Navin Ramgoolam, leader du PTr, a affirmé hier que c’est l’alliance PTr-MMM qui disposait des compétences nécessaires en vue d’assurer une croissance économique toujours plus conséquente, seule capable de garantir un meilleur avenir pour les Mauriciens en général. Critiquant à cet effet les « promesses démagogiques » du camp opposé, il s’est employé à expliquer qu’il est facile de promettre monts et merveilles « quand l’on est dans l’opposition et que l’on est sûrs de perdre les élections ».
Navin Ramgoolam insiste sur ce qu’il juge être la « différence » des thèmes abordés lors des congrès régionaux PTr-MMM durant lesquels Paul Bérenger et lui interviennent par rapport à ce qui se dit dans le camp adverse. « Nous insistons, argue-t-il, sur notre projet de société qui s’inspire du thème de l’unité et de la modernité. Notre ambition et de faire que le pays passe à une nouvelle étape de son développement ».
Il insiste à ce stade sur les « gros défis » à l’horizon. Comme à Bois Chéri vendredi, le chef du gouvernement explique que l’Europe, le principal marché d’exportation de Maurice, fait encore face à des difficultés économiques. « Durant deux trimestres consécutifs, souligne-t-il, l’Allemagne, réputée être le moteur de la zone euro, a enregistré une baisse de croissance. Les derniers chiffres indiquent aussi une baisse conséquente de la croissance chinoise. Les choses ne sont pas meilleures pour le Japon ».
Soulignant l’interdépendance économique des États dans un monde désormais globalisé, le Premier ministre explique que des difficultés économiques ailleurs, et particulièrement dans la zone euro, ont automatiquement des répercussions sur Maurice. C’est alors que Navin Ramgoolam évoque la nécessité que tout un « peuple uni » soutienne un « gouvernement fort » en vue d’une croissance économique toujours plus conséquente.
Le chef de file des travaillistes, qui affirme que, contrairement au camp opposé, l’alliance PTr-MMM veut rassembler les Mauriciens pour assurer une meilleure chance au pays et ainsi garantir un meilleur avenir pour les Mauriciens en général et les jeunes en particulier. Il va même jusqu’à fixer pour objectif le doublement de la croissance pour le porter à 6%. « Nous avons les compétences nécessaires à cette fin », assure Navin Ramgoolam.
Ce n’est qu’ainsi, explique le leader du PTr, que le pays sera en mesure de générer le nombre d’emplois nécessaires et qui conviennent aux jeunes et aux femmes, et particulièrement aux jeunes diplômés. « Il faut non seulement consolider l’économie, mais aussi créer de nouveaux piliers de développement ». Et le chef du PTr de citer les « grandes perspectives » qu’offre par exemple, dit-il, l’industrie océanique « pour lequel le travail a déjà démarré ».
« Vishnu le magicien »
Le leader des rouges associe à ce souci déclaré de l’alliance PTr-MMM d’accorder l’attention nécessaire au développement économique à la poursuite d’une politique pour toujours plus de justice sociale et de solidarité envers les plus démunis de la société. « C’est l’essence même du combat tant du PTr que du MMM. Nos deux partis n’ont à cet effet aucune leçon à recevoir de ceux nés au pouvoir ! »
S’en prenant à ce stade au camp opposé pour ses « promesses démagogiques », le leader du PTr trouve qu’il est « facile » de faire toutes sortes de promesses quand on est dans l’opposition et que l’on est surtout « sûrs de perdre les élections ». Il rappelle, une fois encore à ce chapitre, la promesse d’une hausse salariale de 15% faite à l’ensemble des salariés par sir Anerood Jugnauth, alors Premier ministre, à la veille des élections de 1995.
Qualifiant ironiquement Vishnu Lutchmeenaraidoo, candidat de l’Alliance Lepep aux Finances, de « magicien », Navin Ramgoolam trouve qu’il ne reste plus à ce dernier que de promettre « de l’essence et une berline en cadeau à chaque Mauricien ».
Navin Ramgoolam évoque d’autre part l’engagement du PTr-MMM à « renforcer les institutions » en vue, notamment celles luttant contre la fraude et la corruption. Il laisse entendre à ce sujet qu’il a déjà eu l’occasion de s’entretenir avec des responsables du Serious Fraud Office britannique lors de sa visite à Londres.
Dans un souci de parer à tout « jeu d’influences », le leader du PTr laisse entendre que la responsabilité de la nouvelle institution chargée de mieux combattre la fraude et la corruption que le PTr-MMM envisage de mettre sur pied pourrait bien être confiée à de telles personnes venant de l’étranger « who mean business ». Navin Ramgoolam enchaîne, dans le même ordre d’idées, avec l’enquête en cours sur les courses hippiques confiée à trois enquêteurs britanniques.