Réunissant la presse samedi dernier, c’est un Paul Bérenger lucide face aux raisons de la débâcle de l’Alliance PTr/MMM qui a analysé, dans notre rêve, le vote du mercredi 10 décembre, et parlé de l’avenir de son parti. Tout en confirmant la rupture de l’Alliance PTr/MMM, il a précisé que les mauves et rouges se séparaient « en gentlemen ».
Souhaitant assumer sa part de responsabilité dans l’échec de la défunte Alliance de l’Unité et de la Modernité, Paul Bérenger ne reprendra pas sa place de leader de l’opposition. Il n’a pas, à ce stade, décidé s’il resterait au parlement ou démissionnerait, souhaitant prendre le temps de réfléchir à ce sujet. De même, il a dit réfléchir quant à son avenir en tant que leader du MMM. « Dans les grandes démocraties du monde, il revient au leader d’un parti battu aux élections d’assumer les conséquences d’un échec électoral. Il est donc normal que je laisse la place à quelqu’un d’autre comme leader du MMM. Le parti a besoin d’un renouvellement et d’un rajeunissement, et c’est à l’organisation de cette transition que je vais me consacrer durant les prochains mois », dit-il.
Revenant sur l’échec de l’Alliance PTr/MMM au scrutin du 10 décembre, Paul Bérenger a reconnu que la mayonnaise n’avait jamais pris. « Les militants n’ont jamais accepté une alliance avec un parti qu’ils ont toujours combattu. On pensait que la perspective de m’avoir comme Premier ministre pendant cinq ans, sous le projet de IIe République, serait suffisante pour les convaincre, on s’est trompé. Au contraire, l’idée d’avoir Navin Ramgoolam comme président pendant sept ans, jouissant d’une totale impunité, alors que son second mandat a été marqué par une multitude de scandales de toutes sortes, a été comme un repoussoir ». Quant aux mathématiques électorales évoquées avant le début de la campagne, le leader des Mauves a reconnu qu’elles étaient également une grosse erreur. « En faisant alliance, le MMM et le PTr se sont affaiblis l’un l’autre, cela est clair pour nous maintenant. La base du MMM ne voulait pas de Ramgoolam comme président, celle du PTr ne voulait pas de moi comme Premier ministre ». Faute de pouvoir à partager, et étant de surcroît rejetée par l’électorat, l’Alliance PTr/MMM ne tient plus, d’où la nécessité d’y mettre fin, « mais en gentlemen, sans chercher de bouc-émissaire ». « Il nous sera d’ailleurs nécessaire de collaborer au parlement pour contrer un pouvoir sur-représenté, à cause du système First Past the Post, et qui a d’ailleurs fait élire un certain nombre de députés inexpérimentés, aux compétences discutables – car, il faut le dire, lorsqu’il a choisi ses candidats, SAJ ne s’attendait pas à gagner. Il risque de regretter certains choix ». Fair play, Paul Bérenger souhaite néanmoins bonne chance au gouvernement de l’Alliance Lepep. Interrogé par la presse sur la « main tendue » d’Ivan Collendavelloo aux militants, il a réitéré sa précédente déclaration selon laquelle le MMM avait besoin d’un rajeunissement, sans faire plus de commentaire.
Politique fiction, on vous l’a dit. Mais on l’aimerait bien ce Bérenger-là, plutôt que celui qui semble décider à entraîner son parti dans sa chute, n’est-ce pas ?