Le gouverneur de la Banque centrale, Manou Bheenick, a estimé ce matin que le niveau actuel du “repo rate” est « directement responsable de la baisse du taux d’épargne, de l’excès de liquidités et du déficit budgétaire alarmant ». Il rencontrait la presse à la mi-journée pour commenter la décision du Comité de politique monétaire, qui a maintenu le taux d’intérêt directeur à un niveau de 4,65%. Le gouverneur a observé qu’indépendamment du niveau du taux d’inflation, les mêmes personnes ont voté en faveur du maintien du taux d’inflation qui, à son avis, aurait dû accuser une hausse. Ce qui l’a amené à dire qu’il y a une « divergence structurelle » au sein du Comité de politique monétaire. Par ailleurs, le ministre des Finances Xavier-Luc Duval, qui rencontrait la presse ce matin, s’est dit pour sa part « satisfait » de la décision du MPC. « Dans les circonstances actuelles, j’aurai souhaité qu’il fasse mieux », a-t-il dit.
« Il y a une source d’instabilité qui ronge l’économie, la baisse soutenue du taux d’épargne réel qui continue de se détériorer pour passer de 14,7% à 14,1%. » Il attribue cette baisse au fait que le retour sur dépôts en banque est négatif. Ce qui, selon lui, augmente la vulnérabilité de l’économie à des chocs externes concernant la volatilité des  capitaux. « Pour financer le déficit de notre balance commerciale, on fait appel au financement extérieur. Or, ces finances extérieures vont se renchérir et vont devenir plus difficile à trouver », a-t-il dit. « On ne peut pas dépendre du bon vouloir des étrangers pour combler  le déficit. C’est une des raisons pour lesquelles des membres du MPC voulait augmenter le taux d’intérêt directeur afin de renverser la vapeur et empêcher cette volatilité monétaire. »
Il faut donc à tout prix, selon lui, rehausser le taux d’épargne. Le gouverneur estime par ailleurs que, dans les circonstances actuelles, le taux de croissance potentiel de l’économie et de l’ordre de 4,1%. Une prévision de 5% est, selon lui, « chimérique », à moins qu’il y ait « des réformes structurelles profondes, qui ne relèvent pas des responsabilités » de la MPC.
Le gouverneur de la Banque centrale a souligné l’existence de deux tendances divergentes au sein du comité de politique monétaire, laquelle divergence est « structurelle » et « semble être bien ancrée ». Il a également tiré la sonnette d’alarme contre l’excès de liquidités sur le marché. Les initiatives prises par la Banque centrale n’ont jusqu’ici pas réussi à arriver à bout de ce problème.  Dans le cadre de cette opération, la Banque a « perdu de l’argent ». Ce qui l’amène à dire que la Banque centrale n’aurait bientôt « plus les moyens financiers pour contrer ce problème » et qu’il « faudra avoir recours à d’autres instruments ».