La séance du jour de la National Energy Commission, présidée par Dev Manraj, Senior Adviser au Prime Minister’s Office, pourrait marquer un tournant au sujet de la pertinence du projet de centrale thermique de CT Power de 100 MW à Pointe-aux-Caves, Albion. Il se confirme qu’une majorité se dégage au sein de cette instance en vue de remettre en question les hypothèses de croissance dans la consommation d’énergie électrique utilisées par le Central Electricity Board (CEB) pour justifier son programme d’investissements de Rs 18 milliards, dont principalement la centrale d’Albion au coût variant entre Rs 6 milliards et Rs 8 milliards. Les discussions se poursuivent au niveau du Working Group, placé sous la présidence du Dr Arjoon Sudhoo du Mauritius Research Council (MRC), avec l’audition des experts du CEB sur le plan technique de l’Integrated Energy Plan 2013/2022.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès des sources concordantes au sein de la commission Manraj indiquent que le sous-comité Sudhoo attend d’être convaincu quant à l’apport et l’importance de la centrale thermique de CT Power en vue de satisfaire la demande en énergie du pays dans les années à venir. La thèse avancée par les militants anti-charbon, réunis au sein de la Platform pu Lenerzi Renouvelab, est que les données retenues par le CEB sont relativement « On the High Side » et qu’il y a lieu de revoir ces analyses.
Toute la question devra être débattue devant le Working Group Sudhoo la semaine prochaine avec le management technique du DEB convoqué pour des explications avant que la recommandation officielle de l’éventuel gel du projet de CT Power ne soit transmise à la commission Manraj dans un délai de deux semaines.
La contestation des analyses de la croissance du CEB n’émane pas que des membres de l’ex-Platform Citoyen. Le Pr Toolseeram Ramjeeawon de l’université de Maurice a également attiré l’attention de la National Energy Commission. Dans une communication officielle adressée à tous les membres de la commission, il s’appesantit sur « whether the electricity demand projection by the CEB is adequate or not ? »
Poursuivant ses observations suite à la présentation par le CEB de l’Integrated Energy Plan 2013/2022, le Pr Ramjeeawon note que « inacurrate forecasts could lead to either a shortage situation (too fewer power plants built) or surplus situation (too many power plants built). Each has significant economic ramifications. The key features of the CEB methodology used to forecast demand are that demand projections are primarily based on GDP growth forecasts, including a secondary source of information comprising consumption for customer classes. Are there other robust demand forecasting models ».
Le représentant de l’université de Maurice siégeant au sein de la commission Manraj se fait partisan d’une remise en question des méthodes d’analyses du CEB tout en concédant que « though a formidable task user surveys and data gathering and analysis are likely to be a much better investment than mistakenly building unneeded power plants ».
Dans le cadre des délibérations de la National Energy Commission, le Pr Ramjeawon se pose une série de questions, en l’occurrence « what should be the optimal reserve capacity margin of the CEB ? What is the life cycle cost of different electricity generation technologies ? What is the environmental/health cost of different electricity generation technologies ? How much renewable electricity can the grid accept in the present infrastructure ? And what is the cost of upgrading the infrastructure to enable more renewable electricity penetration ? »
D’autre part, dans une correspondance officielle de la National Energy Commission aux représentants de la Platform Anti-Charbon, la priorité à être accordée au respect de la clause 15 de l’EIA Licence accordée à CT Power est mise en exergue même si cette instance ne détient qu’un Advisory Role. « The NEC has an advisory role and, as such, cannot directly order the Ministry of Energy and Public Utilities and the CEB to stop on-going project discussions already initiated in consultation with other ministries/departments. However, as per its mandate given by Government to advise on major projects, the Commission is investigating the feasibility of CT Power. In that regard, the Commission has advised Government on the need for the promoter to satisfy clause 15 of the EIA license first, prior to proceeding further. Government has therefore asked that the promoter satisfies clause 15, along with other key clauses, prior to proceeding further », souligne le secrétaire de la commission.
Par ailleurs, la NEC a imposé une série de conditions à être observées par le CEB dans ses Dealings avec les promoteurs de CT Power, principalement « abstain from entering into any formal agreement with CT Power until the NEC has submitted its recommendations on CT Power to Government. The NEC will submit its recommendations by mid-May so as to give the public and civil society the opportunity to fully and effectively contribute their views and suggestions to the NEC’s final recommendations ».
Les consultations entre le CEB et CT Power doivent se concentrer sur les 31 conditions imposées dans le cadre de l’EIA Licence et informer la commission Manraj de la teneur des discussions et des résultats obtenus.