Le leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM) a dit espérer qu’un jour un consensus se dégagera au sujet de la participation des politiciens et des chefs religieux aux cérémonies socioculturelles et religieuses. Pravind Jugnauth n’a pas voulu prendre un engagement à ce sujet mais s’est dit prêt à contribuer à ce débat relancé le week-end dernier, suite à l’incident survenu à Phoenix à l’occasion du Yaum-un-Nabi.
« Non seulement dans cette cérémonie en particulier, mais en général dans toutes les cérémonies socio-religieuses, le Premier ministre tient un discours politique à outrance qui est relayé par la MBC », a lancé M. Jugnauth, avant de qualifier ces discours de « révoltant et indécent ». En de telles occasions, dit-il, le Bureau du Premier ministre « hijack » le protocole et impose des conditions par rapport aux sièges accordés à certaines personnes. « Il a même traité des gens d’ignorants et il a osé parler de vin dans une cérémonie pareille ». Selon lui, le Premier ministre a menti en disant que son gouvernement est le seul de l’histoire du pays à compter quatre ministres musulmans. « Il ne sait pas que dans le gouvernement MMM/PSM en 1982 il y avait quatre ministres musulmans sur 18 tandis que dans son gouvernement, il y en a quatre sur 25 », souligne le leader du MSM. De telles situations, ajoute-t-il, ne se sont pas produites lorsque Sir Anerood Jugnauth était Premier ministre.
Le résultat des élections à Rodrigues, affirme par ailleurs Pravind Jugnauth, montre clairement que les Rodriguais ont sanctionné le gouvernement de Navin Ramgoolam. « Nous savons qu’il n’a pas donné la considération que mérite cette île et le Mouvement Rodriguais en a payé le prix ». Il souligne que le PM s’est rendu dans l’île une seule fois en douze années de pouvoir, et estime que Rodrigues a progressé à l’époque de SAJ comme Premier ministre. Il a qualifié de « situation extrêmement vulnérable » la majorité de quatre sièges obtenue par l’OPR, qui s’est transformée en une majorité d’un siège après la répartition des sièges sous la représentation proportionnelle. « Nous bizin tir leson de sa sitiasyon la », a-t-il dit, avant de s’interroger : « Ki pwa nou bizin donn PR pou ki li pa bafwe FTPT ? »
Pravind Jugnauth s’est exprimé sur la mission du Premier ministre en Inde, qu’il a qualifiée de « très importante » car il fallait convaincre le gouvernement indien que le traité de non-double imposition est bénéfique aux deux pays et surtout que la juridiction mauricienne est très bien réglementée. « Il est crucial que dans une telle mission le ministre des Finances soit aux côtés du Premier ministre. Cette mission était prévue pour octobre dernier et je devais en faire partie en tant que ministre des Finances. Mais, lui, il a choisi de ne pas emmener Xavier Duval et je sais qu’il a insisté pour que Rama Sithanen y aille mais ce dernier a refusé. Soit Ramgoolam panse ki XLD li enn inkonpetan, soit li pa fer li konfians ».
S’agissant de la réforme éducative, M. Jugnauth dit constater que le gouvernement a fait un virage à 180 degrés en revenant au système élitiste « ki enn krim ki zot pe fer kont nou zenes ». « Il fallait privilégier la régionalisation et améliorer nos collèges pour que tous les enfants aient des chances égales ». Au sujet du rapport de l’ONG Safire, il s’est dit triste et révolté que dans un pays où le Premier ministre parle d’égalité des chances, il y ait 6 780 enfants de rue. Pour lui, l’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit à cause de la politique ultra-libérale du gouvernement « ki pena pitie pou bann pli feb ».
Le leader du MSM a finalement parlé de la Local Government Act et rappelé que son parti avait contesté au Parlement le redécoupage des arrondissements. « Nous avons travaillé sur cette question, notre document est presque prêt et nous allons le remettre bientôt au président de la République », dit-il.