Les relations incestueuses entre le Central Electricity Board et la CT Power (Mauritius) Limited, entité incorporée pour la mise à exécution du projet de centrale thermique à charbon de 100 MW à Pointe-aux-Caves, ont été effleurées lors de la dernière réunion de la National Energy Commission (NEC), présidée par Dev Manraj. Lors des prochaines réunions, des membres de la NEC ont signifié leur intention de revenir à la charge avec des preuves irréfutables de conflict of interests au terme du Prevention of Corruption Act (POCA) dans les procédures adoptées pour la concrétisation de cet unsolicited bid. Par ailleurs, les 25 familles propriétaires fonciers affectés par le projet de centrale thermique dénoncent le fait que la mise en place d’une Buffer Zone et d’une Exclusion Zone portent encore préjudice à leur patrimoine foncier sans aucune compensation pour cet aspect.
Le lièvre a été soulevé par le syndicaliste Rashid Imrith, siégeant au sein de la Commission Manraj en tant que représentant du Kolektif pu Lenerzi Renouvelab (KLR) à la réunion de jeudi dernier. Il s’est appesanti sur les risques potentiels de conflit d’intérêts pesant sur le CEB, un organisme parapublic, en partenariat avec les promoteurs de CT Power au point où la présence des officiels du CEB sur la NEC a fait l’objet de sérieuses réserves.
Dans ses explications, Rashid Imrith a réitéré le fait que le CEB, par le truchement de sa filiale CEB Investment, détient 26% des actions au sein de CT Power (Mauritius) et que trois top management officials du CEB siègent sur le conseil d’administration de cette dernière entité. Le risque de conflit d’intérêts se pose au niveau de l’élaboration de l’Integrated Energy Plan 2013-2022 par le CEB, qui inclut le projet de centrale de CT Power, avec des investissements variant entre Rs 6 milliards et Rs 8 milliards, présenté comme « l’urgence des urgences » à partir de 2015.
La pertinence de cet aspect frisant le délit de conflit d’intérêts sera approfondie lors des délibérations de la Commission Manraj au chapitre des données et des hypothèses d’offre et de la demande d’énergie électrique pour les dix prochaines années. À ce titre, la Demand Supply Matrix d’électricité pour cette période est révélatrice à plus d’un titre avec une montée en puissance prévue des Independent Power Producers (IPPs) au détriment de la capacité du CEB.
Ainsi, en 2012, sur une capacité globale de 570 MW, les Independent Power Producers étaient à hauteur de 177 MW et le CEB à 393. D’ici à l’année prochaine, aucun changement majeur ne devra intervenir dans cette répartition de la capacité avec les IPPs toujours à 177 MW et le CEB à 388 MW.
Le paysage de génération thermique subira les premières transformations à partir de 2016, avec le retrait des turbines Pielstick d’une capacité de 25 MW de la centrale thermique de St Louis, justifiant simultanément l’entrée en fonction des premiers 50 MW de CT Power à Albion, passant à 100 MW l’année suivante. Dans ses prévisions pour la même période, le CEB anticipe le démarrage de deux autres centrales de 50 MW chacune.
Même si à partir de 2017, les 12 MW de la centrale thermique de CEL seront phased out, le poids des IPPs gagnera en intensité et en capacité pour se retrouver at par avec le CEB en période de récolte sucrière, soit 365 MW pour les IPPs et 363 MW pour le CEB sur un total de 728 MW. Ce même Matrix du CEB mise sur un Peak Power Forecast variant entre 461 MW et 574 MW de 2013 à 2022. Le CEB garde une marge de 50 MW, soit la capacité équivalente d’une centrale thermique, au titre des Breakdowns, et de 60 MW pour les opérations de Schedule Maintenance des centrales.