Dans quelques jours, sauf imprévu, les dirigeants du PTr et du MMM célébreront leur nouvelle alliance. La démission de Paul Bérenger comme leader de l’opposition confirme que les choses s’accélèrent entre les farouches adversaires d’hier, devenus soudainement nouveaux meilleurs alliés. Entre-temps, les partis formant l’opposition tentent d’accorder leurs violons pour nous proposer leur partition.
Tour à tour confus, interloqués et compréhensifs, les die hards des différents partis ont suivi ces développements de près. N’arrivant plus à trouver leurs repères dans ce grand cafouillage, certains ont jeté l’éponge. D’autres se mettent docilement dans les rangs pour tenter d’expliquer l’inexplicable.
À sa demande, nous l’appellerons Kersley, “pou ki bannla pa rekonet mwa”. Bannla : ses compagnons et leaders avec qui il se trouvait à Belle Rose, la veille. Au moment où les délégués du MMM avaient été appelés à voter pour l’alliance avec le PTr. “Moi aussi, j’ai levé la main, même si, au départ, j’étais contre. Mais que voulez-vous ? C’est la nouvelle ligne du parti. Avec tout ce qui a été dit et fait ces derniers temps, nous nous devons de suivre notre leader.” Quand le leader décide, on ne discute pas. Certains, comme Bélinda, en sont heureux : “Que Paul Bérenger ait décidé de s’associer à Navin Ramgoolam, c’est son choix. Mwa mo la pou swiv mo leader. Mo deryer li !”
Cette docilité prend le dessus sur la raison chez plusieurs agents, peu importe leur couleur politique. Membre du PTr de la région de Lallmatie, Ravin reprend les mots entendus ailleurs et parle “d’événement historique”. Qu’importe les désaccords du passé : “Nous suivons à la lettre les instructions de notre leader pour savoir quelle direction prendre. C’est Navin Ramgoolam qui décide de tout et qui nous dit quoi faire.”