La fin de la trêve pour la Pâques risque d’être marquée par une reprise politique sur les chapeaux de roues sur le terrain avec en point de mire la cruciale bataille de foules entre les deux principaux blocs, l’alliance Ptr/PMSD d’une part, et le Remake 2000 MSM/MMM de l’autre. Les états-majors dans les deux camps sont conscients qu’ils ne peuvent se permettre le luxe de rater le virage politique de la fête du Travail.
En toile de fond à cette mobilisation des partisans se joueront les prochaines élections municipales, dont les résultats pourront peser lourd au niveau du rapport des forces politiques à l’Assemblée nationale et sur le terrain. Ainsi, dès le début de la semaine prochaine, les deux blocs politiques se concentreront sur le terrain en vue d’écarter tout élément de surprise en termes de foules à Vacoas pour l’alliance gouvernementale ou à Port-Louis pour l’opposition parlementaire.
En marge des préparatifs pour la présentation du nouveau discours-programme à l’Assemblée nationale le lundi 16 avril, les dirigeants du Labour et du PMSD multiplient depuis ces derniers jours les contacts avec des membres de l’exécutif et des activistes au niveau des circonscriptions. « Nous avons déjà mis en place un travail de fourmi sur le terrain en vue de sensibiliser nos partisans aussi bien que la population du danger potentiel que constitue le clan familial Jugnauth au passé déjà décomposé », a fait comprendre le secrétaire général du Parti travailliste, le ministre de la Santé Lormus Bundhoo, après une séance de travail avec des membres de l’exécutif et des activistes au siège du parti au Square Guy Rozemont.
Cette première étape dans la prise de contact au niveau du parti par rapport au rassemblement de la Fête du Travail à Vacoas devra être complétée par deux réunions aujourd’hui. La première concernera les représentants des circonscriptions Nos 14, 18, 19 et 20, la seconde ceux de la capitale, soit celles des No 1, 2, 3 et 4. « Nous avons déjà animé des réunions à Rivière-du-Rempart, à Quatre-Bornes et nous avons aussi rencontré nos activistes aussi bien que des députés et ministres des circonscriptions No 5, 6, 7, 8, 9 et 10 jeudi après-midi et des No 11, 12, 13 et 15, 16 et 17 vendredi après-midi », ajoute le secrétaire général du Ptr.
Pour la prochaine étape de la mobilisation, l’alliance Ptr/PMSD compte privilégier des réunions et contacts au niveau des quartiers aussi bien que des congrès régionaux au niveau des circonscriptions. « Le message est simple : il est un fait que la grande majorité de la population soutient le Parti travailliste. Des militants sont de plus en plus dégoûtés par ce qu’est devenu leur parti avec la présence à côté de leurs dirigeants des membres du clan familial Jugnauth. La jeunesse reconnaît en Navin Ramgoolam un moderniste, un rassembleur favorisant la méritocratie alors que les Jugnauth ne défendent toujours que les intérêts de leur clan », soutient Lormus Bundhoo, qui ajoute que l’exécution du plan de mobilisation est suivie de manière systématique par le leader du Ptr Navin Ramgoolam.
Du côté de l’alliance MSM/MMM, la déclaration du leader de l’Union nationale Ashock Jugnauth confirmant son auto-exit du Remake 2000 (voir déclaration plus loin) est venue évacuer un problème qui aurait monopolisé une partie de l’énergie des dirigeants de l’opposition. De ce fait, il faut s’attendre à voir sir Anerood Jugnauth pour le MSM et Paul Bérenger pour le MMM se concentrer dès aujourd’hui sur la stratégie à être adoptée pour changer la face politique de l’île Maurice à partir du 1er mai et acculer le gouvernement dans la voie d’élections générales anticipées.
Dès mardi après-midi, les dirigeants du MMM seront sur le terrain pour une réunion au centre municipal Saint-François avec les militants des quatre circonscriptions de la capitale. Cette mobilisation est placée sous la présidence du député de Grande-Rivière-Nord-Ouest/Port-Louis Ouest (No 1) Jean-Claude Barbier.
L’intervention du leader du MMM est très attendue par la “baz” de la capitale vu que ce sera une première occasion de prendre connaissance des informations relatives au Remake 2000 de l’alliance MSM/MMM après la démission de sir Anerood Jugnauth de la présidence de la République.
La semaine politique du MMM sera chargée car mercredi les dirigeants seront attendus dans la circonscription de Belle-Rose/Quatre-Bornes, à l’avenue Ollier à hauteur du Shameem Hall, pour une réunion de mobilisation. Avec la tenue de l’assemblée des délégués du samedi 14, le comité central se réunira jeudi après-midi. Et à partir du lundi 16, la campagne du MMM devra connaître une nette accélération avec au moins deux réunions ou congrès par soirée dans les circonscriptions de l’île jusqu’au meeting de clôture du vendredi 27 à la boutique Teoka à Bel-Air et le congrès de Modern Hall à Vacoas.
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Ashock Jugnauth : « L’UN pas
partante pour le Remake 2000 »

Ashock Jugnauth, leader de l’Union nationale (UN) et membre à part entière de l’Alliance du Coeur MMM-UN-MMSD, a confirmé l’information révélée dans Le Mauricien d’hier pourtant sur son auto-exclusion du Remake 2000 de l’alliance MSM/MMM. Il n’a pas mâché ses commentaires à l’encontre du leader du MSM Pravind Jugnauth, affirmant qu’il est hors de question que Pravind Jugnauth décide de son sort politique.
Si dans un premier temps, il était d’accord de retrouver Sir Anerood Jugnauth autour d’un « thé de réconciliation », il a été toutefois « surpris » d’apprendre que c’est Paul Bérenger et Pravind Jugnauth qui ont la responsabilité de répartir les tickets en cas d’élections générales. Voulant à tout prix rester dans la circonscription de Quartier-Militaire/Moka (No 8), où il a toujours été candidat et ne se considérant pas comme « une prostituée politique », il serait donc inconcevable pour lui de changer de fief. Hors de question également pour lui d’être le colistier de Pravind Jugnauth au sein du remake 2000.
Après avoir, dit-il, multiplié plusieurs rencontres avec Paul Bérenger, dont la dernière remonte à hier matin (vendredi), il estime que Paul Bérenger et un parti tel que le MMM sont suffisamment forts et ne doivent pas s’abaisser auprès du MSM. « À mon avis, il ne faudrait pas aller vers un Remake 2000. D’ailleurs, j’ai dit à Paul Bérenger de s’abstenir de discuter de mon sort avec sir Anerood Jugnauth. L’Union nationale ira seule aux élections et je serai candidat au numéro 8 », soutient-il. Répondant à une question de la presse, il ne s’est toutefois pas prononcé contre une réconciliation à titre personnel avec l’ancien président de la République.