Le gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick, a déclaré ce matin que son institution joue sa dernière carte face à la crise de l’euro et qu’il souhaite que les mesures annoncées aient des effets qui perdurent sur l’économie mauricienne. C’était lors d’une conférence de presse pour commenter la politique monétaire de la banque après la décision par le comité de maintenir à l’unanimité le taux directeur (Repo Rate) à 4,9 %.
Selon Manou Bheenick, la Banque de Maurice (BoM) cible l’inflation tout en visant la stabilité financière. « Nous sommes très contents que nos banques sont profitables et solvables mais nous avons certaines craintes pour le chômage dont le niveau actuel est de 8 %. Ce qui est acceptable dans le contexte actuel si l’on compare à la situation aux États-Unis et en Europe où il a atteint les 15 % et en Espagne, les 25% », a déclaré le gouverneur. Pour la BoM, le chômage devient inquiétant par rapport aux divers groupes où le taux est élevé dans la tranche d’âge de 16 à 22 ans parmi les femmes. Il a soutenu que des mesures s’imposent pour endiguer ce problème et empêcher sa détérioration.
Mais le plus grand danger, selon Manou Bheenick, vient de l’étranger. « Si la crise économique globale perdure, nos opérateurs vont être confrontés à des difficultés. C’est le premier élément de la vulnérabilité de l’emploi qui vient de l’étranger. Le taux de change euro/roupie est une autre source de vulnérabilité pour les entreprises », a-t-il estimé. Les créances douteuses sont aussi sources d’inquiétudes mais heureusement, a-t-il ajouté, la tendance est à la baisse.
Selon le gouverneur, la ligne de crédits en devises octroyée par la BoM aux entreprises à travers les banques aidera à minimiser certains risques. Manou Bheenick a aussi commenté le taux d’épargne dans le pays qui piétine à 14–15 % depuis la dernière décennie. « Depuis 2010, nous sommes en territoire négatif. On n’encourage pas l’épargne mais la consommation. Il faut corriger tout cela », a-t-il affirmé. Nous reviendrons avec un compte rendu plus détaillé de cette conférence de presse dans notre édition de demain.