Le secrétaire de la Police Federation, le sergent Jaylall Boojhawon, avance qu’un syndicat de la police « sera bientôt une réalité ». C’était lors d’un point de presse au siège de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), à Port-Louis, hier après-midi. Cette question, dit-il, sera soulevée à l’Assemblée nationale lors de la rentrée parlementaire en septembre.
Faisant un historique des démarches entreprises pour la création d’un tel syndicat, le sergent Boojhawon a rappelé que lors des élections de la Police Federation en 2011, il avait promis qu’il saisirait la Cour suprême pour contester la constitutionnalité de l’article 17 de la Police Act interdisant toute création d’un syndicat. « La Cour a été saisie le 21 septembre 2012 et depuis j’ai fait pas mal de démarches, dont une demande aux partis politiques d’inclure cet item dans leurs manifestes électoraux lors des dernières élections générales ». Et de faire ressortir que l’Alliance Lepep s’était engagée dans ce sens alors que la défunte alliance PTr-MMM « n’avait même pas assisté à la réunion de la Police Federation ». Soutenant avoir été « moralement torturé et harcelé » dans cette lutte pour la création d’un syndicat de policiers, le sergent Boojhawon s’est demandé « ce qui serait arrivé » si l’Alliance Lepep n’avait pas remporté les dernières élections générales.
« J’ai confiance en sir Anerood Jugnauth, qui tiendra sa promesse », a-t-il déclaré. Des discussions ont déjà eu lieu avec le Bureau du Premier ministre (PMO), y compris concernant le droit de grève. « Nous sommes d’accord sur cette question. Nous estimons que la police offre un service essentiel et il n’est pas nécessaire de se mettre en grève pour améliorer les conditions de travail des policiers. Nous avons déjà accompli pas mal de choses en faveur des policiers sous tutelle de la Police Federation ». Le sergent Boojhawon en a profité pour dénoncer un syndicaliste de la Fonction publique qui, soutient-il, essaye de diviser les policiers en marge de la création de ce syndicat. « Je dis à ce syndicaliste qu’il n’a pas le droit moral de prendre la paternité de cette lutte que nous menons depuis des années. Nous voulons un seul syndicat pour les policiers, fort et puissant. Nous n’avons pas besoin d’une personne externe pour s’immiscer dans notre combat ».