Alors qu’à Trou aux Biches les ouvriers mettent les dernières touches avant l’ouverture du restaurant du Pandit Sungkur sur la plage — restaurant qui a été l’objet de vives critiques —, cette fois, c’est à Albion qu’une nouvelle fois des voix s’élèvent contre la construction d’un bâtiment commercial dans la localité. Pour cause, non seulement ce commerce représente une menace pour la tranquillité du village, mais il représente aussi, aux yeux des habitants d’Albion — en dépit des démentis du promoteur, Vanessen Singaravelloo, qui soutient avoir suivi toutes les procédures pour l’obtention de ses permis – «d’un énième privilège accordé à un p’tit copain »
Depuis plus d’un an maintenant, les habitants d’Albion vivent dans la crainte que leur quotidien paisible soit dérangé. Une crainte qui s’accentue au fil des jours avec l’avancement de la construction entamée d’un bâtiment commercial sur la plage d’Albion, à côté du Centre de Recherches et devant la gare routière de la localité. Ce projet, contesté depuis le début de 2013 par les membres de l’Action Civique d’Albion,a été maintes fois dénoncé — comme révélé dans Week-End depuis mars 2013 — et les doléances auprès du District Council de Rivière Noire ont été vaines. Pour ces habitants, «il est clair que c’est la loi des p’tits copains qui prime». Ils disent ne pas comprendre la démarche des autorités d’octroyer les permis nécessaires, dont le Land & Building Permit, au promoteur, en l’occurrence Vanessen Singaravelloo, un proche du Premier ministre. «Albion n’a point besoin d’un autre supermarché ou boutique ou même d’un restaurant/bar», estiment les habitants de la localité.?Depuis une semaine, c’est avec désolation et amertume qu’ils regardent ainsi les tracteurs déraciner les «la fouche» sur ce terrain de l’État loué à bail à Vanessen Singaravelloo et les ouvriers s’affairant sur le chantier de construction. «Nous avons envoyé des pétitions et des lettres de contestation contre l’octroi du Land & Building Permit pour ce projet, nous avons même été exprimer nos inquiétudes devant le Conseil de District, mais peine perdue. Les travaux vont bon train», disent les habitants d’Albion.
Et de s’insurger de n’avoir reçu aucune explication ni d’indication du District Council que ce projet allait de l’avant. «Nous ne comprenons pas les raisons qui ont poussé le District Council à accéder à la demande de M. Singaravelloo», disent les membres de l’Action Civique d’Albion, regrettant le désintérêt du conseil face aux doléances des habitants de la localité. «À quoi cela sert-il de faire objection si nos plaintes ne sont pas prises en considérations?» se demandent-ils. Et de faire ressortir leur amertume face à la situation, estimant que ce serait «en raison de la proximité du promoteur avec le pouvoir que nous, habitants d’Albion, sommes laissés pour compte.»?Or, disent-ils, ce complexe commercial envisagé par Vanessen Singaravelloo est une menace flagrante pour la tranquillité de leur village, car «avec un restaurant, donc un permis pour la vente de boissons alcoolisées, c’est encore une fois la porte ouverte à la débauche.» Et de faire ressortir que s’ils objectent contre cette construction, c’est principalement en raison des nombreux problèmes d’insécurité et de nuisance – dont la pollution sonore, les bagarres nocturnes entre fêtards ivres et même des attaques violentes causant mort d’hommes – qu’ils ont connus avec notamment l’ancien emplacement d’une salle de fêtes dans la région. ?«Nous avons toutes les raisons de craindre ce projet car nous avons été témoins par le passé d’actes de violence et d’indécence à cause des gens ivres. Un bâtiment commercial abritant un restaurant/bar sera une nouvelle nuisance pour nous», disent-ils, indignés qu’un permis de construction a été accordé au promoteur alors que le cahier des charges des habitants du Morcellement Raffray, qui se situe en face de cette construction, fait légalement mention dans ses clauses qu’aucune construction commerciale ni touristique ne sera permise.