Lors de sa conférence de presse, samedi dernier, qui lui avait permis de reprendre la parole, exceptionnellement, comme leader du Parti travailliste et Premier ministre sortant pour commenter le jugement favorable à Maurice du Tribunal d’Arbitrage de la Mer, le Premier ministre sortant, Navin Ramgoolam, avait également profité pour revendiquer la paternité de trois avancées récentes selon lui « très positives pour le pays ». Il s’agit de l’installation d’une Cour internationale d’arbitration à Maurice, de l’acquisition du bateau-patrouilleur, Le Barracuda, par l’Etat pour la surveillance de notre zone maritime et, enfin, de la ligne de crédits de Rs 500  M obtenue de l’Inde.
Selon l’ancien Premier ministre, la Cour d’arbitration internationale avait été son initiative, il y a deux ans de cela, et le projet y relatif avait pu être concrétisé grâce à la précieuse contribution d’un avocat mauricien, Me. Salim Moollan, qui exerce à Londres et auprès de plusieurs institutions des Nations unies. Cet avocat, que Navin Ramgoolam dit être un ami personnel, avait mis son savoir-faire et ses contacts au service du pays. Pour Navin Ramgoolam, « la cour d’arbitration sera d’un atout majeur qui va dorénavant placer Maurice à un autre niveau mondial. Me. Moollan a ainsi aidé à la rédaction d’une loi par le State Law Office qui renforce la protection des investissements étrangers. Non seulement cette cour d’arbitration internationale permet à Maurice de dépasser son cadre insulaire, mais elle va désormais protéger les investisseurs étrangers contre tout jeu d’influence, notamment celui des politiques ».
Toujours selon le Premier ministre sortant, « la loi qui encadre la cour d’arbitration est très moderne et beaucoup d’autres pays de la région chercheraient à la copier, mais sans véritablement beaucoup de succès ». L’ancien Premier ministre a affirmé que « la Cour d’arbitration internationale entraînera dans son sillage de nombreux emplois, surtout pour de jeunes professionnels qui voudront rentrer au pays ».
« Le Barracuda sera très important »
Pour ce qui du bateau-patrouilleur Le Barracuda, Navin Ramgoolam avait ironisé en observant que « certains voudraient maintenant faire accroire que sont acquisition s’est faite en deux semaines ». C’est moi, a-t-il soutenu, « qui avait négocié avec l’Inde et j’avais insisté pour qu’il soit équipé d’armes afin de pouvoir combattre la piraterie et la pêche illégale dans notre zone maritime. Avec le jugement du Tribunal d’arbitrage de la mer qui a ouvert en grand la porte des Chagos, ce bateau-patrouilleur sera très important », avait-il ajouté.
Le Premier ministre sortant avait également soutenu avoir réclamé et obtenu de l’Inde, que Le Barracuda soit doté d’un hélicoptère et d’une grue pouvant lui permettre d’intervenir plus rapidement et plus efficacement en cas d’accident en mer, y compris en cas de crashs d’avion. « La République de Maurice n’aura plus besoin ainsi de faire appel à la Réunion ou l’Afrique du Sud comme ce fut le cas lors de la catastrophe survenue en 1987 à l’avion de la South African Airways pas très loin de nos côtes ». C’est aussi à son insistance, ajoute-t-il, que des officiers navals indiens qualifiés seront affectés sur le bateau-patrouilleur avec pour mission, entre autres, d’aider à former du personnel mauricien destiné à assurer la relève.  
Enfin, d’après l’ancien Premier ministre, la ligne de crédit de Rs 500 M accordée à Maurice avait été acquise de l’Inde avant même que la ministre Swaraj ne vienne à Maurice durant la campagne électorale. La convention pour l’accorder avait été, ensuite, finalisée lors de la visite du Premier ministre Naraindra Modi dans le cadre des festivités de l’anniversaire de l’Indépendance.