’il n’a commis aucun « breach of conduct » en réclamant un droit qu’il pense être universel. Son avocat Me Rama Valayden trouve cela révoltant que le CP agisse ainsi alors que tous les citoyens ont le droit de porter plainte s’ils se sentent lésés dans leurs droits, à moins d’être déclaré « vexatious litigant » sous une demande de l’Attorney General.
La plainte en question veut défendre la thèse de l’anticonstitutionnalité de l’article 17 de la Police Act. La législation veut que les membres de la force policière n’aient pas le droit de se syndiquer. La question devant les juges qui devront trancher dans cette affaire sera : le droit de se syndiquer est-il un droit universel ?
L’article 13 (1) de la Constitution s’inspire de la déclaration universelle des droits de l’Homme proclamée le 10 décembre 1948. Le préambule de la déclaration universelle des droits de l’Homme prévoit des droits égaux « à tous les membres de la famille humaine ». Ce sera toutefois à la Cour suprême d’en découdre. Mes Rama Valayden, Neelkanth Dulloo et Kaviraj Bokhoree (avoué) entendent bien prouver ce point.
S’agissant des « pressions » exercées sur le CI Tuyau, Me Valayden veut rallier les syndicalistes mauriciens et les instances internationales du travail à la cause du CI Tuyau et du sergent Boojhawon. Dans les couloirs des Casernes centrales, beaucoup de policiers, tapis dans le silence, attendent la décision de la haute hiérarchie du judiciaire avec impatience. « Mo dan la polis depi 27 an… Si desizion la kour siprem dan nou faver pou enn gran pa pou nou ek sirtou pou bann nouvo », nous confie un officier bientôt à la retraite.
À noter que contrairement aux policiers, les pompiers et les gardes-chiourmes ont le droit de se syndiquer selon l’Employment Relations Act 2008. Les policiers attendent toujours leur tour.