La menace d’une grève de protestation d’un jour dans l’industrie du transport en commun, affectant l’économie samedi, soit à la veille du coup d’envoi de la campagne pour les prochaines élections générales, sera au menu des discussions entre le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le leader du MMM, Paul Bérenger, aujourd’hui. Dans la matinée, il était quelque peu prématuré de s’aventurer sur la formule pour une éventuelle sortie de crise. Mais du côté de l’Union of Industry Workers (UBIW), à qui revient l’initiative de cette menace d’action syndicale, l’on laisse la porte ouverte en vue de trouver ce qui est présenté comme une « reasonable solution » en vue d’avorter tout recours à cette grève. La position du gouvernement, qui se dégagera suite à des discussions au plus haut niveau, devra être connue dès cet après-midi, à la fin de nouvelle rencontre Ramgoolam/Bérenger.
Depuis hier après-midi, à l’annonce de la décision de l’UBIW pour une grève de protestation d’un jour samedi des employés des compagnies d’autobus, les autorités ont passé en revue les divers aspects de la loi du travail régissant les actions syndicales. La principale préoccupation demeure la forme que prendra cette protestation d’un jour, avec certains milieux soutenant qu’en cas de deadlock, il faudra s’attendre à voir ces employés débrayer en prenant avantage de la possibilité de Sick leave samedi pour faire entendre leur voix ou encore les aspects légaux de ce mouvement.
À la mi-journée, très peu d’indications étaient disponibles concernant la décision du gouvernement. Le litige porte principalement sur la demande des employés du transport, à travers l’UBIW, pour que la recommandation du National Remuneration Board (NRB), portant sur la mise en application d’un salaire minimal dans ce secteur, soit appliquée. Cette proposition officielle du NRB, qui remonte à février dernier, n’a pas encore été entérinée par le gouvernement.
L’option de la grève de protestation d’un jour dans le transport en commun avait fait partie de trois options qui étaient sujettes à des discussions lors de la réunion de l’UBIW en début d’après-midi hier. La possibilité d’une grève des bus dimanche prochain n’a pas été retenue au « nom de la liberté d’expression » car une perturbation dans le transport en commun aurait pu avoir des effets sur le déroulement des deux meetings de l’Alliance PTr/MMM et de l’Alliance Lepep, respectivement à Quatre-Bornes et Vacoas.
L’autre option était une action syndicale en jour de semaine. Mais cette éventualité a été rejetée en raison des répercussions sur les élèves de fin de cycle secondaire prenant part à des examens de School Certificate et de Higher School Certificate ou de Certificate of Primary Education. En cas d’absence de solution au litige industriel, l’UBIW prévoit une nouvelle action de grève dans le transport le 2 décembre prochain.
Dans une communication signée d’Imzad Beeharry, président de l’UBIW, Alain Kistnen, secrétaire, et Ashok Subron, négociateur, l’intervention du Premier ministre a été sollicitée. Une copie de la lettre a été adressée au leader du MMM. « We refer to our letter dated 13th August 2014, to which unfortunately we have not received a response, and the continuing growing anger of transport employees of Mauritius, in relation to the non application of the minimal salary as formally recommended by the National Remuneration Board (NRB) on the 24th February 2014. We write to request an urgent meeting with you as Prime Minister to find a reasonable solution to the satisfaction of transport employees and all parties », écrivent les représentants de l’UBIW, qui rappellent que quelque 5 000 employés de compagnies d’autobus sont partie prenante dans cette action syndicale.
« Following this decision, the UBIW had no alternative other than to abide to the decision of transport workers. In this context, transport employees have decided to hold a one day national protest strike of action on Saturday 11th October 2014. The leadership of UBIW is prepared to discuss a reasonable solution before the one day strike should you agree in the name of social justice to meet us in this context », ajoutent-ils. Mais en début de matinée, aucun contact n’avait été établi entre les représentants du gouvernement et les dirigeants de l’UBIW.
Des développements sont annoncés en cours d’après-midi…