Alors que l’investigation sur le meurtre et l’agression sexuelle de la Sud-Africaine Lara Rijs, 34 ans, également de nationalité néerlandaise, devait entamer un tournant crucial, un développement est intervenu, hier après-midi. Une opération de « ras lanket » a été exécutée aux dépens des limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT), menés par l’assistant surintendant Dieudonné Gérard. Sur ordre du commissaire de police, Karl Mario Nobin, la MCIT a été dessaisie de ce dossier, qui a été confié aux enquêteurs de Grand-Baie, le vigile Saib Meerhossen, 55 ans, étant le meurtrier présumé de cette ressortissante étrangère.
En effet, cette décision a été communiquée Viva Voce aux membres de la MCIT hier après-midi. D’aucuns s’interrogent si ce développement serait la conséquence de l’entrée en scène de Me Ravi Rutnah, membre de la majorité gouvernementale, en tant que conseil légal du meurtrier présumé. Toutefois, les allégations de brutalité policière sur le dénommé Meerhossen n’auraient pas été confirmées lors d’une double expertise médicale, soit par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, et par le médecin du ministère de la Santé. À la MCIT, on parvient difficilement à comprendre ce transfert d’enquête à ce stade crucial.
C’est désormais la CID de Grand-Baie qui est chargée de faire la lumière sur le viol et le meurtre de la Sud-africaine Lara Rijs alors que la MCIT s’est retirée du dossier sur instructions des Casernes centrales. C’est dans le Nord que le suspect Saib Meerhossen devra poursuivre son interrogatoire sous la supervision du Divisional Commander de la Northern Division, l’ACP Rajcoomar Seebah. Tous les dossiers, y compris les résultats des tests scientifiques, seront ainsi remis à la CID de Grand-Baie à des fins d’enquête. D’ailleurs, une réunion a eu lieu mardi entre les principaux enquêteurs pour discuter de l’orientation de l’investigation.
Aux Casernes centrales, aucune source n’a voulu commenter la décision d’attribuer l’enquête à la CID au lieu de la MCIT. Selon un haut gradé, les allégations du vigile Saib Meerhossen concernant des actes de brutalité policière contre la MCIT auraient fait pencher la balance, alors même que le crime non résolu de l’Irlandaise Michaela Harte demeure un boulet accroché aux pieds de cette unité policière.
Lara Rijs, 34 ans, qui travaillait comme Operation Manager dans une compagnie privée à Maurice, a été retrouvée morte dans son appartement à Pereybère le 14 août dernier. La veille, elle avait participé à une fête bien arrosée avec des amis et c’est en état d’ébriété qu’elle avait été raccompagnée. Le vigile Saib Meerhossen l’avait accompagnée dans sa chambre pour la mettre au lit. Sauf que la Sud-africaine a été violée et a eu la gorge tranchée. Les soupçons se sont immédiatement portés sur le quinquagénaire, qui n’était pas à son poste pendant plus d’une heure dimanche soir. Sans compter que des traces de sang ont été découvertes sur ses chaussures et les vêtements qu’il portait le jour du crime.
Inculpé sous une charge provisoire d’assassinat, Saib Meerhossen nie les faits qui lui sont reprochés et avance avoir été victime de brutalité policière. Il a retenu les services de Me Ravi Rutnah, qui a accepté de le défendre gratuitement. Entre-temps, les proches de Lara Rijs sont à Maurice et attendent toujours le feu vert des autorités pour aller de l’avant avec les funérailles de la victime.