• Le Head of SADC Electoral Observation Mission plaide pour un solide processus réglementaire

Après les vidéos ‘gate’ et ‘télenovelas’, place aux théories de “censure politique” qui fleurissent actuellement sur Facebook. Face à la disparition de leurs publications ou à la suspension de leurs comptes, des membres du réseau social crient au complot, insinuant bien souvent une requête du gouvernement sortant grâce à l’aide des Israéliens. “Impossible de partager ce contenu car ce lien enfreint les standards de la communauté.” C’est le message qu’ont reçu certains internautes. Le site d’information ION News indiquait, vendredi soir, avoir fait l’objet d’une telle sanction.

Serait-ce une tentative de museler des internautes en cette période de campagne électorale? Concrètement, la censure politique menée ici entraîne la disparition pure et simple des publications du fil d’actualité ou des commentaires Facebook des abonnés. Après le blocage, il y a un mois, du compte d’Hassenjee Ruhomally, connu pour la teneur de ses publications sur les réseaux sociaux contre des membres du pouvoir, d’autres citoyens lambda ont vu leurs comptes piratés ou leurs publications disparaître. Ces suppressions répétées ont largement été commentées sur la toile. Et là, des gens se sont plaints que Facebook a plutôt tendance à supprimer le contenu des internautes ayant critiqué le gouvernement sortant.

En outre, certains administrateurs des pages Facebook des partis de l’opposition ont découvert avec stupeur la chute libre du nombre de vues de leurs publications, dont certaines parvenaient jusqu’ici à inonder des milliers de fans. D’autres membres du réseau social affirment, capture d’écran à l’appui, n’avoir pu partager des liens de sites d’information, tous mettant en avant le message d’erreur “Impossible de partager ce contenu car ce lien enfreint les standards de la communauté.” Selon un expert en informatique, “la publication, l’image ou la vidéo en question a certainement été signalée en masse à Facebook. Facile, me diriez-vous? Il ne s’agit pas réellement d’un bannissement mais plutôt d’une interdiction de poster, commenter, chatter et envoyer des messages privés pendant une durée de 24h puis 72h, si vous récidivez. La personne ne pourra pas, non plus, pendant ce laps de temps, partager des liens sur son profil mais également sur toutes les pages ou groupes qui aiment. »

ION News a, elle, été victime du piratage de son site. Les pirates ont œuvré en insérant du code malveillant qui redirige les visiteurs vers des programmes malveillants. Notre expert informatique nous confi e que les pirates peuvent également attirer les visiteurs vers les redirections malveillantes au moyen d’e-mails de spam. Ces messages peuvent être extrêmement simples comme… “Bonjour.” Le compte de la responsable de communication du MMM, Daniella Bastien, a carrément été piraté au cours de la semaine écoulée. Week-End a sollicité l’avis du Head of SADC Electoral Observation Mission et ancien ministre des Affaires étrangères du Zimbabwe, le Sibusiso Moyo, actuellement à Maurice : “J’ai été informé par certaines sources de cette campagne inédite et houleuse sur les réseaux sociaux. Ne soyons pas dupes, c’est le cas dans le monde entier, mais je lance un appel au futur gouvernement mauricien pour qu’il promulgue un solide processus réglementaire des réseaux sociaux sans priver le citoyen de ses droits.”