Intervenant hier au Centre social Marie Reine de la Paix lors d’une rencontre avec la presse, Jack Bizlall a vivement contesté la décision du Premier ministre Navin Ramgoolam de nommer le leader du PMSD Xavier-Luc Duval au ministère des Finances, après la démission de six ministres MSM. Exemples concrets à l’appui, le syndicaliste a également dénoncé le « dysfonctionnement » de certaines institutions à Maurice et lancé une mise en garde contre une explosion sociale comme en Angleterre.
« Mo ena 65 ans. Si ti confier minister Finans enn ansien Ptr ou enn ansien MMM mo ti a konpran. Sous bolom Ramgoolam, ou sous Sir Anerood Jugnauth ou mem Paul Bérenger, zame sa ti pou arive ki ti pou confier minister Finans du pei a enn PMSD, mo donn mo lamin a koupe », s’est écrié Jack Bizlall, qui s’exprimait au nom du Collectif pour un combat unitaire.
Le syndicaliste a trouvé « ase dramatik ki tir li (Xavier Duval, ndlr) dan enn minister ki get sa bann problem de la sosyete ter a ter kot ena la povrete la plus dur, transfer-li, amenn li minister Finans kot li pou bizin soutenir enn developman en faver bann investisseurs etrangers, bann capitalist international. Mo krwar ki se enn bann ki okenn minis au monde pa finn fer… Dan Moris li permisib ki enn minis fer le kontrer de seki li ti pe fer… e tou dimounn trouve sa korek », a-t-il ajouté.
Jack Bizlall se dit d’autant plus indigné de ce choix de Navin Ramgoolam qu’il considère Xavier Duval comme « l’homme du secteur privé ».
Selon le syndicaliste, d’un parti populiste d’extrême droite, le PMSD est devenu, à la mort de Sir Gaëtan Duval, son ancien leader, un parti de droite. « Me PMSD res enn defanser de zintere du kapitalism maurisien ». La philosophie du PMSD c’est, estime-t-il, « dekonekter le social de l’ekonomi, soutenir lekonomi kapitalis au maximum avek toute sorte de facilités. Leta dezangaz li de la societe, si ou ena cash ou gagne la sante ou ledikasyon. Se sa lideolozi PMSD ».
Par ailleurs, Jack Bizlall a dénoncé le dysfonctionnement des institutions à Maurice en citant quatre exemples concrets. D’abord, les tribulations de Ritoodoise Daby, un Mauricien établi à l’étranger depuis longtemps, pour récupérer l’argent qu’une coopérative et d’autres personnes lui ont extorqué, et ses vaines démarches auprès du ministère des Coopérative et de la police. Puis le cas d’Ahmed Siddick Shamtally, qui allègue avoir été « sauvagement » licencié après maltraitance par l’ambassade de Libye à Maurice. Troisièmement, celui de Robert St Mathurin qui est sous la menace d’une éviction officielle d’une plantation qu’il occupe à Dilo Puri, au Morne, alors qu’il n’a aucune autre forme de subsistance. Et enfin, le cas de Jean-Claude Augustine, qui a été licencié par le CEB parce que, indépendamment de sa volonté, il a soumis le certificat de moralité que lui demandait son employeur avec du retard.
« Ces quatre cas démontrent que nos institutions n’assument pas correctement leurs responsabilités », s’est écrié Jack Bizlall, qui a promis de s’occuper personnellement de ces cas. Les quatre personnes concernées étaient présentes à la conférence de presse.