Avec les clameurs des élections générales qui se sont tues, la démission de Navin Ramgoolam en tant que Premier ministre et de son gouvernement demeure la séquence logique aux termes de la Constitution. Aux dernières nouvelles, hier soir, il devait se rendre à la State House ce matin pour un ultime tête-à-tête avec le président de la république, Kailash Purryag, avant de soumettre sa démission. Mais aucune des sources officielles approchées par Le Mauricien n’a voulu s’aventurer pour apporter la confirmation à ce détail susceptible de déclencher les procédures menant à la constitution du nouveau gouvernement de l’Alliance Lepep, dirigé par sir Anerood Jugnauth.
Initialement, le calendrier envisagé était la cérémonie de prestation de serment des nouveaux ministres durant le week-end et une prise de fonctions au niveau de différents ministères dès lundi matin. Mais à hier soir, il était extrêmement difficile de confirmer si le time frame pourrait être respecté.
Un des facteurs qui aurait retardé la formation complète du nouveau gouvernement dans les 24 heures suivant la proclamation officielle des résultats du scrutin, est le fait que les dirigeants de l’Alliance Lepep ont préféré attendre la désignation des Best Losers par la Commission électorale. Depuis le début de soirée d’hier c’est chose faite avec seulement sept des huit députés correctifs désignés officiellement.
Maintenant l’ultime obstacle à franchir est hors de contrôle de l’Alliance Lepep. Navin Ramgoolam doit soumettre officiellement la démission de son gouvernement au président de la République. Subséquemment, Kailash Purryag devra se mettre en contact avec le Premier ministre désigné l’invitant à former son gouvernement. Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès des sources autorisées avançaient que les derniers détails relatifs à la composition du Cabinet et à la répartition des portefeuilles ministériels devront être complétés dans la matinée.
« Nous n’avons aucune idée quand Navin Ramgoolam compter évacuer le Prime Minister’s Office au Treasury Building. Personne ne sait. Mais le plus tôt qu’il dégage les lieux, le mieux ce sera pour la démocratie », faisait-on comprendre au sein de l’Alliance Lepep, dont les dirigeants ont eu hier une première journée de travail post-électorale. Ils ont eu l’occasion de prendre connaissance de l’envergure de la victoire aux élections générales et de dresser une liste de dossiers urgents à traiter dès les premiers jours du nouveau gouvernement.
Dans l’immédiat, après la prestation de serment des ministres, le gouvernement compte s’atteler à la tâche pour l’ouverture de la nouvelle session de l’Assemblée nationale. Des sources soutiennent qu’il n’est pas exclu que cette première séance parlementaire puisse se dérouler avant la fin de cette année. « Il y a une urgence. Le gouvernement doit légiférer pour que le paiement de la compensation salariale payable à partir du 1er janvier soit effectif et ne pas pénaliser les petits salariés », indique-t-on. Pour y arriver, le gouvernement doit mettre les bouchées doubles car il ne reste que quinze jours avant la fin de l’année et qu’il y a encore le Discours Programme à préparer.
En marge de l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, l’Alliance Lepep devrait proposer l’élection de Maya Hanoomanjee au poste de Speaker de l’Assemblée Nationale. Cette Front Liner du MSM a été battue aux élections générales dans la circonscription de Savanne/Rivière-Noire (N° 14). Cette nomination peut être interprétée comme une réponse du berger à la bergère car l’Alliance PTr/MMM caressait l’idée de mettre une femme dans le Speaker’s Chair, en la personne de Françoise Labelle, comme une première dans les annales parlementaires.
D’autre part, le PMSD s’est affirmé sur le plan électoral avec sept élus et a vu ses rangs renforcés par la nomination des députés correctifs. La répartition des postes ministériels devrait refléter cette nouvelle donne sur le plan politique alors que le leader, Xavier-Luc Duval, se penche déjà sur un renforcement des structures de son parti dans les 20 circonscriptions de l’île.
« Avec les élections du 10 décembre, nous avons fait élire sept députés, soit l’un des plus importants résultats depuis les élections de décembre 1976. J’ai fait mes débuts en politique en 1987 et le PMSD avait cinq représentants. Ensuite, il y a eu des hauts et des bas et même un seul député. Mais cette fois-ci cela va être un record après la nomination des Best Losers », déclare Xavier-Luc Duval.
« Il faut se rappeler que le PMSD avait quitté le gouvernement de Navin Ramgoolam sur une question de principe. Nous n’étions pas d’accord avec le projet de IIe République et l’abolition du Best Loser System. Je crois que lorsqu’on agit sur des principes, on est toujours récompensés. Ceci explique cela et je suis extrêmement satisfait des retombés de cette décision. Les résultats sont là », poursuit le leader du PMSD.
Sur le terrain politique, le PMSD affiche ses intentions. « Notre priorité est de renforcer les structures du parti à travers l’île. Avec un plus grand nombre de représentants à l’Assemblée nationale, nous allons assurer une étroite coordination du travail sur le terrain et nous voulons une présence effective dans les 20 circonscriptions », ajoute Xavier-Luc Duval à la veille de l’annonce de la composition du nouveau gouvernement où il assumera le poste de N° 2 et de Premier ministre adjoint.