La confrontation entre le front anti-charbon, se regroupant au sein de la Platform pou Lenerzi Renouvlab, et le Central Electricity Board, amorcera jeudi une nouvelle étape avec la seconde partie de la présentation de l’Integrated Energy Plan 2013/2022 à l’agenda de la National Energy Commission, présidée par Dev Manraj, Senior Adviser au Prime Minister’s Office. Les représentants de la Platform pou Lenerzi Renouvlab, qui comprend des animateurs de la Platform Sitwayen et de Rezistans & Alternativ, comptent soumettre une demande formelle pour que les négociations entre les promoteurs de CT Power et les autorités, dont le CEB et les ministères des Services publics et de l’Environnement, soient stoppées pendant la durée des délibérations de la Commission Manraj. Cette prise de position des plus catégoriques devra être confirmée lors d’une séance de travail des différentes composantes de la plateforme anti-charbon de cet après-midi.
« Les discussions entre CT Power et le CEB, confirmées la semaine dernière dans des documents déposés par les promoteurs de la centrale thermique à charbon de 100 MW à Albion devant la NEC (National Energy Commission), sont inacceptables. Tout comme le CEB veut mettre le pays devant un fait accompli avec cette centrale à charbon, CT Power veut lui emboîter le pas avec ces négociations se déroulant derrière les rideaux. Nous exigerons qu’un terme soit mis à ces contacts entre CT Power et les autorités, qu’elles soient le CEB ou encore les ministères des Services publics et de l’Environnement », fait-on comprendre dans des milieux de la Platform pou Lenerzi Renouvlab.
« Nous trouvons étrange que le CEB n’a daigné faire état de ces discussions avec CT Power lors de la première partie de la présentation du plan intégré de l’électricité de la semaine dernière. Nous nous interrogeons au sujet de cette démarche alors que le gouvernement a institué la NEC pour revoir tous les projets majeurs dans le secteur de l’énergie. Devrons-nous rappeler que lors de la réunion de jeudi dernier, le président de la NEC s’est appesanti sur le fait que le CEB n’est pas un État dans un État. Avec ces négociations, le CEB et CT Power ont fait la démonstration de leur agenda spécifique au détriment de l’intérêt public et croient qu’ils ne sont redevables à aucune autre autorité », poursuivent des animateurs de la plateforme anti-charbon.
Les indications sont que la prochaine réunion de la commission Manraj pourrait se dérouler dans une ambiance de haute tension avec les “anti-charbon” déterminés à arracher une décision de la National Energy Commission à l’effet qu’un arrêt de ces discussions intervienne le temps des délibérations de cette instance. « We demand that CT Power be immediately condemned by the NEC and the government for its shocking disregard to the health of the population as well as its shameful disrespect of our institutions », peut-on lire dans un document officiel à être déposé devant la NEC pour appuyer la demande.
Les relations entre les membres de la plateforme anti-charbon et le CEB de même que CT Power ont connu une nette détérioration depuis la fin de la semaine dernière avec la soumission de toute une série de documentation sur le projet de construction de la centrale thermique de 100 MW à Pointe-aux-Caves, Albion. Ces documents comprennent un calendrier de travail, annonçant des séances de travail avec les responsables du CEB du 18 au 20 février pour la reprise des opérations de même la nomination à la mi-mars des contracteurs pour le démarrage des travaux sur le chantier, et des consultations avec des officiels des Services publics et de l’Environnement vers la même période. L’objectif déclaré de CT Power est de renégocier tous les accords avec les autorités au plus tard à la fin du mois d’avril et les travaux sur le chantier de Pointe-aux-Caves, nécessitant des investissements de Rs 8 milliards, en juillet prochain.