La réforme électorale et le Best Loser system ont été hier les points forts d’une conférence de presse du Mouvement mauricien social démocrate à la Labama House à Port-Louis. L’occasion aussi d’évoquer la représentation des femmes au sein des partis politiques.
Le Mouvement mauricien social démocrate (MMSD) a organisé une conférence de presse hier à la Labama House (Port-Louis). Entre autres sujets : la réforme électorale, le Best Loser system (BLS) et la représentation féminine au sein du parti. Mais c’est définitivement le premier sujet qui a dominé les échanges, lesquels ont pris l’allure d’une réflexion sur la question. La doctoresse Radhika Jagatsingh-Beehuspoteea s’est étendu sur la party list « fermée » que Rama Sithanen a proposé dans son rapport. Elle s’est notamment interrogée sur l’avenir des petits partis. « Vont-ils mourir », s’est-elle demandée. Demeurant néanmoins positive, elle a insisté sur le fait que, même s’il y a des « changements », les petits partis devraient être capables de « traverser cela ».
R. Jagatsingh s’est ensuite attaquée à la représentation des femmes dans les partis. Jouant franc jeu, elle n’a pas hésité à exprimer sa réticence à propos de la demande de Rama Sithanen à l’effet que d’intégrer des femmes dans les partis devraient être « une obligation morale » pour les leaders politiques. Car en fait d’obligation, estime-t-elle, celle-ci devrait plutôt être constitutionnelle, demandant même qu’il y ait « au moins une femme par circonscription ».
Évoquant ensuite la question du BLS, R. Jagatsingh a rappelé qu’une réforme n’est pas seulement une « correction d’anomalies ». D’autres problèmes devraient être pris en compte par le gouvernement, estime-t-elle, car il convient de prouver tous les jours « ki nou ene sel lepep, ene sel nation ». D’ailleurs, poursuit-elle, « le mot réforme n’est pas adapté ». D’autant que s’il y a réforme, celle-ci devra être traitée « en profondeur ».
Intervenant à son tour, Eric Guimbeau a quant à lui exprimé  son mécontentement du BLS. « Nous sommes en 2012. ll est temps d’évoluer », dit-il, ajoutant que le présent système « catégorise » les Mauriciens et est comparable à « l’aparpheid ». Et de poursuivre : « On ne devrait pas avoir honte de se dire Mauricien. » S’il est résolument contre le BLS, il s’est aussi clairement montré hostile à la réforme. « Le système fonctionne depuis une décennie. Y aura-t-il du changement ? Je ne crois pas… »
M. Guimbeau a ensuite abordé la question des interventions de politiciens lors des cérémonies religieuses. Ceux-ci devraient s’abstenir de faire des discours pendant les cérémonies religieuses « par respect pour le peuple », dit-il, estimant que les politiciens « se servent de Dieu dans la politique ».
Intervenant ensuite sur le sujet du 1er-Mai, M. Guimbeau estime que les responsables politiques devraient s’abstenir d’organiser des meetings ce jour-là, qui est un « jour de fête ». Et de poursuivre qu’ils devraient « respecter les travailleurs ». L’organisation de forums le 1er-Mai serait d’ailleurs plus souhaitable selon l’intervenant.