N’ayons pas peur des mots – l’ennemi public numéro un du développement intellectuel du pays s’appelle l’immobilisme. Les jeunes sont facilement taxés d’être dénués d’opinion, mais le vrai problème c’est l’inertie. Nous avons beau avoir des ailes jeunes de partis politiques, des centres de jeunesse etc mais les jeunes ont-ils vraiment une voix ou de l’influence? Les ailes jeunes des partis politiques dites “mainstream”, ont-elles une visibilité? On assiste depuis peu à la naissance de nouveaux partis politiques avec des membres majoritairement jeunes – Est-ce que l’échange d’idées est promu à travers des débats entre les membres de ces différents partis politiques?
Pourtant les jeunes semblent en général avoir une opinion sur la chose politique, économique et sociétale. Ils participent activement à des discussions sur la toile, notamment via facebook, commentant des sujets d’actualité et débattent sur les colonnes éditoriales en ligne. Mais il manque cruellement une forme de débat structuré, encadré et suffisamment médiatisé pour attirer plus de jeunes et promouvoir l’esprit même du débat et de compétition idéologique / politique.
Soyons francs, le croisement entre l’immobilisme intellectuel et l’inertie ne donnera jamais naissance à des courants d’idées novatrices, si ce n’est révolutionnaires (d’ordre politique ou autre). Il faut promouvoir l’esprit critique et une compétition intellectuelle saine qui, une fois en place, contribueraient à oxygéner la démocratie (les mauvaises langues diraient plutôt “à transformer notre présente médiocratie en une démocratie”).
C’est dans cette optique, et surtout dans le climat actuel de la campagne électorale, que les jeunes penseurs se doivent de quémander le lancement de débats entre les jeunes représentants des partis politiques sur les sujets d’actualité et d’intérêt général ainsi que sur leurs programmes respectifs. Nous avons été longtemps assujettis au traditionnel monologue télévisé des candidats, à la veille des élections, qui est censé servir de principal mode de différenciation entre les candidats politiques pour les électeurs. Cette ‘tradition’ là n’est plus d’actualité.
Si cette pratique démocratique qu’est le débat, tellement banalisée dans d’autres pays, ne semble intéresser les haut-placés des partis politiques ‘mainstream’, il relève du bon sens que de poursuivre une stratégie “bottom-up”et de la vulgariser au niveau des nouveaux partis considérés comme plus petits et surtout constitués de plus de jeunes. On ne peut plus se laisser gangrener par l’immobilisme – l’obstruction de l’évolution démocratique doit devenir une chose appartenant au passé.